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De son père, organisateur de l'attentat du Petit-Clamart, Agnès Bastien-Thiry avait tout oublié. Elle a décidé de le «retrouver»

 

Pendant trente ans, Agnès Bastien-Thiry a oublié son père, disparu aux petites heures du 11 mars 1963. Elle avait 3 ans. Jamais elle n'en parlait avec ses sœurs aînées. Son fantôme faisait parfois une irruption brutale lorsque quelqu'un, délicatement, demandait à l'adolescente si elle était «la fille de l'assassin», ou bien quand il fallait décliner son identité en classe. «L'année de mes 40 ans, j'ai ressenti une véritable souffrance. J'ai décidé de le retrouver.»

 

C'était il y a cinq ans, sa famille s'est montrée plus que réticente. Le sujet reste tabou. Organisateur de l'attentat contre le général de Gaulle, le 22 août 1962, au Petit-Clamart, près de Paris, le colonel Jean Bastien-Thiry est la dernière personne à avoir été fusillée en France. «L'existence de mon père s'était réduite à cela. Même moi, j'ai été frappée d'amnésie.»

 

Fouillant les archives militaires, relisant les minutes du procès, se replongeant dans les journaux de l'époque, interrogeant les survivants du complot, elle a remonté le fil de sa mémoire et a écrit un livre qui paraîtra début avril (Mon père, le dernier des fusillés, Michalon). «Ironique, refusant les circonstances atténuantes, mon père a tout fait pour être condamné à mort.» Agnès Bastien-Thiry respecte cette obstination, qui, dit-elle, a «anéanti la vie de mes proches et la mienne». Elle éprouve même de la tendresse pour cet homme qui n'est plus qu'une image floue au parloir de la prison de la Santé. «De sa longue lignée d'ancêtres militaires et juristes, il avait hérité le sens du devoir et du sacrifice», dit-elle comme pour l'excuser. Elle relève avec curiosité les multiples similitudes qui unissent trois générations de Bastien-Thiry, notamment la perte, très jeune, d'un parent. «Il y avait en mon père une fragilité qui venait de la mort de sa mère, dont l'existence avait été gommée.» Tout comme celle de Jean Bastien-Thiry, effacée dans la vie de sa fille, orpheline au même âge que lui. Et qui est devenue psycho-généalogiste

 

Fille de fusillé par Jean-Sébastien Stehli

http://livres.lexpress.fr/portrait.asp/idC=9932/idR=5/idTC=5/idG=0

 

 

Mon père, le dernier des fusillés (Broché)

Agnès Bastien-Thiry

 

« J'ai un sentiment de tendresse, en songeant à l'enfant que fut mon père, à cet adolescent, à cet homme que j'ai appris à aimer et qu'à nouveau, je peux appeler papa ». Le 11 mars 1963, le lieutenant-colonel Bastien-Thiry est fusillé au fort d'Ivry. Ce jeune polytechnicien au regard clair a tenté six mois plus tôt d'assassiner le général de Gaulle. C'est l'attentat du Petit-Clamart. Pour comprendre et accepter son histoire, Agnès Bastien-thiry, âgée de trois ans à l'époque des faits, a décidé de plonger au cœur des non-dits de sa famille. Au terme d'une enquête qui lui a permis d'accéder aux archives militaires mais aussi de recueillir les confessions de ses proches, des avocats et des conjurés, elle nous livre un portrait inédit de cet  « assassin ». Une biographie intime et surprenante du dernier citoyen français exécuté pour des motifs politiques.

 

Biographie de l'auteur

 

Agnès de Marnhac Bastien-Thiry est psychogénéalogiste et thérapeute. Mon père, le dernier des fusillés est son premier livre.

Détails sur le produit

 

Broché: 178 pages

Editeur : Editions Michalon (7 avril 2005)

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