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Archives de presse - Rythmé à coups de pistolet, le ballet noir des "pourris" et des voyous


CHRISTIAN David
, dit « le beau Serge », était filé depuis une semaine par les services brésiliens de la lutte antistupéfiants lorsqu’il a été arrêté, le 21 octobre, dans sa chambre d’un motel, « l’Auberge de Santana », entre Salvador do Bahia et Vitoria da Conquista. C’est dans le fichier d’une agence de location de voitures de Salvador do Bahia que les policiers brésiliens avaient retrouvé sa trace : « le beau Serge » avait loué une Chevrolet et roulait vers le sud. Dans ses bagages, Christian David transportait un pistolet Browning de 9 mm, un Beretta à silencieux, un Smith et Wesson à canon court, trois cartouches paralysantes, soixante-trois cartouches de 9 mm, vingt-deux cartouches de 7,65 et cinq balles de calibre 38. Il y avait aussi, dans son attaché-case, un passeport uruguayen au nom d’Edouard Davrieux, diplomate, portant sa photo



Plus rien à perdre


Cette arrestation, digne d’une « série noire », a mis fin à la longue « cavale » d’un étrange truand. Le 2 février 1966, il y a près de sept ans, le commissaire Maurice Galibert, chef du groupe de répression du banditisme de la première brigade mobile, pénètre, vers cinq heures du matin, dans un bar de la rue d’Armaillé, à Paris, « le Saint-Clair ». Il espère mettre la main sur un des habitués du bar, Julien Le Ny, recherché pour sa participation à l’enlèvement, l’année précédente, de Mehdi Ben Barka. Le Ny n’est pas au « Saint-Clair ». Mais, en vérifiant l’identité des clients, le commissaire découvre un visage connu : celui du « beau Serge », recherché pour des vols de voitures et des cambriolages, fiché comme « extrêmement dangereux ». « Suivez-nous », ordonnent les policiers. David fait quelques pas et demande : « Je peux au moins prendre mon imperméable ? » Les policiers hésitent. Christian David exhibe alors une carte du S.A.C. On l’autorise à prendre son imperméable, accroché à un portemanteau. Dans la poche de l’imperméable, il y a un pistolet. David sort son arme et tire. Le commissaire Galibert est tué, deux inspecteurs sont blessés. Le beau Serge s’enfuit.



Selon les connaisseurs, c’est le réseau Guérini qui l’a alors pris en charge, l’a fait passer en Italie, puis en Afrique et en Amérique du Sud, où il a travaillé avec Joseph Ricord, patron de la filière sud-américaine de l’héroïne et ancien associé d’Henri Lafont, le chef de la Gestapo française. L’antenne parisienne du Bureau américain des Narcotiques connaissait depuis des mois la présence de Christian David dans l’entourage de Ricord, mais, malgré leur souci de venger l’un des leurs, les policiers français ne semblaient plus s’intéresser beaucoup à ce personnage encombrant.



Christian David, en effet, est bien placé pour connaître les liens qui existent entre le S.A.C., le « milieu », et certaines filières internationales de trafic de l’héroïne ou des armes. Et, aujourd’hui, beaucoup de gens à Paris, à Lyon, à Grenoble, à Bordeaux, à Nice, à Marseille  et pas seulement de minables petits truands qui arrondissent leurs fins de mois en faisant le coup de poing pour un député U.D.R., beaucoup de gens tremblent, donc à la pensée que le « beau Serge », pris au piège, pourrait révéler un peu trop de noms aux policiers américains du Bureau des Narcotiques qui ont demandé son extradition au gouvernement brésilien. « Il a tué un flic, dit-on, il n’a plus rien à perdre. »


Les truands qui sont allés un peu trop loin dans la politique, et les politiciens qui vont un peu trop bas dans le « milieu » ne sont pas rassurés. Le déroulement normal de leurs activités réclame de la discrétion. Que des informations commencent à filtrer et c’est l’inquiétude, voire l’affolement : on brûle ou on photocopie des archives compromettantes, on règle des comptes, au petit matin, à coups de revolver ou de mitraillette.



Les tueurs du S.A.C.


