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 … Fin 1942, alors qu'il a tourné deux films aux USA, il veut s'engager dans les Forces Françaises Libres: «  Je ne pouvais pas rester les mains dans les poches, continuer à faire des grimaces devant une caméra en étant payé en plus, et attendre tranquillement que les autres se fassent descendre pour que je retrouve mon patelin » *. Il se heurte à nouveau aux réticences de l'armée qui l'envoie d'abord tourner un film de propagande en faveur de la France Libre (L'imposteur de Duvivier). Gabin revient ensuite à la charge et obtient enfin, en avril 1943, d'embarquer comme officier d'armes à bord de l'escorteur Elorn. Il s'agit de d'accompagner des pétroliers jusqu'à Alger. Son convoi sera la cible des avions de la Luftwaffe et il tremble de peur au milieu des flammes: "

 

Au printemps 1943, Gabin retrouve Alger bien différente de lors du tournage de Pépé le Moko, en 1936. La ville blanche grouille de politiciens de tous bords et de partisans gaullistes. Les Américains sont omniprésents et préparent le débarquement en Italie. Après avoir à nouveau refusé de faire le « clown » au théâtre des armées, Gabin est affecté comme instructeur au centre Sirocco, l'école des fusiliers-marins. Il voudrait bien faire oublier son statut de vedette de cinéma afin d'obtenir une place dans le combat en Europe. Cette volonté de discrétion est mise à mal avec le passage de Marlène Dietrich à Alger, qui en profite pour aller embrasser son Français préféré. L'actrice, très engagée contre les nazis, retrouvera ainsi Jean Gabin à plusieurs moments de la guerre (à Alger, puis en Alsace et en Allemagne).

 

Les visites de la star américaine à Gabin, soldat peu gradé, ne passent pas inaperçues et provoquent une violente jalousie de la part de ses supérieurs militaires. Si l'acteur français est gêné par ces effusions publiques, leurs retrouvailles sont heureuses et ils échangeront une correspondance importante jusqu'à la fin de la guerre. Marlène Dietrich fera preuve aussi d'un grand courage en participant à toutes les étapes de la reconquête de l'Europe: considérée comme une traîtresse en Allemagne, elle risquait la mort si elle avait été arrêtée.

 

Après avoir failli une première fois suivre la 2e DB en France, Gabin enrage de rester coincé à Alger. A force d'insistance, il obtient de suivre une formation de conducteur de tank. Il revient ainsi en France à l'automne 1944 par Brest, pour participer ensuite aux combats en Lorraine comme chef de char « Souffleur II ». En février 1945, Jean Gabin retrouve Paris le temps d'une permission. Emacié, les cheveux blanchis, il entend des commentaires dans le métro: «  Tiens c'est Gabin, il a pris un sacré coup de vieux ». Peu de gens savent qu'il s'est engagé activement dans la guerre et l'acteur, modeste et pudique, ne se vante pas de ses faits d'armes.

 

Il découvre avec dégoût les règlements de comptes dans le milieu du cinéma parisien. Beaucoup d'acteurs et de réalisateurs ont continué à tourner pendant la guerre, s'inquiétant plus de leur carrière que de libérer la France.

 

Engagé pour toute la durée de la guerre, Gabin est envoyé, en avril 1945, avec son unité pour libérer les Résistants FFI assiégés depuis des mois dans Royan. Enfin, il participe avec la 2e DB aux batailles sur le Rhin et en Allemagne jusqu'à la capitulation du IIIe Reich.

