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L'incroyable histoire de trois jeunes juives réfugiées dans la capitale de l'Etat français. L'une vivait même, à l'insu de Pétain, dans sa résidence.

 

 

Qui aurait pu imaginer que des jeunes filles juives se cachaient au cœur du régime de Vichy, sous le nez du maréchal Pétain? Entre octobre 1943 et juin 1944, trois sœurs, Lise, Françoise et Annette Dennery, furent recueillies par des familles très connues de la ville. Au pavillon Sévigné, une splendide demeure du XVII siècle, Lise, l'aînée, croisait même régulièrement le vieux maréchal, qui y avait élu domicile, non loin de l'hôtel du Parc, ainsi que des ministres du gouvernement de collaboration avec les nazis... Cette histoire, à peine croyable, est rapportée par Didier Nebot dans son livre Et les enfants furent sauvés... (éd. Pascal).

 

 

Août 1940. Sylvain-André Dennery, financier à Paris, s'installe à Vichy, nouvelle capitale de l'Etat français, où se traitent désormais beaucoup d'affaires. Il obtient un permis de séjour pour sa famille mais, du fait des lois antisémites, il ne peut plus exercer ouvertement son métier. Il gère son portefeuille par l'intermédiaire d'un prête-nom. Scolarisées, les filles Dennery sont également inscrites aux Eclaireurs de France, un mouvement scout laïque. Elles y font la connaissance des François, une famille protestante, dont le père, Pierre, en est le responsable national. Son épouse, Elisabeth, est propriétaire, avec son frère Jean-François Riesler, du pavillon Sévigné.

 

 

«Pétain a demandé à ma sœur si les enfants avaient bien dormi!»

 

 

En octobre 1943, face à la menace croissante des rafles, les parents Dennery se cachent à la campagne. Leurs filles trouvent un refuge grâce aux Eclaireurs de France, qui, derrière leur façade légale, mènent des actions de résistance. Annette, 13 ans, est confiée à la famille Duphil. Françoise, 17 ans, s'occupera des enfants de la famille Basdevant. Et Lise, 19 ans, devient la nurse des petits Riesler... au pavillon Sévigné. «Un jour, le maréchal Pétain a demandé à Lise si les enfants avaient bien dormi!» raconte à L'Express Annette, 79 ans, qui rendait alors régulièrement visite à sa sœur. Elle-même verra, à plusieurs reprises, le chef du régime de Vichy défiler devant son groupe d'éclaireurs chargé de former la haie d'honneur. Les sœurs Dennery resteront cachées jusqu'à la Libération. Dernier témoin de cette histoire, Annette a entamé les démarches pour que les François et les Duphil reçoivent, à titre posthume, la médaille de Justes parmi les nations, ce titre qui honore «les non-juifs ayant sauvé, sous l'occupation allemande, des juifs au péril de leur vie».

 

 

Les derniers secrets de l'Occupation

Cachées à Vichy

Par Boris Thiolay, publié le 16/04/2008 - L'Express

 

 


... Elle venait soigner ses rhumatismes aux mains qui la gênaient pour écrire à sa chère fille, Madame de Grignan. Veuve à 26 ans (son mari est tué en duel pour les beaux yeux d’une autre dame), elle est alors âgée de 50 ans. A-t-elle logé au « Pavillon Sévigné », alors Maison Gravier construite vers 1624 pour la famille Gravier ? Les meilleurs historiens de Vichy pensent qu’elle aurait résidé à côté, à l’Auberge du Cheval blanc qui deviendra l’hôtel « de l’Ermitage et du Pont neuf » (ensuite maison de retraite jusqu’en 2007).

 

Le nom de Pavillon Sévigné n’est donné à l’hôtel qu’en 1838 par son exploitant, Mme Ramin-Chacot. Agrandi et devenu Palace en 1909, il fut même la résidence privée du maréchal Pétain de 1942 à 1944. Après avoir été un hôtel quatre étoiles réputé, le Pavillon Sévigné est fermé en 1995 et transformé en résidence privée (de classe !) en 2002. La façade avec jardin est magnifique à voir de l’extérieur, sur le boulevard Kennedy. - pagesperso-orange.fr/.../Patrimoine%20Vichy.htm

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Yvon BASTIDE 24/10/2010 10:16


J'ai publié dans l'ouvrage "Une jeunesse engagée" le témoignage écrit d'Annette Dennery que vous citez dans votre article sur le Pavillon Sévigné.
Les démarches qu'elle a entreprises viennent d'aboutir et la médaille des Justes sera remise aux familles François et Duphil début 2011 au siège des EEDF.


24/10/2010 11:37



Laissé par : Yvon BASTIDE aujourd'hui à 10h16



Email : y.c.bastide@orange.fr


Site : http://www.histoire-du-scoutisme-laique.fr/