Les exemples, ces dernières années, n’ont pas manqué. Mai 1967 : trois membres du S.A.C. sont écroués pour une tentative de meurtre commise devant le « Don Camilo », rue des Saints-Pères, rendez-vous des barbouzes. Juin 1968 : un cheminot et un chauffeur de taxi sont blessés par balles devant les locaux de la S.N.C.F., à Clichy-Levallois. Deux membres du S.A.C., présents sur les lieux, sont condamnés pour port d’arme ; ils étaient « montés » de Marseille, à la demande de Charles Pasqua, alors vice-président du S.A.C., aujourd’hui député et président de l’amicale parlementaire Présence et Action du Gaullisme. Quelques jours plus tard, une habitante de La Rochelle reçoit une balle perdue : un commando du S.A.C. est venu aider le gaulliste de gauche Philippe Dechartre, qui se présente aux élections législatives.


Le 29 juin, un colleur d’affiches de 18 ans, militant du P.C., Marc Lanvin, est tué par balles près d’Arras. Les coups de feu ont été tirés par un groupe d’hommes du S.A.C. Avril 1969 : un soldat de la base militaire d’Istres vole des armes et les remet à des responsables locaux du S.A.C. : ils sont condamnés à un an de prison avec sursis. Mais près d’Aix-en-Provence, la gouvernante d’un vieux châtelain est assassinée. Sauveur Padovani, responsable du S.A.C., est arrêté. Trois des inculpés sont membres du S.A.C. A Drancy, Daniel Fribourg, militant communiste, est poignardé par un membre du S.A.C. A Nice, un barman tire sur sa voisine et la manque. Il se constitue prisonnier deux jours après l’élection présidentielle. Il appartient au S.A.C. A La Mure, dans l’Isère, un militant du S.A.C., ancien légionnaire, tire sur un groupe de partisans du « non » au référendum. Un joueur de rugby de l’équipe locale est blessé. Janvier 1970 : arrestation d’une bande de gangsters. Sept ont la carte du S.A.C. Les receleurs appartiennent aussi au S.A.C. Août 1970 : un agent d’assurances niçois est arrêté pour trafic de drogue : « On m’avait dit, déclare-t-il aux policiers, que je transportais des documents du S.A.C., à mettre en lieu sûr ». La liste est interminable.

 

Le S.A.C. ? C’est aux années 1960, à la période sanglante de la lutte anti-F.L.N., puis anti-O.A.S., qu’il faut remonter pour trouver l’origine du Service d’Action civique. Bien sûr, il existe déjà un embryon d’organisation, qui s’est constitué à la naissance du R.P.F. autour de quelques anciens des réseaux et des services de renseignement gaullistes. Le patron des services de sécurité et de renseignement du R.P.F. est un baroudeur infatigable : Roger Barberot.


Le bouclier tricolore


A l’époque troublée de la fin de la guerre d’Algérie, la police et les services de renseignement traditionnels ne suffisent pas à remplir toutes les tâches. Pour les plus compromettantes, on recrute donc des volontaires ; on recrute si vite qu’on n’a pas le temps de vérifier les casiers judiciaires. Et puis ce n’est pas chez les enfants de chœur que l’on peut trouver des gens qui savent manier un Beretta ou une mitraillette. Qu’importe, alors, si, parmi les hommes chargés de défendre l’action du Général, de combattre l’O.A.S., il y a d’anciens membres de la « carlingue », la sinistre Gestapo française de la rue Lauriston. (C’est le cas de Georges Boucheseiche, dit le « gros Jo ».) Qu’importe s’ils sont proxénètes, tueurs, « braqueurs » de banques. L’essentiel est qu’ils obéissent.



