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Témoignage du professeur Jean Bernard sur la période de l'Occupation. Résistant, il est arrêté par la Gestapo en 1943, il est incarcéré à la prison de Fresnes. Dans sa cellule, il trouve en lui-même un réconfort où mémoire et poésie sont un refuge, l'abstraction lui procurant une forme d'évasion. Il raconte aussi la Libération de Paris à partir de ses notes durant cette période.


 

Quatrième de couverture


 

1943. Dans la cellule 359, au troisième étage de la prison de Fresnes où il a été jeté par la Gestapo, un homme attend. Il se nomme Jean Bernard. Ses perspectives se limitent alors à l'exécution ou à la déportation. Et il ne peut se confier à aucun de ses compagnons d'incarcération, sachant trop bien que, parmi eux, se dissimulent des «moutons» chargés d'obtenir des confidences compromettantes.


 

Pour trouver en lui-même les voies d'une autre résistance, il se réfugie alors dans sa mémoire à travers la richesse de ses souvenirs et surtout la poésie. Une forme d'évasion que les bourreaux ne peuvent contrôler.


 

Dans la prison que France est devenue - Mémoires de résistance

Bernard, Jean

Avec la collaboration de : Antoine Hess

Albin Michel, Paris

Parution : novembre 2003

Reliure : Broché

Page : 216 p

 

 

Biographie d'un des pionniers de la médecine moderne, le Professeur Jean Bernard. Michèle Meyer nous dresse le portrait d'une des personnalités les plus marquantes de notre temps. Témoin privilégié de la traversée du 20ème siècle ce grand scientifique est membre de l'Académie Française.

 

Introduction

 

Il y a bien des années, un soir que je regardais distraitement la télévision, apparut tout à coup à l'écran le visage d'un jeune médecin que l'on interviewait. J'ai été immédiatement fascinée par l'éclat de son regard, par l'énergie qui s'en dégageait mais aussi par sa façon de parler, claire, précise, assurée. J'ai avoué à mon mari que j'aimerais bien connaître cet homme-là un jour. Il plaisanta gentiment. Bien des années ont passé et les hasards de la vie ont fait que j'ai été amenée à rencontrer ce médecin, dont je n'avais pas su retenir le nom. Quand nous avons été présentés, j'ai tout de suite reconnu son regard. J'étais très intimidée, consciente de me trouver face à un homme qui était devenu l'une des personnalités les plus marquantes de notre temps puisque j'avais devant moi le professeur Jean Bernard.


Au fil des rencontres, je découvris que derrière l'autorité du grand patron se cachait un homme très vivant, chaleureux, dont l'esprit était toujours en éveil. Le fréquenter était une fête.


Au moment où j'écris ces lignes, j'ai la chance de le rencontrer régulièrement et d'aborder avec lui de nombreux sujets. Une conversation avec le professeur Jean Bernard n'est jamais banale. Malgré son âge avancé —il entre dans sa quatre-vingt-quinzième année— il n'a pas abandonné cet esprit de recherche, cette exigence de vérité et cette mémoire très sûre qui font de lui un témoin privilégié de la traversée du vingtième siècle. Aussi l'idée m'est-elle venue d'écrire, à ma façon, sa biographie.


Pourquoi rédiger un ouvrage sur Jean Bernard ? N'a-t-il pas suffisamment écrit lui-même pour faire connaître son parcours, son travail, ses idées ? Chez lui, l'oeuvre du médecin apparaît toujours doublée de la réflexion de l'écrivain et il semble que rien d'essentiel n'en demeure caché.


J'aimerais malgré tout transmettre l'atmosphère de nos entretiens, révéler un peu plus l'homme que dissimule parfois la stature intimidante du personnage public. Il m'a paru nécessaire de souligner cette dimension humaine du grand scientifique à l'heure où la médecine semble trop souvent devenue une affaire de technique et de moyens.

 

Une des choses frappantes qui caractérise cet homme singulier c'est qu'il a su donner à son savoir les dimensions d'une sagesse nourrie par toutes les expériences d'une vie. C'est d'abord en cela qu'il est exemplaire. Et je crois que c'est cet aspect là qui est susceptible de toucher aujourd'hui un vaste public, les jeunes notamment, qui pourraient éventuellement être déconcertés par l'ampleur de l'œuvre.


Cette biographie est sans prétention et non-exhaustive. D'autres, plus qualifiés, se chargeront de faire connaître plus précisément ce que cet homme hors du commun a apporté à la pratique médicale, à la recherche et à la réflexion philosophique.


J'ai cru bon de concevoir ce petit ouvrage comme une promenade dans la vie de Jean Bernard. Comme si elle était un vaste jardin, à l'image de ce parc du Luxembourg qu'il aime tant.


Si, après avoir lu ces quelques pages on a un peu l'impression d'avoir vécu un moment de complicité avec un être exceptionnel et si ce moment donne envie d'en savoir davantage, j'en serais très heureuse.


L'idée vous séduit-elle ? Alors accompagnez-moi rue d'Assas, dans cette rue aux immeubles un peu austères mais si rassurants et dont les pierres sont imprégnées de tant d'histoire.


Passons un portail. Nous y sommes. A chaque visite je retrouve mon trac de la première fois. C'était en 1986, ma main se crispait sur mon sac, mon cœur battait à grands coups dans l'ascenseur qui m'emportait vers les hauteurs du cinquième étage.

 

Le scalpel et l’épée

http://www.artactif.net/michelemeyer/scalpel/

 

Hommage à M. Jean Bernard

Prononcé par  M. René RÉMOND

Dans la séance du jeudi 27 avril 2006

Académie Française

http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_divers/remond_2006.html

 


Prisons anciennes (75)

Guerre 1939 -1945 - Vichy (120)

 

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