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Un historien rencontre, au hasard de ses recherches, de ses lectures, des questions récurrentes qui  lui offrent des passerelles vers la philosophie, la sociologie ou la littérature. Le lien entre les idées politiques et leur mise en œuvre, la cohérence d’une époque ou au contraire la coexistence, en un temps donné, de plusieurs régimes d’historicité, sont de ce nombre, comme le rapport de l’individuel au collectif. En quoi les changements de régimes ou les crises économiques ont-ils bouleversé, par exemple, la vie et les représentations d’une paysanne berrichonne du XIXème siècle ? Ou, plus classiquement, en quoi les décisions prises par un dirigeant politique tenaient-elles à sa personnalité propre, plus qu’à un air du temps ? C’est souvent pour répondre encore et autrement à ce type de questions que les historiens sacrifient aux autobiographies ou aux Mémoires. On ne se refait pas ! Après avoir pesé au trébuchet le poids des événements sur les hommes, et des hommes sur les événements, quel meilleur champ d’observation rétrospective que sa propre existence, quand ses principaux caractères sont définitivement fixés ? En demandant à Maurice Agulhon, Pierre Chaunu, Georges Duby, Raoul Girardet, Jacques Le Goff, Michelle Perrot et René Rémond d’écrire leur ego-histoire au mitan des années 1980, Pierre Nora les avait ainsi invité à « expliciter, en historien » le rapport entre l’histoire qu’ils avaient faite et celle qui les avaient faits  . La vague s’est gonflée depuis lors, de ces introspections historiennes au statut textuel mal défini  . L’engagement des historiens en politique dans la France du second XXème siècle fait même l’objet d’une thèse de doctorat qui devrait être soutenue à Sciences-Po Paris. Le livre de Jean-Jacques Becker prend donc place dans une tradition historiographique récente, mais déjà solide, qui veut que les historiens soient eux-mêmes objets d’histoire   et se considèrent comme tels. En l’espèce, un des meilleurs spécialistes de l’histoire des opinions publiques, de la Grande Guerre et de la vie politique française au XXème siècle, se fait l’analyste de son propre parcours…

 

L’intégralité de la critique de David Valence est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

Portrait de l’historien en jeune homme, en communiste, en syndicaliste

vendredi 19 juin 2009

http://www.nonfiction.fr/article-2628-portrait_de_lhistorien_en_jeune_homme_en_communiste_en_syndicaliste.htm

 

Titre du livre : Un jour de l'été 1942 ... Souvenirs d'un historien

Auteur : Jean-Jacques Becker

Éditeur : Larousse

Date de publication : 18/03/09

N° ISBN : 2035839890

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