 

Démobilisé en juillet, il rentre en France où il est décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre. Refusant de participer au défilé du 14 Juillet sur les Champs-Elysées, il le regarde de la fenêtre de l'hôtel Claridge: «  J'étais donc aux premières loges pour assister à la parade militaire et j'ai évidemment vu passer mon char « Souffleur II ». A sa tête il y avait mon second, Le Gonidec, qui avait l'air content d'être là. C'était con, mais j'ai pas pu m'empêcher dechialer... » * - http://ufacbagnolet.over-blog.com/article-32070912.html



Michel Vigourt

Vie culturelle Seconde Guerre mondiale n° 6 – 03

* Toutes les citations sont de Jean Gabin


Bibliographie

Jean Gabin
par A. Brunelin (Ramsey Poche Cinéma)

 

Jean Gabin-Anatomie d'un mythe par C. Gauteur et G. Vincendeau (Nathan)

 

 

Notes Biographiques


Il est le fils d'un chanteur d'opérette et d'une chanteuse fantaisiste. A été élevé à Mériel (Seine-et-Oise) par l'aîné de ses soeurs. En habitant Mériel il prit goût à la campagne. L'école débuta à Meriel et ensuite il monta sur Paris afin du suivre les cours de l'école de la rue de Clignancourt et ensuite rentra en tant que pensionnaire au lycée Jeanson-de-Sailly. Les études ne l'attiraient pas trop et fit souvent l'école buissonnière et s'échappa même de l'école pour faire différents boulots.


En 1923 il fut présenté à l'administrateur des Folies-Bergères et il devint figurant dans des revues et prit son nom de Gabin. Cette période qui dura jusqu'à 1930 il rencontra Mistinguett (c'est elle qui le fit engagé comme Boy au Moulin-Rouge). Ensuite il se consacra exclusivement au cinéma.


Après des petits rôles comiques il fut révélé en 1934 comme un grand acteur dramatique tel que Maria Chapdelaine et surtout la Bandera de Julien Duvivier en 1935. Le film de 1936 Pépé le Moko l'imposa définitivement en devenant un mythe et il restera et encore aujourd'hui de nos jours c'est un personnage, une "gueule", une voix enfin un mythe.


En septembre 1939 il fut appelé sous les drapeaux. Ensuite avec l'accord de Vichy il pu partir pour l'Amérique pour 8 mois seulement. Il y tourna deux films et s'engagea en 1943 comme volontaire dans les Forces navales françaises libres. Il fut affecté à Norfolk et en Afrique du Nord dans la 2ème D.B. de Leclerc. Il débarqua en France en 1944.


Après la fin de la guerre sa carrière eu du mal a repartir, il devait changer de rôle mais grâce à son talent dès 1951 dans le film "La nuit est mon royaume" il remporta la coupe Volpi du meilleur acteur au Festival de Venise et la même année il fut meilleur acteur français de l'année pour son rôle dans "La vérité sur Bébé Donge". Ensuite il retrouva ses rôles de débuts mais avec plus de maturité et plus de présence comme dans "Touchez pas au Grisbi" et bien d'autres...


Avec Fernandel il a fondé la maison de production "Gafer".


Merci Monsieur Gabin.

 

 

