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Roura, une histoire entre agriculture et tourisme

 

A une vingtaine de kilomètres de Cayenne, la petite commune des bords de l’Oyack offre une histoire riche en événements et un patrimoine naturel qui fait la joie des touristes.Au fil de l’eau, laissez-vous entraîner sur la crique Gabrielle, rafraîchissez-vous sous les cascades de Fourgassié, farnientez en hamac au bord de la Comté, dépaysez-vous à Cacao... Entre fleuves et montagnes, vous êtes à Roura aux multiples facettes …


 

Selon certains historiens, l’étymologie de Roura viendrait du nom d’une tribu d’Amérindiens, les Arouas, qui vivaient dans la région. L’histoire de cette petite commune est intimement liée à l’histoire des Jésuites en Guyane. Ce sont eux qui, en 1675, fondent le village, y construisent une église et y développent, grâce aux esclaves, la culture de la canne à sucre, du manioc et du coton. Une vingtaine d’années plus tard, une concession est attribuée au Sieur de Gennes qui, séduit par l’endroit, décide de s’y installer. Devenue Comté de Gennes en 1698, la concession donnera d’ailleurs le nom de Comté à la rivière qui longe l’Oyack.


 

Au début du XVIIIe siècle, les révoltes d’esclaves et le marronnage se succèdent. Sous l’impulsion d’un noir marron du nom de Gabriel, un important groupe d’esclaves s’enfuit et s’installe dans la forêt. L’implication de ce chef marron dans la révolte des esclaves fut si importante que son nom a été attribué à la zone qui abrita son camp de rebelles : la montagne Gabrielle et la crique Gabrielle. Dénoncé a priori par un esclave, Gabriel fut pris et condamné à mort.


 

Plus tard, aux alentours de 1786, une concession proche de la Gabrielle fut vendue au Marquis de la Fayette. Militant pour l’émancipation progressive des esclaves, il laissa à sa femme et à deux administrateurs le soin de gérer ces terres. Confronté à des problèmes de cadastre et à l’opposition des autres colons quant au sort des esclaves, sa tentative de libération échoua et ses terres retournèrent à l’Etat.


 

En 1848, année de l’abolition de l’esclavage, le secteur de la Gabrielle dont on disait à l’époque qu’il était le "plus riche atelier de la colonie" est alors abandonné par les esclaves émancipés qui choisissent de s’installer à Cayenne ou de cultiver leurs propres abattis. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l’installation d’une colonie pénitentiaire en Guyane toucha également Roura. Des bagnes de Saint-Augustin à Cacao, de Sainte-Marie ou encore de Saint-Philippe sur la Comté, il ne reste plus rien hormis quelques fondations.


 

Roura au XXe siècle


 

De l’histoire récente de cette commune atypique, on retiendra bien sûr l’arrivée des Hmongs en 1977 et leur installation à Cacao. Située à une soixantaine de kilomètres de bourg de Roura, cette ancienne plantation va devenir au fil des années le premier fournisseur de Guyane en produits maraîchers. A force d’opiniâtreté, les Hmongs ont fait de Roura la première commune agricole de Guyane mais aussi… une des premières communes touristiques. Tous les dimanches le marché couvert accueille en effet touristes et Guyanais qui, le temps d’une soupe et de quelques nems, quittent l’Amérique du Sud pour rejoindre l’Asie du Sud-Est.


 

Roura, une histoire entre agriculture et tourisme

Carole Le Gall Darcissac

Publication : Maisons Creoles n°30

 

Un décret daté du 10 juin 1854, autorisa l’administration pénitentiaire à acquérir le terrain de Cacao appartenant aux héritiers Power pour y construire un bagne, le bagne de Saint Augustin. Commencé en juillet 1854, le bagne fut terminé le 29 décembre de la même année. Deux autres bagnes furent construits sur la Comté : Les bagnes de Sainte-Marie et Saint-Phillippe dont il ne reste que les fondations. La fièvre jaune sévissant chez les bagnards, les divers bagnes de Roura furent abandonnés en 1859 et l’on transporta vers Saint-Laurent tous les matériaux et objets qui pouvaient être réutilisés.


 

Les bagnes de Roura

www.karibbean-spirit.com/spip.php?article1112

 

  Bagnes coloniaux (38)

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EOLE 06/06/2010 05:44


Vous pouvez consulter sur le site, la biographie d'André POMME, premier député de Guyane, en charge de la déportation des religieux français et belges.
Amitiés


14/06/2010 08:18




Email : camargue-insolite@orange.fr


Site : http://www.camargue-insolite.com/



Laissé par : EOLE le06/06/2010 à 05h44