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À compter de l’été 1940, le gouvernement de Vichy fait des infidélités conjugales un crime qui corrompt la famille et tend à pervertir la nature, ­l’État et le corps social. Depuis le début du XXe siècle pourtant, la répression pénale du délit d’adultère est largement tombée en désuétude, semblant ne servir qu’à la production du « constat » devant servir lors de la procédure de divorce. La sanction de l’infidélité est alors davantage civile que pénale. La présente étude expose les résultats d’une recherche dépassant le stade de l’observation des statistiques nationales et des quelques jurisprudences alors publiées : il s’agit tout d’abord de déconstruire la catégorie pénale « adultère » généralement retenue et de considérer l’exercice judiciaire de quinze tribunaux correctionnels, et de quelques cinq cents dossiers de procédure. Cette démarche permet de rendre compte de manière nuancée du rôle des deux sexes dans le déclenchement et le résultat des procédures pénales et de montrer que si le gouvernement de Vichy est parvenu à accroître la fréquence des poursuites dans ce domaine, la résistance des tribunaux ne lui a pas permis d’obtenir une répression aussi sévère qu’espérée…

 

L’intégralité de l’article de Cyril Olivier est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous.

 

Les couples illégitimes dans la France de Vichy et la répression sexuée de l’infidélité (1940-1944)

http://chs.revues.org/index295.html

 

Cyril Olivier

p. 99-123

Cyril Olivier

41 Chemin Roussanne, 33450 Saint-Loubès, cyril.olivier@libertysurf.fr

Cyril Olivier est docteur en histoire, membre du GERHICO (Groupe d’Études et de Recherches Historiques du Centre-Ouest atlantique), chercheur-associé de l’équipe Simone-Sagesse (Savoirs, genre et rapports sociaux de sexe; EA 3053). Il a soutenu en 2002 une thèse sous la direction de Frédéric Chauvaud qui est parue sous le titre Le vice ou la vertu. Vichy et les politiques de la sexualité (1940-1944), Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2005). Il a également publié : « Du charivari au désordre judiciaire. L’irrémissible sexualité », Cahiers d’Histoire. Revue d’histoire critique, 2001, n°84, pp. 59-72; « Vie et mort d’une avorteuse. L’affaire de la “blanchisseuse de Cherbourg”. 1943 », L’Histoire, octobre 2003, n°280, pp. 95-100; « Entre blessure et perversion, un exemple de violence policière dans la France de Vichy : la Section des Affaires Politiques de Poitiers », dans Pierre Cordier, Sébastien Jahan (dir.), « La blessure corporelle. Violences et souffrances. Symboles et représentation », Cahiers du GERHICO, 2003, n°4, pp. 103-116 (Actes de la journée d’études de Poitiers, 6 juin 2000).

 

 

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