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Plus de 31000 communards furent tués par les troupes versaillaises. La répression ne s'arrêta pas aux massacres de la semaine sanglante. Du mois de mai au mois de septembre 1871, 25 000 insurgés de la Commune ou simples suspects sont jetés dans les forts et les îles de l'Océan, de Cherbourg à la Gironde. 4 000 prisonniers sont condamnés à la déportation en Nouvelle-Calédonie. 3 000 sont condamnés à la déportation simple sur l'île des Pins, 900 à la déportation en enceinte fortifiée à Ducos au nord de Nouméa et 300 au bagne sur l'île Nou.

 


 

De 1872 à 1880, les déportés de la Commune en Nouvelle-Calédonie ont vu leur correspondance retenue par l'administration pénitentiaire. De leur incarcération à Versailles, des forts, des pontons et des îles de l'Atlantique jusqu'à leur détention en Nouvelle-Calédonie, les lettres étaient soumises à l'arbitraire des surveillants. Les familles n'étaient pas averties des disparitions, des grâces, et des retours. Les lettres étaient classées dans les dossiers des condamnés. C'est ainsi que certaines correspondances unilatérales se sont poursuivies des années durant sans que les intéressés en aient connaissance.

 


 

L'auteur a consulté 2 500 dossiers de déportés aux archives d'Outre-mer à Aix-en-Provence, trouvé des centaines de lettres, principalement des demandes de nouvelles, et des missives d'amour, de chagrin et d'attente. Les déportés ne voulaient pas être oubliés. Il convenait que leur correspondance ne demeurât pas lettres mortes.

 


L'auteur vu par l'éditeur

 


 

Virginie Buisson a déjà publié L'Algérie ou la mort des autres (La Pensée Sauvage, 1978; Gallimard, 1981), prix des Bibliothécaires (1983). Elle a également écrit pour le théâtre et la radio.

 


 

Lettres retenues : correspondances censurées des déportés de la Commune en Nouvelle Calédonie
de Virginie Buisson

 

 

Critiqué par Sahkti, le 5 mai 2004

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/5157?alt=print

 

 

Ces prisonniers de nulle part "J'ai découvert une correspondance confisquée, des lettres retenues. J'ai lu des lettres d'amour, des lettres d'épouses et de mères, des lettres d'enfants. Ces lettres ne sont jamais parvenues à leurs destinataires, retenues par la censure, par l'arbitraire des gardiens. Par la mort des déportés, égarées dans l'errance des familles acculées à la misère en France" (Virginie Buisson)

 


Le parcours des Communards en Nouvelle-Calédonie, un parcours que j'ai découvert lorsque j'étais là-bas, au hasard d'une promenade, un cimetière en apparence abandonné, une plaque, l'envie d'en savoir plus, un véritable parcours-hommage sur le Caillou à la découverte du bagne et d'autres lieux d'abandon.




De son côté, Virginie Buisson est partie sur le Caillou à la recherche de son grand-père, Honoré Bonnaventure, et a découvert des centaines de lettres censurées de Communards déportés, messages d'amour ou de désespoir, témoignages du chagrin et de l'amertume qui s'étaient emparés de ces prisonniers de nulle part.


 


A l'époque, la plupart des surveillants détruisaient le courrier au lieu de l'envoyer et bon nombre de ces déportés se sont crus abandonnés par leurs familles et ont préféré mourir de chagrin que d'assumer cette solitude. Virginie Buisson marche à l'émotion dans son ouvrage, ayant fait un choix volontairement arbitraire parmi les 4000 Communards arrêtés à Versailles et transférés en Nouvelle-Calédonie. On y respire la solitude et le désespoir.

 


Son livre est sensible et beau. Comme le Territoire.

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