Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Il fut l'un des 1 200 enfants réunionnais que la France envoya en métropole. Jean-Jacques Martial publie son autobiographie


Jean-Jacques Martial est réunionnais. De coeur, d'âme et de sang. Pourtant, il a passé plus de temps dans la Creuse et la Manche que sur «son» île. «Enlevé» - selon son expression - à l'âge de 6 ans, il est l'un de ces quelque 1 200 enfants qui, dans les années 1960, furent emmenés en métropole, victimes d'une étrange politique familiale défendue par le député de l'île, Michel Debré. Il fut aussi le premier à la dénoncer publiquement. Aujourd'hui, à 44 ans, il raconte son extravagante histoire dans Une enfance volée (éd. des Quatre Chemins).

 


A cette époque, l'exode rural vide les campagnes françaises. A 10 000 kilomètres de là, la surnatalité ralentit le développement de la Réunion. Le raisonnement est simple, d'une logique implacable: les pupilles réunionnais repeupleront les départements désertés. On les choisit orphelins ou enfants de milieux pauvres, comme Jean-Jacques Martial, dont les parents sont alors bien vivants. Ceux dont personne ne veut seront élevés dans les foyers. La plupart seront adoptés. C'est le cas de Jean-Jacques Martial, d'autant plus fier de signer son livre de son patronyme biologique que la justice le lui a rendu il y a deux ans. Témoignage brut et poignant, il y raconte l' «enlèvement» à bord de la 2 CV camionnette que tous les enfants de l'île redoutaient, le froid et la solitude du foyer de la Ddass, le sort réservé aux «petits nègres» envoyés dans les fermes pour servir de main-d'oeuvre, la «honte» des viols que lui fait subir son père adoptif, et la «renaissance» enfin lorsque, après deux infarctus et une dépression, il décide de se lancer à la recherche de sa famille. Il la retrouve à 41 ans.

 


«Ce livre a vu le jour lorsque j'ai écrit mes premières lettres à la Réunion, en décembre 2000», raconte Jean-Jacques Martial. En janvier 2002, il porte plainte contre l'Etat, arguant de l'illégalité de son adoption. «Ça vaut combien, la déraison d'Etat?» écrit-il. Il réclame 1 milliard d'euros. Mais Martial n'a qu'une idée en tête: «Retourner sur ma terre et profiter des miens, pour pouvoir enfin dire que la vie est belle.»

 


Orphelin, de force


Par Cousin Marie, publié le 30/10/2003 http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=653512&k=28


L’Express


Une enfance volée – articles de presse http://www.jjmartial.com/presse.php

 


Dans les années 60, Michel Debré, député maire de La Réunion, découvre un département pauvre et, pense-t-il, surpeuplé. Il lui vient alors l’idée d’organiser l’émigration des plus déshérités vers certains départements métropolitains en passe de désertification. Très vite, les volontaires ne suffisent plus et, avec le concours de la DDASS, des déplacements d’enfants sont organisés, notamment vers la Creuse. Jean-Jacques Martial est l’un de ces enfants. Il raconte aujourd’hui, à 42 ans, son histoire.

 


Arraché à l’âge de 6 ans à sa grand-mère qui l’élevait en compagnie de son frère et sa soeur, Jean-Jacques Martial se retrouve un matin de novembre, en short et en tongs, à l’aéroport d’Orly. Arrivé en métropole, il est placé en foyer à Paris, puis à Guéret.

 


Recueilli par un couple d’agriculteurs âgés chez qui il retrouve enfin un peu de chaleur humaine, il est à nouveau arraché à ce foyer pour être adopter par un couple plus jeune, les B., installé à Saint-Vaast-la-Hougue, lesquels ont déjà deux enfants. Plus tard, les B. divorcent. Son père adoptif, à qui il est confié, abuse de lui.

 


En dépit de ce très lourd passé, Jean-Jacques Martial a réussi à fonder une famille et vit aujourd’hui près de Narbonne, avec sa femme et ses deux enfants. Après diverses démarches, il est parvenu à retrouver sa famille naturelle et a fait en 2001, pour la première fois depuis ses six ans, le voyage de la Réunion.

 


Jean-Jacques Martial, estimant avoir été la victime d’un acte criminel de déportation, a entamé une procédure contre l’état à qui il réclame 1 milliard d’euros de dommages et intérêt.

 


Une enfance volée

Auteur : Jean-Jacques Martial              

Editeur : Les Quatre Chemins 

Diffusé par lepublieur.com

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article