Ils obéissent. Au début du moins. Certains de ces « mercenaires » se sont d’ailleurs engagés par conviction politique et ils font leur travail avec discrétion et efficacité. Mais les choses vont s’envenimer très vite. Et les filous, qui ne tardent pas à prendre le pas sur les fidèles, s’aperçoivent bientôt que la condition de mercenaire, avec les « couvertures » politiques qu’elle implique, n’est pas sans avantages. Sur Paul Comiti, gorille du général de Gaulle et organisateur de ces réseaux parallèles, commencent à pleuvoir les coups de téléphone des commissaires de police. L’histoire est toujours la même. Au bout du fil le policier dit : « Je viens d’arrêter un type pour hold-up, il m’a présenté une carte tricolore en me demandant de vous téléphoner. »


Le cas se produit si souvent que certains policiers se fâchent. En 1967, à Grenoble, un meeting est organisé pendant la campagne électorale : il oppose Pierre Mendès France à Georges Pompidou, alors Premier ministre. Le service d’ordre est assuré par des costauds qui portent une croix de Lorraine à la boutonnière. Des incidents éclatent. L’un des costauds se baisse et perd son pistolet sous les yeux horrifiés d’un ecclésiastique. Ecœuré, un policier confie à un journaliste : « Je n’ai jamais vu ça. Parmi les types qui sont là, il y a plusieurs interdits de séjour connus » L’homme qui conduit, ce soir-là, la voiture de Georges Pompidou est un proxénète notoire, patron du bar « le Gobelet » : Mathieu Mattei, parent d’Alexandre Sanguinetti. Il sera assassiné un an plus tard devant la porte de sa villa.


Tout cela fait du bruit, trop de bruit. Les épurations commencent, puis se succèdent. A chacune, quelques milliers de « militants » sont radiés, les « cartes » sont changées. A la carte dès années 1960, barrée de bleu et rouge, succède une nouvelle carte, frappée d’une croix de Lorraine tricolore inscrite dans un losange, puis, il y a deux ans, la carte actuelle, sobre et moderne, en matière plastique, type et format « carte bleue ». « Il y a eu beaucoup de démissions au moment du départ du Général, dit un ancien membre, beaucoup aussi au moment de sa mort. Et, maintenant que tous les gaullistes sont partis, il ne reste plus que les crapules. »


Plusieurs affaires récentes prouvent qu’il n’est pas impossible d’être à la fois l’un et l’autre. Celle de l’E.T.E.C. (Société d’Etudes économiques, techniques et commerciales), par exemple, créée en 1970 par un exclu du S.A.C., Charles Lascorz. Ancien barman, videur, gérant ou patron d’hôtels de passes, Charles Lascorz a milité pendant un temps pour l’Algérie française mais, séduit par le salaire qu’on lui offre, il se retrouve bientôt parmi les barbouzes, passe au S.A.C. qui vient de naître et devient délégué général pour le Sud-Ouest. Exclu, il décide de mettre à profit ses fréquentations politiques et ses « hommes de main » en créant une officine de chantage et d’extorsion de fonds. Les autres fondateurs : Max Floquet, René Panigel et Raymond Courbet. Pendant quelques mois, les choses se passent bien. Les cogneurs menacent et les « clients » paient. Lascorz est riche. Mais les Renseignements généraux s’inquiètent, Des micros sont installés en secret dans les locaux. D’un garage voisin, un fonctionnaire des R.G. écoute les conversations. Sans doute juge-t-on en haut lieu que Lascorz va trop loin, car, le 10 décembre 1971, deux inspecteurs se présentent dans les locaux de l’E.T.E.C. et arrêtent tous les collaborateurs présents. La plupart portent leur carte du S.A.C.



Les « imprudents »


Le 5 avril 1971, un trafiquant, Roger Delouette, 48 ans, est arrêté à Newark (New Jersey), son minibus Volkswagen contient 43,778 kg d’héroïne pure, Interrogé, il avoue aux policiers américains : « J’appartiens au S.D.E.C.E. et j’ai agi sur les ordres de mon supérieur, le colonel Fournier ». Ouragan sur la « piscine », le siège parisien du S.D.E.C.E., boulevard Mortier. Delouette, en effet, a travaillé pour le S.D.E.C.E.


