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Archives de presse - Partisan de l'Algérie française, il rompt avec le général de Gaulle et prend part au Putsch des généraux en 1961, avant de prendre la tête de l'OAS

 

Saint-Cyrien, Salan entame une brillante carrière dans les troupes coloniales dès la fin de la Première Guerre mondiale. Il sert en Indochine de 1924 à 1937, puis de 1945 à 1947, après avoir participé à la Libération. Sa promotion est rapide: général de brigade (1944), commandant des troupes françaises de Chine et du Tonkin (1945), général de division (1947), directeur des troupes coloniales (1949), inspecteur général de la Défense du Territoire (1953), enfin commandant en chef en Algérie (décembre 1956).

 

Il occupe toujours ce poste lorsque éclatent les événements du 13 mai 1958. Il contribue, bien malgré lui, à la sortie du désert de de Gaulle. En effet, René Coty, président de la République, fait appel à Pierre Pflimlin pour être le nouveau président du conseil, un centriste favorable aux négociations avec le FLN. Les partisans de l’Algérie française manifestent violemment dans les rues d’Alger et improvisent des comités de salut public favorables au retour du chef de la France libre. Salan protège ces comités et, le 15 mai, fait acclamer de Gaulle par la foule algéroise.

 

Contre la politique algérienne du gouvernement


Il se retire peu après, prenant officiellement sa retraite en juin 1960. Participant toujours activement aux débats sur l'Algérie, il publie, en septembre 1960, un manifeste très virulent contre la politique algérienne du gouvernement. C’est la première étape de la lutte qu’il engage avec de Gaulle, qu’il a pourtant, quelques années plus tôt, aidé à revenir sur le devant de la scène politique.

 

Interdit de séjour en Algérie, contraint à l’exil dans l’Espagne de Franco, il crée en 1961, à Madrid, la première OAS (Organisation de l’armée secrète) avec Lagaillarde. Le 11 avril de la même année, de Gaulle déclare, lors d’une conférence de presse: «La décolonisation est notre intérêt, et par conséquent notre politique». Salan et quelques-unes des plus hautes figures de l’armée française estiment que leur heure est enfin venue. Avec le concours des généraux Challe (à qui revient l’autorité suprême), Jouaud et Zeller, Salan déclenche, le 21 avril, un coup d’Etat contre la République, le «Putsch des généraux». Sans réel soutien, ni des Français, ni de l’armée, il échoue rapidement.

 

Destitué, condamné à mort par contumace, Salan entre alors en clandestinité. Il prend la tête d’une OAS élargie à d’autres groupuscules terroristes, avec pour objectif avoué de faire capoter les accords d'Evian. Il lance alors son mouvement dans une série d’opérations sanglantes en Algérie et en métropole, dont l’attentat de septembre 1961 contre de Gaulle. En mars 1962, Salan et plusieurs milliers de partisans se retranchent à Bab-el-Oued. L’armée, dont il espérait la neutralité, donne l’assaut et Salan est arrêté quelques semaines plus tard à Alger. Sa peine est commuée en réclusion perpétuelle. Il est gracié en 1968 et réhabilité en 1982.

 

Raoul Salan (1899-1984)

par Matthieu Lebeau, publié dans L'Express en ligne - mis à jour le 18/12/2003

 


 

1945, le général Salan dans le piège indochinois

    Valette, Jacques

    Publié par : Association des amis de Raoul Salan

    Esprit du livre éditions, Seichamps (Meurthe-et-Moselle)

    Collection Histoire & mémoires combattantes

    Parution : avril 2009

 

Choisi par le général Leclerc, le général Salan arrive à Saigon en 1945 avec l'objectif de réaliser les conditions militaires du rétablissement de la souveraineté française dans le nord de l'Indochine ainsi que le départ des troupes chinoises du Tonkin. Se fondant sur ses archives privées, l'étude éclaire son rôle auprès des dirigeants du Viet-minh, jusqu'à la conférence de Fontainebleau en 1946.

Quatrième de couverture

1945 - Le général Salan dans le piège indochinois

 

Le rôle secret du général Salan dans le retour des Français en Indochine en 1945. Traitant directement avec le Viet-minh, il est l'un des acteurs majeurs des pourparlers de l'année 1946, comme le révèlent ses archives privées.

 

Le général Salan redécouvre l'Indochine, où il a servi lorsqu'il était jeune officier, quelques semaines après la capitulation japonaise, en octobre 1945. Ses archives apportent un éclairage sur son rôle durant les semaines de son bref commandement.

 

Il est chargé par le haut-commissaire Thierry d'Argenlieu et le général Leclerc, commandant en chef, de ramener les quelques milliers de soldats réfugiés en Chine après le coup de force japonais du 9 mars 1945, que Leclerc compte utiliser pour réoccuper le Tonkin. Il doit également obtenir le repli des divisions chinoises qui, sous couvert de recevoir la capitulation japonaise, ont entrepris de vivre aux dépens du Tonkin. Il a rempli sa mission.

 

En Chine, il est parvenu à réorganiser les unités françaises, à les réarmer et à les envoyer occuper une zone clef, le pays Thaï, où il savait trouver l'appui politique d'une grande famille francophile, les Déo. Le gouvernement central chinois ayant obtenu satisfaction quant à son débouché par Haiphong, Salan a fait accepter aux militaires qu'ils rentrent dans leur pays.

 

Mais ces archives révèlent surtout le rôle méconnu de Salan auprès des dirigeants du Viet-minh, dans l'ombre, pour leur faire accepter le débarquement de quelques milliers de soldats derrière Leclerc. Comme responsable militaire du Nord de l'Indochine, il a été associé par le gouvernement à toutes les rencontres avec eux, jusqu'à la malheureuse conférence de Fontainebleau de l'été 1946, révélant à ses supérieurs de Paris l'emprise des unités Viet-minh sur toute la péninsule, suggérant même d'éviter toute rupture en raison de la complexité de la situation interne à Saigon ou dans les campagnes.

Une première expérience de la décolonisation, où se mêlent facteurs militaires, propagande idéologique et manoeuvres pour s'emparer du pouvoir de l'ancien colonisateur.

 


 

 

 

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