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Cousteau, Pierre-Antoine (journaliste violemment antisémite, auteur de l' « Amérique juive », réclamant une répression toujours accrue contre les Juifs, rédacteur en chef de "Je suis partout", adhère à la Milice) : fuit Paris en août 1944, participe avec Hérold-Paquis aux émission de "Radio-Patrie" depuis l'Allemagne. Condamné à mort le 23 novembre 1946, gracié au printemps 1947, détenu huit ans à Clairvaux et à Eysses, libéré en 1955, participe à la presse d'extrême-droite (Rivarol), meurt en 1958 

Ni coupables ni innocents, seulement «vaincus», disent-ils. Lucien Rebatet et Pierre-Antoine Cousteau, condamnés à mort en 1946 pour crime contre la nation avant que leur peine soit commuée en détention à perpétuité, ne méritent en rien la compassion des âmes les plus charitables. Ils ne l'auraient pas d'ailleurs recherchée. Enfermés dans leurs sinistres utopies, ils ne reconnaissent pas la justice qui leur a mis les fers aux pieds pour expier l'infamie de leur engagement.

Non, les deux pamphlétaires de Je suis partout ne regrettent rien, ils ne sont pas de ces fascistes honteux qui ont abandonné la cause par prudence ou de ces pisse-froid de Vichy perclus de «bondieuseries» et qu'ils vomissent. Battus, oui, ils l'ont été avec le nazisme mais, de grâce, plaident-ils sans un soupçon de retenue, qu'on leur épargne le juridisme moralisateur de l'innocence et de la culpabilité qui, en l'état, traduit la raison du plus fort. Que leurs vainqueurs ne prétendent pas en plus leur donner tort...

De ce tête-à-tête inédit, retranscription de vingt dialogues que les deux compères ont échangés au long de l'année 1950 dans l'atelier de lingerie et à la bibliothèque de Clairvaux, émane une violence froide, celle d'une même conviction que ni le doute ni le remords n'ont entamée.

La passion de l'excès habite toujours l'auteur des décombres (1942) et le frère du célèbre océanographe, accrochés à leur vieille rhétorique comme des maniaques à leurs obsessions. Leur complicité goguenarde manie le cynisme en redonnant vie à une «parole interdite» (Robert Belot), marquée en ces années de châtiment au sceau de l'opprobre. Le fascisme était leur honneur, il le demeure, quoi qu'il leur en ait coûté.

Ce document vaut, on l'aura compris, par l'inquiétante authenticité de ce duo de sophistes livrés à leurs mauvais rêves, mais que la prison, curieusement, libère au fil de leurs échanges sur le passé et le présent. Ainsi en viennent-ils à reprocher à «Dudule» (Hitler) d'avoir désavoué Mein Kampf dans les faits et si, sur le fond, la Shoah ne leur soulève pas le cœur, ils en contestent l'opportunité.

Leur dégoût du communisme reste intact mais Staline, homme d'ordre s'il en fut et qui, lui non plus, ne s'embarrasse pas de scrupules de conscience, se révèle à eux en pleine guerre froide comme «le plus grand homme politique de ce siècle». Ils seraient même prêts, par haine de l'Amérique, à se jeter dans les bras de l'autre mauvais génie de l'histoire. Pantalonnade ultime et dérisoire de deux soldats perdus.

        

Dialogue de «vaincus»

par Daniel Bermond

Lire, décembre 1999 / janvier 2000

 

 Crédit photographique - PARIS - MANIFESTATION AU MAGIC CITY

Guerre 1939-1945. Alain Laubreaux et Pierre Antoine Cousteau (sous le portrait du maréchal Pétain) lors d'une manifestation au Magic City. Paris, mai 1942. LAPI-7549

© LAPI / Roger-Viollet - Lire les conditions générales d'utilisation des photos


 

En 2005, Wes Anderson tournait La Vie aquatique et rendait par la même occasion un hommage original au commandant Cousteau. C'est qu'aux quatre coins du monde et depuis plus de cinquante ans, Jacques-Yves Cousteau, océanographe, inventeur, réalisateur, producteur, essayiste (...) est connu et respecté pour son immense apport à la connaissance de la mer.