Autre exemple : l’affaire Labay. Le 6 octobre 1971, à Marly-le-Roi, un homme est arrêté par la brigade des stupéfiants. Son nom : André Labay. Il y a dans sa voiture cent six kilos d’héroïne pure. Il s’apprête à partir pour les Etats-Unis, où il a déjà importé, en quatre voyages, plus de cinq cents kilos de drogue. En juin 1966, André Labay a été inculpé dans une affaire d’escroquerie : le rachat fictif d’un hôtel parisien à l’un de ses amis collaborateur du S.D.E.C.E., Michel Leroy, pour y installer un « club d’hommes d’affaires ». L’hôtel sert en réalité de centre de recrutement pour les « affreux » du Katanga.


En 1967, André Labay est fondé de pouvoir d’une société belge d’assurances, au bord de la faillite : la Belfort. Parmi les administrateurs : André Rives-Henrys, inculpé depuis de complicité d’escroquerie dans l’affaire de la Garantie foncière. En janvier 1968, la Belfort a déposé son bilan : cinquante-cinq millions de déficit. André Labay était considéré comme un « passeur » important de la filière française. Il a été honorable correspondant du S.D.E.C.E. à Haïti, de 1969 à 1970.



Voilà pour les histoires d’hier. Celles d’aujourd’hui ne sont pas moins intéressantes. Le vendredi 27 octobre dernier, Constantin Tramini, dit Tintin, né en 1916 à Bocognano (Corse), est assassiné à Berre. Il était inscrit au fichier du banditisme depuis 1950. Constantin Tramini était une sorte de juge du « milieu ». C’est lui, en particulier, qui était chargé de surveiller le versement par le clan Guérini de l’impôt perçu par le « milieu ». Après la mort d’Antoine Guérini et l’emprisonnement de « Mémé », les caïds du milieu marseillais se sont interrogés. L’héritage des Guérini était colossal. Racket, proxénétisme, drogue : des centaines de millions de francs par mois. Mais les Guérini étaient plutôt socialistes que gaullistes : à la Libération, « Mémé » a apporté son appui aux milices socialistes et, dans les années 1950, alors que la bataille pour l’hôtel de ville faisait rage ; il a donné quelques coups de main à Louis Rossi, chef du service d’ordre de la S.F.I.O. locale. Les Guérini restaient à l’écart des opérations du S.A.C.

 

 

CE SONT des choses qui ne s’oublient pas. Les caïds du « milieu » décident donc que le clan Guérini devra payer un impôt sur ses bénéfices. Une sorte de racket au carré. C’est Tramini qui est chargé par ses patrons parisiens  et discrets  de surveiller les paiements. De Marseille à Lyon, de Romans à Grenoble, ses hommes font régner l’ordre. Tant pis pour les imprudents. Mathieu Mattei, par exemple, le truand grenoblois qui voulait abandonner le S.A.C. et faire de la politique comme un grand. Il a été abattu, et son amie, Mireille Bonnet, arrêtée quelques mois plus tard avec quarante kilos d’héroïne dans sa voiture.


Autres imprudents : André Carle et son fils Aimé, patrons d’un hôtel de Romans, « le Touvard » (Drôme), qui, après la mort d’Antoine Guérini et l’emprisonnement de « Mémé », voulaient s’affranchir du racket Un premier avertissement en forme de rafale de mitraillette avait détruit les vitres de leur hôtel. Il n’y a pas eu de deuxième avertissement. En avril, le père et le fils ont été abattus à la mitraillette, sur un chantier, par des tueurs qui avaient pris la place des maçons. André et Aimé Carle étaient les responsables locaux du S.A.C. mais ils avaient désobéi.


Les liquidations de ce genre sont d’autant plus faciles qu’il est aisé de remplacer les patrons du S.A.C. A Grenoble, Mattei mort, ses lieutenants, Spadini, patron du « Son des guitares », et N, ont pris la tête du S.A.C. local. Parmi les habitués du « Son des Guitares » : Gavin Coppolani et Louis Andreucci, dont il, est beaucoup question dans l’affaire du « 5-7 ». On dit que leur véritable patron serait « Monsieur Jean », patron d’un night-club lyonnais, un personnage mystérieux et puissant qui aurait de très hautes relations. On sait aussi que l’un des patrons du S.A.C. régional est le député U.D.R. Henri Guillermin, qui a travaillé autrefois pour le S.D.E.C.E. et dans les réseaux Foccart.



