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Le jeune homme ne manque pas de courage, comme le prouve cette anecdote qui aurait pu devenir un fait divers tragique : rencontrant le journaliste et collaborateur Alain Laubreaux, qui venait d'éreinter la pièce de Cocteau "La Machine à Ecrire" sans même l'avoir vue, il n'hésite pas à casser la figure à cet agent de la Gestapo ! Mais la guerre continue... A la Libération, le jeune homme la termine dans la 2°DB du général Leclerc, ce qui lui vaut la Croix de Guerre. Crédit photographique : Jean Marais à l'époque de sa mobilisation pendant la seconde guerre mondiale - www.cin-et-toiles.com/.../fiche-jean-marais.htm

 

 


L’acteur français le plus séduisant et dont le nom reste farouchement attaché aux films de cape et d’épée malgré ses débuts dans le cinéma d’auteur avec Jean Cocteau, est un interprète débutant ne présageant pas de la qualité de sa future carrière, dans ses années d’apprentissage du métier de comédien. De son vrai nom Jean Alfred Marais-Villain (ou Villain-Marais), né à Cherbourg le 11 Décembre 1913 à 13 heure, Jean Marais possède un parcours atypique que suivra un de ses héritiers spirituels, Jean-Paul Belmondo, en jouant tout d’abord dans le cinéma d’auteur,essentiellement pour Jean Cocteau qui le remarque le premier et le rend célèbre en lui donnant les premiers rôles de ses films des années 1940. Ce qui ne l’empêche pas de participer à la Guerre à partir de la libération de Paris par les Alliés, puisqu’il rejoint la Seconde Division Blindée française en tant que conducteur de camion pour le ravitaillement des troupes au front.

 

Puis les années 1950 voient l’unique Fandor / Fantomas du cinéma changer de registre et s’ateler à des œuvres destinées au grand public. Bretteur de grande qualité, son genre de prédilection sera le film de cape et d’épée, interprétant la plupart des grands rôles qui se prête à ce genre ; du célèbre mousquetaire gascon maintes fois incarné à l’écran, D’Artagnan, à Edmond Dantès, en passant par une foule de chevaliers, plus fine lame les uns que les autres.

 

Débouté par le conservatoire de Paris, Jean Marais occupe des emplois des plus divers afin de subvenir à sa passion des planches sur lesquelles il monte dès la nuit venue et fait de la figuration. D’ailleurs, l’une des productions dans laquelle il apparaît, Les Parents terribles (1980) sera adaptée des années plus tard par son mentor Jean Cocteau, dans lequel il interprète l’un des rôles principaux. Grâce à son charme et ses cheveux blonds ondulés, il parvient à obtenir quelques rôles mineurs à partir de 1933, commençant par le film de Jean Tarride, Étienne (1933) et celui de Victor Trivas, Dans les rues (1933) Mais il n’est réellement révéler qu’après avoir rencontré et s’être lié d’amitié avec l’auteur-réalisateur Jean Cocteau. Le futur Edmond Dantès décrira plus tard sa première rencontre avec Cocteau comme sa "deuxième naissance." La critique fréquente de ses relations homosexuelles avec l’auteur le blesse. Néanmoins, il demeure que Jean Marais s’est réellement épanoui en tant qu’acteur dans les films de Cocteau tels que L'Éternel retour (1943) tourné en 1943, La Belle et la bête (1945) réalisé en 1946, ou Orphée (1949) en 1949. Grâce à Cocteau, Jean Marais devient l’une des personnalités du cinéma françaises les plus populaires de l’après-guerre, et les plus grands réalisateurs du pays le réclament. Les deux amants resteront cependant professionnellement et personnellement proches jusqu’à la mort de Jean Cocteau en 1963. La disparition de son compagnon affecte profondément Jean Marais, qui écrira plus tard qu’une grande partie de lui-même était morte ce jour-là, le laissant comme une ombre de lui-même.

 

Avant de devenir acteur, Jean Marais traverse des temps difficiles avant de décider de ce qu’il voulait faire de sa vie. Tandis que toujours dans son Cherbourg natal, il travaille à des emplois divers, notamment photographe, l’impression de cartes postales, ou vendre des journaux, il commence à peindre très tôt. Une passion qu’il continuera tout au long de sa vie, et qui, par le fruit du hasard, lui permet de se faire remarquer par le réalisateur Marcel L’Herbier qui lui achète l’une de ses peintures, et du même coup, offre à Jean Marais des petites rôles dans deux de ses films, L'Épervier (1933) et L'Aventurier (1934) tous les deux réalisé en 1933. L’histoire de sa vie inspirera plus tard la trame du film de François Truffaut, Le Dernier Métro réalisé en 1980.

 

Au début des années 1960, le brillant bretteur, devenu pour les Américains qui le réclament, une sorte d’Errol Flynn ou de Douglas Fairbanks à la Gauloise, apparait dans une série de films d’aventure comme Fantomas (1964) dans lequel il joue deux rôles opposés, le gentil journaliste Fandor à la poursuite du mégalomane sans visage au masque en caoutchouc vert Fantomas qu’il incarne également, ou Le Saint prend l'affût (1966) Il s’essaye même à la mise en scène sur des téléfilms adaptés de pièces de son défunt amant, Jean Cocteau, fin des années 1980. Après une longue retraite, Jean Marais revient au cinéma au milieu des années 1980 avec des rôles de qualité dans des films tels que Parking (1985) un remake du succès de Jean Cocteau, Orphée (1949) réalisé par Jacques Demy en 1985, ou Les Misérables (1994) réalisé par Claude Lelouch en 1993, se permettant même le luxe de refuser le rôle du vieux moine assassin dans Le Nom de la Rose de Bertolucci. Celui-ci ne s’avouant pas vaincu, il lui confie ce qui s’avèrera être sa dernière apparition dans son film Beauté volée (Stealing Beauty) (1996) qui date de 1995. Cette année-là, Jean Marais reçoit un grand hommage, la légion d’honneur pour sa contribution au cinéma français. Il devait décédé 3 ans plus tard à Cannes, à un mois de l’anniversaire de ses 85 ans, d’une crise cardiaque des suites d’une maladie des poumons.

 

Frédéric Raes

http://www.cinemotions.com/modules/Artistes/fiche/12858/Jean-Marais/biographie.html

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artciboldo 01/12/2016 10:06

décéder !