En tant qu'Acteur

1930 Chacun sa chance d'Hans Steinhoff & René Pujol
1934 Maria Chapdelaine de Julien Duvivier
1935 La bandera de Julien Duvivier
1935 Zouzou de Marc Allégret
1936 Pépé le Moko de Julien Duvivier
1936 La belle équipe de Julien Duvivier
1936 Les bas-fonds de Jean Renoir
1937 Gueule d'amour de Jean Grémillon
1937 La grande illusion de Jean Renoir
1938 La bête humaine de Jean Renoir
1938 Le quai des brumes de Marcel Carné
1939 Le jour se lève de Marcel Carné
1940 Remorques de Jean Grémillon
1942 La péniche de l'amour d'Archie Mayo
1944 L'imposteur de Julien Duvivier
1946 Martin Roumagnac de Georges Lacombe
1948 Au-delà des grilles de René Clément
1949 La Marie du port de Marcel Carné
1950 Pour l'amour du ciel de Luigi Zampa
1951 La nuit est mon royaume de Georges Lacombe
1951 Victor de Claude Heymann
1951 Le plaisir (Sketch "La maison Tellier") de Max Ophuls
1951 La vérité sur Bébé Donge d'Henri Decoin
1952 Fille dangereuse de Guido Brignone
1953 Leur dernière nuit de Georges Lacombe
1953 Touchez pas au grisbi de Jacques Becker
1953 La vierge du Rhin de Gilles Grangier
1954 Napoléon de Sacha Guitry
1954 Razzia sur la chnouf d'Henri Decoin
1954 L'air de Paris de Marcel Carné
1955 French Cancan de Jean Renoir
1955 Le port du désir d'Edmond T. Gréville
1955 Gas-oil de Gilles Grangier
1955 Des gens sans importance d'Henri Verneuil
1955 Chiens perdus sans collier de Jean Delannoy
1956 Crime et châtiment de Georges Lampin
1956 Le sang à la tête de Gilles Grangier
1956 La traversée de Paris de Claude Autant-Lara
1956 Voici le temps des assassins de Julien Duvivier
1957 Maigret tend un piège de Jean Delannoy
1957 Le rouge est mis de Gilles Grangier
1957 Les misérables de Jean-Paul Le Chanois
1958 En cas de malheur de Claude Autant-Lara
1958 Les grandes familles de Denys de la Patellière
1958 Le désordre et la nuit de Gilles Grangier
1959 Rue des prairies de Denys de la Patellière
1959 Maigret et l'affaire Saint-Fiacre de Jean Delannoy
1960 Les vieux de la vieille de Gilles Grangier
1960 Le baron de l'écluse de Jean Delannoy
1960 Le président d'Henri Verneuil
1961 Le cave se rebiffe de Gilles Grangier
1962 Le gentleman d'Epsom de Gilles Grangier
1962 Un singe en hiver d'Henri Verneuil
1963 Maigret voit rouge de Gilles Grangier
1963 Mélodie en sous-sol d'Henri Verneuil
1964 Monsieur de Jean-Paul Le Chanois
1964 L'âge ingrat de Gilles Grangier
1965 Le tonnerre de dieu de Denys de la Patellière
1965 Du rififi à Paname de Denys de la Patellière
1966 Le jardinier d'Argenteuil de Jean-Paul Le Chanois
1967 Le pacha de Georges Lautner
1967 Le soleil des voyous de Jean Delannoy
1968 Le clan des siciliens d'Henri Verneuil
1968 Le tatoué de Denys de la Patellière
1969 Sous le signe du taureau de Gilles Grangier
1969 La horse de Pierre Granier-Deferre
1971 Le chat de Pierre Granier-Deferre
1971 Le tueur de Denys de la Patellière
1972 L'affaire Dominici de Claude Bernard-Aubert
1973 Deux hommes dans la ville de José Giovanni
1974 Verdict d'André Cayatte
1976 L'année sainte de Jean Girault

 

http://acteurcinemaetcie.ifrance.com/GABIN%20JEAN.htm

 

Crédit photographique - Jean Gabin sur le Char Souffleur II (dont il reçoit le commandement en janvier 45) du 2e peloton,du 2e escadron commandé par l'Enseigne de vaisseau Gelinet - Insigne du RBFM

Tous droits réservés © 2002 http://www.Marechal-Leclerc.fr.st photos (DR)

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Commenter cet article

C.Delannoy 11/04/2015 17:45

Vous oubliez La Minute de Vérité de Jean Delannoy avec Michèle Morgan en 1952!
www.museejeandelannoy.fr
cordialement

Djemaa Pascal 31/10/2010 22:34


Mon livre sur Jean Gabin sort en novembre aux Éditions Autres Temps. Pascal Djemaa. pascaldjemaa.over-blog.f


01/11/2010 05:28



Laissé par : Djemaa Pascal hier à 22h34



Email : pascal.djemaa@orange.fr


Site : http://pascaldjemaa.over-blog.fr




Djemaa 21/01/2010 13:28


Merci pour tes articles ! Bonne année ! Pascal.


21/01/2010 13:53


Merci Pascal - Cordialement - PP