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Aussi surprenant que cela puisse paraître, à l’origine des bas étaient les collants, ou plutôt leur ancêtre…

 

En effet, jusqu’au milieu du XVIe siècle, l’histoire des bas et collants nous apprend que les hommes et les femmes portaient une sorte de caleçon long, qui enveloppait le pied et qu’on appelait un " bas".

 

Ces collants unisexes pouvaient être en lin, en laine, en soie ou en coton. Ils étaient généralement blancs, chinés ou à motifs et n’étaient pas extensibles.

 

A l’époque, on portait des bas essentiellement pour se protéger du froid et personne n’aurait pensé qu’il deviendrait un accessoire vestimentaire des plus sensuels, voir érotiques…

 

 Le collant, ancêtre du bas

 

C’est en 1554 que les premiers véritables bas firent leur apparition sous la forme qu’on leur connaît aujourd’hui, lorsqu’un anglais du nom de William Rider eut l’idée de séparer le haut du bas des collants pour rendre leur usage plus pratique et plus raffiné.

 

Le Roi de France Henri II fût le premier à porter des bas, à l’occasion du mariage de sa sœur Marguerite, en 1569. Quelques années plus tard, aux alentours de 1589, les premiers bas tricotés mécaniquement font leur apparition grâce à l’invention du métier à tricoter.

 

En 1685 les bas en fil de coton apparaissent. On les appelle alors « bas de Barbarie»  et sont de couleur blanche ou chinés. Meilleur marché, ils remplacent peu à peu les bas en laine ou en soie. Après la révolution, on leur préfèrera des bas noirs.

 

La même année, Pierre Nissolle commence à vendre les premiers bas de soie pour hommes sur les foires et marchés de Nîmes et Montpellier.

 

1932 : Le bas jarretelle, ultime arme de séduction féminine

 

La jarretelle, qui sert à maintenir le bas en position haute sur la cuisse, à été brevetée par M. Féréol Dedieu vers 1878. Elle a été inventée dans le but de remplacer les jarretières et de permettre une meilleure circulation du sang dans les cuisses.

 

Rapidement, les jarretelles sont adoptées par les femmes et cousues aux corsets et autres guêpières pour supporter les bas de soie.

 

Dans les années 1920, les bas féminins sont tissés en rayonne, qu’on appelle aussi viscose, une matière opaque et chaude qui est une copie grossière de la soie mais bien meilleur marché.

 

C’est à partir de 1932 et depuis l’apparition de Marlène Dietrich en porte-jarretelles et en bas de soie noirs dans « L’ange bleu« , un film de Joseph Von Sterneberg, que les femmes se sont appropriées les bas jarretelles pour les utiliser comme une véritable arme de séduction…

 

A cet époque et aujourd’hui encore, par on ne sait quelle magie, apercevoir par accident le haut de la jarretière ou un bout des jarretelles d’une femme en robe ou en jupe relève du comble de l’érotisme…

 

Même si le bas n’est qu’un élément qui participe à un ensemble de sous-vêtements que les femmes utilisent dans leur quête du pouvoir de séduction, il est l’accessoire vestimentaire érotique par excellence…

 

Il faudra cependant attendre l’invention du nylon par Wallace Carothers, employé chez Dupont de Nemours, le 28 février 1935, pour que les premiers véritables bas nylons puissent être fabriqués quelques années plus tard.

 

Le 25 septembre 1938, la firme Dupont dépose le brevet du nylon et ce sont tout d’abord des brosses à dent en fil de nylon qui furent fabriquées et commercialisées grâce à ce nouveau matériau…

 

1940 : La révolution du bas nylon

 

Le 15 mai 1940, les 4 premiers millions de bas nylons à coutures transparents sont mis en vente aux États Unis. Bien qu’ils soient d’abord fabriqués uniquement de couleur beige, leur succès fût immédiat…

 

Leur finesse, leur légèreté et surtout leur solidité, par rapport aux bas de soie qui sont fragiles et filent très facilement, les ont rendus populaires auprès de la majorité des femmes.

 

On vendit 64 millions de paires de bas nylon dans tous les États Unis dès la première année !

 

Alors que les ventes de bas nylons explosent, la seconde guerre mondiale provoque l’interruption momentanée de leur fabrication et de leur commercialisation, en raison d’une pénurie de matières premières. Il devient très difficile de se procurer des bas nylons.

 

Les derniers exemplaires de véritables bas nylon se vendent à prix d’or au marché noir, alors que la plupart des femmes se badigeonnent les jambes avec du maquillage dilué et tracent une fausse couture au crayon gras pour faire illusion…

 

Dès la fin de la guerre, la fabrication reprend et les bas jarretelles en nylon rencontrent à nouveau le même succès, provoquant d’incroyables files d’attente devant les magasins !

