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Dans l'espoir de fixer la vérité sur les causes de la mort mystérieuse du député du deuxième arrondissement, le parquet s'est rendu avenue de Neuilly et a procédé à une minutieuse reconstitution du drame.

 

Après une expérience qui a montré que le tuyau d'échappement du gaz fonctionnait bien et que, conséquemment, toute idée d'accident devait être écartée, on a reconstitué la scène du drame telle que l'a racontée Mme Syveton et telle que la reproduit notre gravure de première page.

 

Un agent de la sûreté, qui est à peu près de la taille de M. Syveton, a joué le rôle de la victime. Mme Syveton, avec un sang-froid qui ne s'est pas un seul instant démenti, s'est prêtée à toutes les phases de l'opération.

 

C'est elle qui, prenant l'agent par la tête et les bras, lui a imprimé successivement toutes les positions que, d'après elle, avait occupées son mari.

 

Enfin, après cette reconstitution, on s'est livré à une petite épreuve physiologique, MM. les experts médicaux n'avaient garde de laisser échapper cette occasion de faire un peu de vivisection.

 

Des chiens avaient été amenés dans une cage. L'un d'eux, un boule-dogue de moyenne taille, a été attaché à la bûche d'amiante sur laquelle Mme Syveton dit avoir trouvé son mari la bouche collée. Après avoir bouché la cheminée avec un journal, on a ouvert le robinet du gaz et l'on s'est retiré en fermant les portes.

 

Une heure après, magistrats et experts sont rentrés. Le chien était mort... mort, parait-il après quarante minutes de souffrances.

 

Sur cette constatation, on s'est retiré avec mystère, les médecins emportant le cadavre du chien aux fins d'autopsie...

 

Et voilà ce que MM. les savants appellent une expérience in anima vili.

 

Comme si les « âmes viles » ne se rencontraient pas plus souvent chez les hommes que chez les chiens!

 

La mort de M.Syveton

Reconstitution de la scène tragique en présence des magistrats

Le Petit Journal illustré du 8 Janvier 1905

http://cent.ans.free.fr/pj1905/pj73808011905.htm

 

 


 

Le Petit Journal

 

La parution, en 1863, de cette feuille de demi-format (43 cm sur 30 cm), quotidienne, diffusée essentiellement au numéro en boutique ou par colportage et non plus par abonnement comme les autres journaux, vendue à 5 centimes (un sou), soit moitié moins que les autres feuilles populaires, marque le début de la presse moderne à grand tirage.Le Petit Journal fut créé par Moïse Polydore Millaud (1813-1871). Pour ne pas avoir à payer le timbre (5 centimes par numéro) qui eût rendu l'entreprise impossible, le journal était apolitique. Les autorités du second Empire favorisèrent le développement de cette feuille bon marché et de ses concurrentes, car elles y voyaient un moyen de satisfaire le besoin de lecture des classes populaires sans courir le risque de les politiser. « Ayant le courage d'être bête », Millaud fonda un nouveau journalisme, avec de longues chroniques de vulgarisation culturelle ou scientifique qui se fondaient sur le bon sens populaire et la morale la plus conformiste et que signait Timothée Trimm (pseudonyme collectif, un temps illustré par Léo Lespès [1815-1875] créateur du genre), de longs articles de faits divers, mais aussi des romans-feuilletons « rocambolesques » de Ponson du Terrail et de Gaboriau, dont le succès fut encore supérieur à celui qu'avaient connu Eugène Sue ou d'Alexandre Dumas à la génération précédente.[...] http://www.universalis.fr/encyclopedie/T313088/PETIT_JOURNAL_LE.htm

 

 

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