A Lyon, il n’est pas facile de s’y retrouver. Depuis l’éclatement de l’affaire des bordels, c’est, plus que jamais, la loi du silence. On le comprend car, lorsqu’on cherche un peu, on apprend que le night-club de Neuville-sur-Ain, où tout a commencé , le « Fetich Club », a été l’une des caches de Christian David dans sa cavale à travers la France après le meurtre du commissaire Galibert. On apprend aussi que Constantin Tramini venait souvent à Neuville-sur-Ain, et que sa grosse Mercedes blanche ne passait pas inaperçue dans le parking du night-club. Le commissaire Javilley ne devait pas l’ignorer.


En revanche, Pasquini et Tomasini ignoraient, sans doute, quel genre de « boîte » était le « Rendez-vous des chasseurs » lorsqu’ils laissaient distribuer, au cours d’un congrès U.D.R. qui se tenait à Nice, des invitations à s’y rendre, barrées de tricolore. Pourtant, tout Nice savait que le propriétaire de l’endroit était un caïd du « milieu », Angelin Bianchini, qui a été arrêté peu après par la brigade antigang.


Enfin, il y a les grosses affaires, l’enlèvement en Allemagne du dirigeant de l’O.A.S. Antoine Argoud, ramené à Paris, ficelé, dans une camionnette. Et celui de Mehdi Ben Barka, devant le drugstore Saint-Germain-des-Prés à Paris, le 29 octobre 1965. Derrière ces deux affaires, l’ombre d’un homme, Jo Attia. Joseph-Victor Brahim Attia, dit « Jo », dit « le Moko », dit « le Boxeur », dit « le roi du non-lieu », est mort en juillet dernier. Attia s’était engagé en 1940 dans les corps-francs. Puis il monta des « coups » contre les collaborateurs et l’occupant. Ce qui lui vaut d’être arrêté, en mars 1943, et envoyé à Mauthausen.


Les protecteurs de Jo


Là-bas, sa conduite est exceptionnellement courageuse. Elle lui vaudra, longtemps après, des interventions chaleureuses et spectaculaires, lorsqu’il se retrouvera devant les tribunaux  et aussi des offres d’emploi. En 1955, un colonel du S.D.E.C.E., qu’il a sauvé à Mauthausen, lui propose de travailler pour les services secrets français. L’affaire rate à moitié. Mais la filière est au point. Et l’offre qui a été faite à Jo Attia vaut aussi pour ses amis : Georges Boucheseiche (ancien, lui, de la Gestapo), Julien Le Ny, Jean Palisse, Pierre Dubail.


C’est le premier qui organisera l’enlèvement d’Argoud. C’est la bande au complet (mais Attia est en prison) qui participera à l’enlèvement de Ben Barka. L’interrogatoire de Mehdi Ben Barka se déroule dans la maison de Boucheseiche. Après l’affaire, la bande se disperse : Boucheseiche gagne le Maroc, où il devient tenancier de bordels, et dirige l’un des plus grands bars de Casablanca. Il semble qu’il ait été tué à Tanger, il y a un peu plus de six mois.


Jo Attia, pour sa part, a participé personnellement à plusieurs campagnes électorales de Philippe Dechartre à La Rochelle, où ses camarades de déportation lui ont offert un bar. C’est l’un de ses hommes qui a blessé, en juin 1968, une habitante de La Rochelle, Mme Quennec, au cours d’une « expédition » électorale.


De l’affaire Ben Barka à une bagarre électorale : la boucle est bouclée. Des polices parallèles et des intérêts convergents ont tissé, en plus de dix ans, des liens si nombreux et si forts, entre les hommes du « milieu » et les hommes du pouvoir, que l’on peut, aujourd’hui, se demander lesquels, des politiciens ou des truands, doivent le plus aux autres.

 

Les truands au service du pouvoir

Cet article a paru dans Le Nouvel Observateur n° 418 du 13 novembre 1972

René Backmann

 

Crédit photographique : France-Soir titre sur la mort du commissaire Gallibert

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Le Service d'action civique...

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-34148150.html

 

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