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TF1 et France 2 diffuseront en direct les cérémonies du 14 juillet. Selon la communication de TF1, dans cette version 2009, en vedette, l'Inde. Invités de la France, trois détachements de l'Armée de terre, de la Marine et de l'Aviation indiennes, soit 450 soldats dans leur uniforme national [...]

 

 

Le premier défilé célébrant la fête nationale a lieu le 14 juillet 1790, un an après la prise de la Bastille. A cette occasion, les membres des fédérations révolutionnaires traversent Paris pour rejoindre le Champs-de-Mars où se déroule la fête de la Fédération universelle de France. Ces premiers cortèges ne sont donc pas majoritairement composés de soldats. Ce n’est qu’à partir de 1797, sous le Directoire, que l’armée prend une place plus importante dans le défilé.

 

Le 14 juillet devient officiellement le jour de la fête nationale en 1880, avec l’adoption d’un décret par l’Assemblée nationale. A partir de ce jour, défilé militaire et fête nationale ne seront plus jamais dissociés.

 

Quant aux Champs Elysées, ils n’ont pas toujours été le lieu du défilé militaire du 14 juillet. Entre 1880 et 1914, celui-ci se déroule sur l’hippodrome de Longchamp. Ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale que les spectateurs peuvent assister au défilé sur la plus célèbre avenue de Paris. Et sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, la célébration de la fête nationale s’est faite, tantôt à Bastille-République (1974, 79), tantôt cours de Vincennes (1976) ou encore à l’Ecole militaire, près du Champ de Mars (1977).

 

Des défilés du 14 juillet ont été plus marquants que d’autres. Celui de 1919 célébrait la victoire française lors de la Guerre 1914-18. A la tête des troupes, qui passaient pour la première fois sous l’Arc de Triomphe, se trouvaient les maréchaux Joffre, Foch et Pétain. Le défilé du 14 juillet 194, exporté dans les rues de Londres, en raison de l’occupation allemande, a également marqué les esprits

 

Enfin, les défilés du 14 juillet témoignent de leur époque. En 1971, les femmes y défilent pour la première fois. Dans les années 1990 et 2000, ils se « mondialisent », plusieurs unités militaires étrangères défilant avec les soldats français. En 2007, cette tendance se confirme avec le défilé d’un détachement militaire des 27 pays de l’Union européenne, pour célébrer les 50 ans de la signature du traité de Rome…

 

Steve Semonsut

http://www.defense.gouv.fr/defense/focus/defile_du_14_juillet_218_ans_deja

 


La pionnière sabre au clair

Par Koch François, publié le 10/03/1994 dans l’Express


 

En 1972, Anne Chopinet était la première major de l'X. Depuis, les femmes n'y ont guère progressé!


 

 Archives de presse - Depuis dix ans, la proportion de filles à Polytechnique plafonne. Elle n'a jamais dépassé 10% d'une promotion. «Quelle déception!» confie aujourd'hui Anne Duthilleul, l'une des sept premières femmes à avoir intégré l'X, en 1972. Celle qui s'appelait encore Anne Chopinet avait même eu l' «indécence» de se classer première (major) au concours d'entrée de ce «fleuron de la méritocratie», comme l'écrivait alors Françoise Giroud, dans L'Express.


Pionnière récidiviste, puisque, après avoir porté l'étendard de l'X sur les Champs-Elysées (le 14 juillet 1973), elle fut aussi la première à sortir «dans la botte» (entendez dans les dix meilleures notes) et à intégrer le corps des Mines. De surcroît, après un passage au ministère de l'Industrie, elle a obtenu son deuxième poste à la direction du Budget, chasse gardée des énarques. Qu'appréciait-on en elle? «Ce que m'a apporté Polytechnique: de la rigueur dans la méthode, le raisonnement, l'argumentation ou le suivi des programmes, et la compréhension des dossiers», répond Anne Duthilleul.


C'est un parcours sans faute sur les cimes de la technocratie. Où elle a pu mettre à profit son goût et ses aptitudes pour la recherche scientifique, tout en découvrant les subtiles négociations budgétaires qui se trament dans la haute fonction publique. Pendant la première cohabitation, elle est même entrée au cabinet d'Alain Juppé, ministre du Budget, pour suivre l'industrie, les transports, le commerce extérieur, les affaires européennes et l'agriculture. En juin 1988, elle obtient son transfert au Cnes (Centre national d'études spatiales), avec le titre de secrétaire général. Ce qui lui permet d'exercer une responsabilité plus opérationnelle. Tout en se rapprochant de l'un de ses hobbies, l'astronomie.


Mais, après quelques années dans l'établissement public, elle prend conscience qu'elle ne pourra pas atteindre une direction technique. C'est là qu'elle décide le «grand saut» vers le privé. Direction: GEC-Alsthom. Où Anne Duthilleul est chargée, depuis dix-huit mois, d'élaborer le plan stratégique de la branche transport ferré (TGV, métro, tramway, Val, etc.). Elle est le «poil à gratter» de dirigeants qui ont naturellement plus tendance à penser au court terme qu'au long terme. «Excepté le souci permanent de la recherche de bénéfices, il y a beaucoup de similitudes entre le public et le privé, commente-t-elle: la taille des structures, le poids des hiérarchies...» Quant à la place des femmes, elle lui paraît ici plus réduite que dans les ministères: au comité de direction de GEC-Alsthom, il n'y a que des hommes. «Traditionnellement, l'industrie lourde est un milieu très masculin.»


Anne Duthilleul a toujours réussi à concilier famille et travail, sans jamais se culpabiliser. Elle a cinq enfants: Antoine, Jean-Baptiste, Marie, Thomas et Mathieu, âgés de 2 à 13 ans. Et partage leur éducation avec son mari, Jean-Marie, lui-même X-Ponts-Beaux-Arts, architecte à la SNCF.


Sans pour autant être féministe, Anne Duthilleul juge que les femmes n'ont pas la place qu'elles méritent. C'est pourquoi, en 1985, elle participe à l'institution de bourses de la vocation scientifique et technique des femmes. Celles-ci étaient attribuées, chaque année, à plus de 50 lycéennes de classe de première, sélectionnées sur dossier. Depuis 1990, les bourses ont été remplacées par des prix (5 000 F), accordés par le ministère des Affaires sociales (service des droits des femmes) à près de 500 jeunes filles de terminale.

 

Aujourd'hui, Anne Duthilleul «milite» d'une autre façon en menant, avec le concours du CNRS, une grande enquête sur les 375 polytechniciennes, où sont analysées leur origine familiale, leur carrière et celle de leur conjoint... Vérifiera-t-on que le «chromosome X» obéit aux lois de la génétique? Pour Anne Duthilleul, cela semble flagrant: son grand-père est polytechnicien, comme ses deux frères, son père est centralien, sa mère a arrêté ses études en maths sup et ses trois soeurs sont ingénieurs diplômés. Pour les autres «ixettes», réponse à la question lors du colloque des 27 et 28 avril sur «La formation des cadres et des ingénieurs».

 

Crédit photographique - PARIS - ANNE CHOPINET - Anne Chopinet, première femme reçue major au concours d'entrée à l'Ecole polytechnique (promotion 1972), porte-drapeau de l'école au défilé du 14 juillet. Paris, Champs-Elysées, 1973. JAC-10372-10A

© Jacques Cuinières / Roger-Viollet - Lire les conditions générales d'utilisation des photos

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