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« L’Étrange Défaite » de 1940 bouscule l’organisation administrative de la France. Au mois de juillet, par décision ministérielle, les tribunaux militaires de la place de Paris doivent se replier sur la préfecture de la Dordogne. Dans la précipitation, il faut trouver des solutions pour évacuer, transférer et juger des centaines de détenus.

 

Le 10 juin 1940, en raison de l’offensive allemande sur Paris, Georges Mandel, ministre de l’Intérieur, est contraint de faire évacuer 1 865 prisonniers des prisons du Cherche - Midi et de La Santé. Au terme d’un exode pénitentiaire mouvementé - plusieurs centaines d’évasions et une quinzaine d’exécutions sommaires - 1 020 détenus parviennent au camp de Gurs (Basses - Pyrénées, devenues Pyrénées - Atlantiques en 1969), dans le plus grand désordre. Pour la plupart, en attente de jugement, l’instruction de leur affaire est en cours. Installation du tribunal militaire de Périgueux Dans un pays encore sous le choc du désastre de son armée et sur le point de perdre son régime républicain, la réorganisation de la justice militaire se fait dans la plus totale confusion. Dans un premier temps, le repli des tribunaux militaires de Paris est prévu à Bordeaux. C’est ce qu’indique le ministère de la Défense nationale et de la Guerre dans un télégramme du 13 juin 1940 adressé à l’état - major de la 18e région militaire : « Recevrez incessamment environ deux mille prévenus devant tribunaux militaires Paris repliés et onze condamnés à mort. Stop. Prendre toutes dispositions d’urgence pour incarcération dans locaux disponibles ou pontons… ». Sept jours plus tard, les prisonniers du Cherche-Midi et de La Santé - formant la prison militaire de Paris - arrivent à Bordeaux. La ville vient de subir des bombardements. On dénombre 68 morts et 185 blessés. La préfecture de la Gironde est encombrée de réfugiés… Rien n’étant prévu pour les recevoir, les prisonniers poursuivent leur chemin, en autobus et sous escorte, jusqu’au camp de Gurs. Le 3 juillet 1940, le général Altmayer, commandant la 18 e région repliée à Pau, signale l’installation d’un tribunal militaire permanent à Oloron-Sainte-Marie, capitale du Haut - Béarn, ce que confirment les registres d’écrou de la prison militaire de Paris. À la même date, la ville de Limoges est également choisie par l’état - major de l’armée afin d’y créer immédiatement un tribunal militaire. Le 5 juillet, le ministre de la Guerre fait parvenir un télégramme au général Frère, commandant la 12 e région militaire, dont voici les termes : « …Par modification à D . M . 172 C / 10 du 29 juin 1940 procédures en cours devant 1e 2e 3e et 4e tribunaux militaires région Paris seront portées devant tribunal militaire 12e région. Stop. Personnel tribunaux militaires Paris désignés ci - dessus et présent à Périgueux est affecté tribunal (...) militaire 12e région … ».

 

Depuis les réformes territoriales d’août 1923, la 12e région militaire regroupe six départements (Charente, Corrèze, Creuse, Dordogne, Haute-Vienne, Indre) et huit subdivisions militaires (Angoulême, Bergerac, Brive, Guéret, Limoges, Magnac - Laval, Périgueux et Tulle). Cependant, dans un pays désorganisé, les instructions provenant de l’autorité militaire circulent difficilement. Le 10 juillet 1940, le capitaine Kersaudy, commandant la prison militaire de Paris, évoque la dissolution des tribunaux militaires de Paris et leur rattachement à la 13e région, à Clermont-Ferrand !

 

Au bout du compte, c’est bien la 12e région qui hérite des dossiers d’instruction. Contre toute attente, son tribunal militaire est établi au chef - lieu d’une de ses huit subdivisions militaires, à Périgueux, et non au siège de l’état - major, à Limoges. Enfin, le 11 juillet, le général Frère annonce l’installation immédiate du tribunal militaire permanent « à Périgueux, École normale d’instituteurs, place Faidherbe ». En dernier ressort, le tribunal s’installe au n° 4, rue de la Bride, dans l’immeuble de l’Hôtel de la Tour Mataguerre, dont l’arrière - cour donne sur le cours Fénelon. Les dossiers sont instruits au siège du tribunal militaire, et c’est au palais de justice de la ville que se tiennent les séances. Il faut relancer la machine administrative. Le 20 juillet 1940, le Secrétaire d’État à la Guerre demande à connaître le nombre « des prévenus poursuivis devant les tribunaux militaires de la 12e Région », présents à Gurs.

 

Ils sont 893. Dans quelles conditions va-t-on travailler ? Depuis le 2 septembre, nous savons par le commissaire du Gouvernement près le tribunal militaire de la 12 e région que le tribunal s’est installé « dans un hôtel réquisitionné ». En réalité, l’endroit est déjà utilisé par une autre administration, comme l’explique l’officier de justice militaire Roques : « La grande salle du rez - de - chaussée où devait s’installer le Greffe [ … ] est encore occupée par la police de Strasbourg [ l’administration centrale de la ville de Strasbourg s’est repliée à Périgueux dès le mois de septembre 1939 ]...

 

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Périgueux : siège du tribunal de la 12e région militaire

http://www.arkheia-revue.org/Perigueux-siege-du-tribunal-de-la.html?artsuite=1#gros_titre

Article publié dans Arkheia n°21

 

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Articles du même auteur :

 

Le camp de Gurs (îlot B et D) : prison militaire de Paris repliée

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-32892038.html

 

La Prison militaire de Paris face à la débâcle de juin 1940

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-30281923.html

 

Les tondues de la Libération en Périgord

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-29204672.html

 

 

 

 

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