 

Désormais, l’univers de la mode féminine passait définitivement de l’opacité morose à la transparence frivole des bas jarretelles en nylon : les femmes commençaient à montrer leurs jambes…

 

1950 : Les femmes montrent leurs jambes

 

Durant des années 1950, des pinups ultra-sexy telles que Betty Page, Rita Hayworth ou Betty Grable s’illustrent en incarnant l’idéal féminin aux yeux de la plupart des hommes.

 

La Pinup, aussi appelée « cheesekake»  (gâteau au fromage), est rarement nue car elle est très prude mais elle laisse entrevoir une partie de son corps (généralement ses jambes)…

 

Posant devant l’objectif de façon provocante et exhibant leurs magnifiques jambes voilées de bas nylons, elles s’afficheront aussi bien sur les néons des lieux branchés que sur la carlingue des avions de l’US Air Force.

 

Dans le même temps, juste après la seconde guerre mondiale, les progrès technologiques permettent de fabriquer des bas sans coutures de plusieurs finesses et de différentes couleurs, tout en réduisant les coûts de fabrication.

 

Les bas nylon devinrent accessibles au plus grand nombre et en 1965 la consommation des bas sans coutures connaîtra son apogée.

 

En 1967, la mode de la mini-jupe lancée par Mary Quant provoqua un retour massif aux collants, plus pratiques et plus discrets, surtout pour danser le rock en robe ou en jupe courte !

 

Alors qu’il était aussi rare de voir une femme en pantalon que de voir un ours polaire en Jamaïque avant les évènements de 1968, la libération des femmes et leur entrée dans la vie active précipita le déclin des bas jarretelles au profit des pantalons et des collants.

 

Sexy, chics et ultra-féminins

 

En 1972, Liza Minelli portera encore une fois les bas nylons au sommet de la gloire, dans le film « Cabaret»  de Bob Fosse.

 

Elle y incarne Sally Bowles, une chanteuse de cabaret éperdument amoureuse de Brian Roberts (Michael York), un étudiant anglais qui lui loue une chambre pendant la période de la montée du nazisme, dans l’Allemagne des années 30, à Berlin.

 

Liza Minelli remportera l’Oscar de la meilleure actrice pour sa prestation dans ce film culte où les bas jarretelles sont gracieusement mis en scène par une étoile féminine du septième art…

 

Ce succès cinématographique redonnera de l’attrait aux bas nylons, qui connurent à nouveau une période faste durant quelques années.

 

Bas chaussette ou bas jarretelle

 

Enfin, c’est en 1986 que la célèbre marque DIM mit les premiers bas « qui tiennent tout seul»  sur le marché : les Dim-Up.

 

Moins contraignants que les bas jarretelles, les bas qui tiennent tout seul ont encore aujourd’hui un franc succès, notamment chez les jeunes et les femmes actives.

 

Les puristes vous diront que ce ne sont pas de vrais bas et les hommes ne s’y trompent pas. D’ailleurs, en Amérique du Nord, on les appelle les « bas chaussettes»  !

 

Mais l’invention des bas auto-fixants aura eu l’effet de susciter un nouvel intérêt pour les bas jarretelles, plus féminins, plus sûrs et plus sexy…

 

Laquelle d’entre-vous ne s’est jamais retrouvée avec un bas qui, justement, ne tient plus tout seul et glisse sur la jambe jusqu’à tomber sur les chevilles comme une vieille chaussette ?!

 

Sans parler de cet affreux bourrelet que la jarretière élastique provoque en enserrant le haut de la cuisse…

 

Les bas d’aujourd’hui…

 

De nos jours, la plupart des bas jarretelles sont confectionnés à partir de fibres synthétiques mélangées qui leurs confèrent douceur et élasticité pour un confort et une tenue optimum.

 

Au fil du temps, les méthodes de fabrication on aussi évoluées pour produire des bas aux caractéristiques particulières : avec ou sans gousset, à pointes et talons renforcés, à larges jarretières pour un maintient parfait, avec ou sans démarcation…

 

Vous pouvez trouver toutes sortes de bas jarretelles classiques ou fantaisie, en résille et en voile transparent ou opaque, ainsi qu’un choix de couleurs qui s’accordent à toutes les tenues vestimentaires, rien qu’en fouinant sur Internet.

 

L’histoire des bas jarretelles

24 février 2009

http://www.bas-et-collants.com/archives/421/lhistoire-des-bas-jarretelles

 


Mode - Costume - Corps (25)

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