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Jacques Maurice
, natif d'Artannes-sur-Indre, petit village de Touraine, est condamné au bagne. Un fait divers réel qui a pour originalité de se dérouler en 1845 dans la campagne tourangelle.



Cette étude historique, aux tonalités de roman social ou policier, nous permet de suivre le parcours d'un «p'tit gars» d'Artannes qui finit sa vie au bagne.


 

Son enfance difficile, des histoires d'héritage et une belle-soeur manipulatrice le poussent à une tentative d'empoisonnement envers son oncle et sa tante.


 

Accusé, arrêté et enfermé à la prison de Tours, son procès s'ouvre rapidement et voit les témoins se succéder : maire, médecin, notables, voisins et membres de la famille. Condamné à vingt années de bagne. Jacques Maurice va rejoindre les 4.300 bagnards de Toulon.


 

Nous découvrons ici, à travers de multiples documents et des témoignages de l'époque, dont ceux de Vidocq, célèbre bagnard, le quotidien inhumain de ces hommes : le trajet organisé, les conditions de vie épouvantables, les travaux forcés, les trafics internes, les épidémies...


 

Un passeport pour le bagne dont tout retour à une vie normale est impossible.



Environnement



I - La si jolie «Vallée du Lys», La commune d'Artannes-sur-Indre



Afin de planter le décor, empruntons à un autre Jacques Maurice, notre contemporain, son tableau d'Artarmes sous la monarchie de Juillet.


 

Artannes se niche au bord de l'Indre entre Monts et Pont-de-Ruan. Nous sommes, ainsi que l'indiquent les panneaux, dans la «vallée des moulins et des belles demeures», la plupart déjà édifiés avant le XIXe siècle.


 

Le bourg abrite le château des archevêques de Tours vendu comme bien national, une jolie église enrichie par la cour des archevêques. Quelques «belles demeures» en effet apparaissent blotties dans les arbres : le château de La Mothe, le manoir de La Bruère et celui de l'Alouette étape de Balzac sur le chemin de Sache où l'attendait monsieur de Margonne, sans oublier le château de Néré...



A côté de ces nobles maisons subsistent d'humbles masures. En Touraine, si les vallées sont riantes, les plateaux apparaissent assez pauvres et abritent à l'époque qui nous concerne une population de cultivateurs, mais aussi de journaliers (gagistes), fagoteurs, femmes de journée, laveuses. La commune s'étend sur 1105 hectares.


 

Grâce aux recensements, dont les premiers datent de 1836, et aux registres de l'Etat civil, nous allons en suivre l'évolution.


 

Au bourg se regroupent les artisans, les commerçants, soit la vie économique. En 1846, deux cent quatre-vingt dix-neuf habitants en forment la population.


 

Les conditions de vie évoluent grâce à la loi Guizot votée en 1833, favorisant l'enseignement : l'année suivante la commune installe un instituteur. Son traitement annuel sera de 150 francs.



Cependant ce maître d'école perçoit 1,50 franc des élèves qui apprennent à lire et 2 francs de ceux qui abordent l'écriture et le calcul. En outre, le maître a l'obligation de prendre dans sa classe seize «élèves gratuits» désignés par le Conseil municipal. Jacques Maurice n'en bénéficiera pas, il sera illettré. Les Clairets où il est né sont trop loin du bourg, sa famille trop ignorée aussi sans doute.



Cette époque voit aussi la réfection des routes ou leur élargissement afin de faciliter les transports et le commerce. Les chemins vicinaux sont classés, «l'Ancien chemin des Romains» deviendra la départementale qui va de Pont-de-Ruan à Sache. On va également créer la départementale 17 qui dessert Sache, Pont-de-Ruan, Artannes et suit la vallée de l'Indre jusqu'à Loches.


 

Balzac écrit à propos de cette route :


 

On fait ici une route qui comble les voeux de M. de Margonne. On pourra aller de Saché à Azay par un magnifique chemin. On bâtit des ponts sur tous les ruisseaux.


 

Le système de la corvée remis au goût du jour par les Ponts et Chaussées (trois jours de travail annuel pour chaque citoyen) malgré son impopularité, permit le désenclavement des campagnes, une meilleure circulation des hommes, des marchandises, et aussi une plus régulière distribution du courrier.



La carte ci-jointe de la commune nous montre aisément que la population reste groupée dans les vallées, celle de l'Indre et celles des nombreux petits ruisseaux. Le plateau, notamment au nord, abrite que des hameaux, des écarts aux noms éloquents : La Bruère (bruyère), Le Gènevray (genêts) ; ces dénominations expliquent la pauvreté des sols péniblement défrichés.


 

Passeport pour le Bagne

Auteur : Odile Métais-Thoreau

Odile Métais-Thoreau est Docteur en Histoire, Université François Rabelais, Tours - Sorbonne, Paris I.


 

Date de saisie : 12/03/2008

Genre : Histoire

Editeur : Ed. du Petit pavé, Brissac, France

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-84712-166-7

GENCOD : 9782847121667

Sorti le : 11/03/2008

 

Bagnes portuaires et pontons (17)

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