Une carrière d'abord militaire

Tout commence à Marseille où la famille Cousteau est installée. Les calanques fascinent le petit Jacques-Yves et c'est tout naturellement qu'il entre en 1930 à l'Ecole navale de Brest. Il en ressort officier canonnier. Les fonds sous-marins l'attirent mais l'heure est à la guerre et il s'engage dans le service de renseignements de la marine française en 1939. C'est pour lui l'occasion de voyager dans les océans et mers du monde et de tisser des liens avec les Anglo-saxons. En 1940, c'est l'armistice et sa femme Simone Melchior, ses deux fils et lui se réfugient en Haute-Savoie. Ces circonstances difficiles l'amèneront à faire une rencontre décisive, celle de l'alpiniste Marcel Ichac. A cette époque, les deux hommes définissent leur objectif commun, faire découvrir au grand public les contrées lointaines et inaccessibles.

Avec Ichac, Cousteau remportera le premier prix du Congrès du film documentaire en 1943 avec son œuvre, un film tourné à dix-huit mètres du fond et en apnée. Ce documentaire n'aurait pas pu voir le jour sans le boîtier étanche de caméra. Les inventions sont d'ailleurs le moteur de ses réalisations ; pour filmer toujours plus loin, il faut une technologie toujours plus pointue. La même année, il réalise Epaves dans lequel Cousteau et l'ingénieur Emile Gagnan mettent au point le scaphandrier autonome moderne.

Le sens du devoir ne le quitte jamais. En pleine guerre mondiale, il s'investit dans des missions d'espionnage pour aider la marine à travailler avec les Alliés. Ombre à ce tableau patriotique, son frère, l'écrivain collaborationniste et antisémite Pierre-Antoine. Les découvertes scientifiques du commandant servent alors autant aux militaires qu'à la recherche. En 1948, il lance l'archéologie sous-marine scientifique avec plongée autonome en explorant l'épave du navire Madhia au large de la Tunisie. Il la met en scène dans le film Carnets de plongée toujours avec Marcel Ichac. Cette œuvre sera présentée et primée à Cannes trois ans après.

Faire partager la beauté du monde marin

Après avoir quitté la Marine, il achète à un brasseur irlandais le fameux bateau qui deviendra le Calypso. A son bord, il parcourt le monde, ses océans, ses mers et ses fleuves. Fidèle à son désir de transmettre la beauté de la mer, il ne cesse de tourner des films de ses expéditions et d'écrire. Les plus fameux sont Le monde du silence co-réalisé avec Louis Malle et Palme d'Or à Cannes en 1956 et Le Monde sans Soleil qui reçoit, en 1965, l'Oscar du meilleur documentaire. Il noue une relation très forte avec les Américains et est admis à l'Académie des Sciences des Etats-Unis. Il crée aussi avec la télévision d'outre-Atlantique une série, l'Odyssée sous-marine du commandant Cousteau avec en héros, le commandant au légendaire bonnet rouge. En effet, les Américains ont souhaité donner un caractère plus ludique et divertissant aux expéditions de l'océanographe.

Sa renommée parcourt ainsi le monde et Jacques-Yves Cousteau souhaite plus que jamais l'utiliser à bon escient, notamment pour la sauvegarde de l'écosystème. Il s'engage dans une campagne contre l'immersion de déchets radioactifs en mer en 1960 et crée la Cousteau Calypso Society. Son travail est récompensé en 1977 quand il reçoit le prix Nobel de l'environnement des Nations Unies. Un bonheur qui sera suivi de la douleur, deux ans plus tard, du décès de son fils et collaborateur Philippe.

A partir de la fin des années 1990, Jacques Yves-Cousteau devient une des figures les plus respectées et honorées en France. Il est élu à l'Académie Française en 1988, devient un conseiller de l'ONU et de la Banque mondiale en matière de développement. Sa disparition en 1997 provoque un grand désarroi, en France mais aussi aux Etats-Unis. Sa seconde femme, Francine Triplet, poursuit l'œuvre immense de son mari. En effet, à l'heure où les désastres écologiques s'enchaînent, Jacques-Yves Cousteau a fait figure de précurseur de la notion si fragile de développement durable.

 

Jacques-Yves Cousteau

http://cinema.fluctuat.net/jacques-yves-cousteau.html

 

Crédit photographique

http://accel7.mettre-put-idata.over-blog.com/2/11/28/06/9/a-jacques-yves-cousteau.jpg

 

 

 

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