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Certains militaires se sont apparemment spécialisés dans les coups tordus. Un exemple remarquable est fourni par un officier français du nom de Paul-Alain LEGER.


Né au Maroc, en 1922, d’une famille de militaires, et qui avait passé toute son enfance en Afrique du Nord.


Etudiant, Le 11 Novembre 1940, il manifeste à l’Arc de Triomphe aux côtés de ses camarades contre l’occupant Allemand, résistant de la première heure à Paris, qui, après avoir combattu fin 1942 dans l'Armée d'Afrique sous le drapeau du 1er régiment de Zouaves d'Alger.


Il rejoignit les F.F.L. à Londres en 1943 (aspirant des E.O.R. de Cherchell) pour servir comme officier Jeedburgh, (S.A.S. et B.C.R.A). Sous le pseudonyme de D'Azermont qui lui avait été donné parce que natif de Sidi Ali d'Azemmour, au Maroc.


Chargé pendant la deuxième guerre mondiale de missions de commando dont plusieurs éléments sautèrent en France occupée avec pour mission d'encadrer les maquis de résistants en vue de prendre les ponts et de harceler sans cesse les forces allemandes des bois d'Anjou jusqu'au débarquement des alliés.


Il continua de diriger au cours de la guerre d'Indochine des unités entièrement constituées d'anciens Viet-minh "retournés". Parmi ses spécialités : se faire livrer par des paysans des caches d'armes ou de précieux renseignements en se faisant passer pour une unité communiste... Paul Alain LEGER, alors capitaine parachutiste et commandant de la base du Cu-Lao, " retournera " des ex-viets prisonniers, habillés en noir dans ses commandos paras. Rompu au combat dans les rizières d’Indochine, il n’ignore rien des méthodes des services secrets français, de l’action psychologique et de la manipulation.


Après avoir quitté l’Indochine la rage au cœur (comme beaucoup d’autres parachutistes), le capitaine LEGER est affecté au service action du SDECE, qui traque les trafiquants d’armes fournisseurs du FLN, puis à l’état-major de l’expédition de Suez.


Sa formation en grande Bretagne auprès des S.A.S et des Jeedburghs et ses séjours en Indochine lui firent côtoyer CHATEAU JOBERT et à créer et à développer des centres de formation militaire parachutiste, le premier à Meucon en Bretagne sur une ancienne base aérienne et parachutiste de la Wermarch en vue de l'invasion de l'Angleterre.


« Le capitaine CONAN » ayant bien vite découvert parmi ses instructeurs, les riches qualités de ce chef guerrier, de ce D'Azermont, il l'avait absorbé dans le 3ème S.A.S., qui deviendra le 3ème Régiment parachutiste.


Dès lors les deux hommes ne se quittèrent quasiment plus, depuis les combats d'Indochine jusqu'à " l'Opération Mousquetaires " du 6 novembre au 2 décembre 1956 sur le Canal de Suez.

L’homme est redoutable: fin, cultivé, brun, un regard noir et perçant, le nez aquilin, les lèvres minces, avec à la fois quelque chose de féminin et de prédateur dans le visage. Quand il débarque à Alger, des bombes viennent d’exploser dans la capitale, dont la Casbah est aux ordres directs du FLN. 


Le capitaine LEGER décide de noyauter l’organisation. Son supérieur hiérarchique, le colonel GODARD, lui-même ancien de la Résistance, des troupes du 11e choc et du renseignement en Indochine, approuve son projet. Le GRE (Groupe de Renseignement et d’Exploitation) est né.


C’est en particulier pendant la "bataille d'Alger", qu'il devait donner toute la mesure de son exceptionnelle connaissance de la guerre psychologique.


A Alger, le capitaine LEGER et le capitaine GRAZIANI (sous les ordres des colonels GODARD et DECORSE), créeront, la " bleuite ", au sein de la Willaya 111 d'Amirouche et en Grande Kabylie, avec des ex-fellaghas ralliés, cette fois habillés en bleu.


Là encore, il se révélera un as du "retournement" d'éléments adverses parfois bien placés. Et quand il tombait sur quelqu'un de non retournable, il lui arrivait de s'en servir encore plus efficacement.

Il a contribué a détruire quasi totalement les Willaya 3 et 4..par " Auto destruction psychologique " Dans sa circulaire, Amirouche précise que les traîtres sont surtout des personnes instruites, intellectuels, étudiants, collégiens, médecins et enseignants. « L’hélicoptère » a sans doute brûlé jusqu’à la mort le ventre d’une partie de l’intelligentsia algérienne. On estime à 2000 hommes le nombre de "suspects" suppliciés.


Son action entraîne deux conséquences importantes : la manifestation de fraternisation des habitants de la Casbah sur le Forum et la terrible répression de la " bleuite " par le colonel de la wilaya III, Amirouche. Après une affectation au 3e RPIMA du colonel TRINQUIER, qui participe à l’exécution du plan Challe, il reprend, en 1960, ses opérations d’intoxication au BEL du colonel JACQUIN : Ses citations...." Je pense personnellement que si l’ennemi a des dispositions particulières pour se détruire lui-même, bien coupable serait celui qui n’en profiterait pas " Son seul regret aura été est que tout cela n’ait servi à rien par la faute de la métropole : " Éloignés de la métropole depuis de nombreuses années, nous ignorions tout de son incompréhension et de sa totale indifférence pour des problèmes qui n’étaient pas ceux touchant le petit bien-être quotidien de chacun de ses concitoyens ".

Là, s’achèvera sa carrière pour cause de sympathie avec les putschistes. En Mai 1961, il se retrouve incarcéré au Fort de Nogent et dégradé.

http://paras.forumsactifs.net/les-personnages-remarquables-f36/capitaine-paul-alain-leger-t1294.htm

 

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