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Archives - Interview du juriste Bruno Roy-Henry à  l'occasion de la sortie de Vidocq, du bagne à  la préfecture (Ed. de l'Archipel).


Historia - Pourquoi avoir choisi Vidocq alors que de nombreux ouvrages ont déjà  été consacrés à  ce personnage, dont certains tout récemment ?


Bruno Roy-Henry - Vidocq est un individu fascinant qui a marqué ma jeunesse au travers des séries télévisées consacrées au personnage à  la fin des années 1960 et dans les années 1970. L'interprétation de Claude Brasseur, notamment, a fait de Vidocq un " type " très sympathique. Bien sur, j'avais eu l'occasion de lire les véritables Mémoires de Vidocq et je n'étais pas sans connaître l'influence profonde de ce destin hors du commun exercée sur nos plus grands écrivains, comme Balzac, Dumas et Hugo. Du bagne à  la préfecture de police, il faut le faire : vraiment, Vidocq est une figure atypique. Je ne crois pas qu'on puisse le comparer avec aucun autre personnage historique. Au surplus, le succès de ses Mémoires - assez fabuleux pour l'époque - ne peut guère être comparé qu'à  celui de Papillon. Ce dernier n'est pas devenu le commissaire Ottavioli pour autant...

 

H. - Au cours de votre travail d'investigation, qu'est-ce qui vous a le plus frappé ? Avez-vous fait des découvertes inédites ?


B. R.-H. - J'ai été assez vite marqué par le côté affabulateur de Vidocq : assurément, il vit des aventures incroyables, à  la mesure d'une époque troublée qui voit s'effondrer l'Ancien Régime pour donner naissance à  la société moderne. Vidocq, c'est Pantagruel et Casanova à  la fois. Toutefois, on le surprend relativement souvent en flagrant délit de mensonge. Sans doute, il faut faire la part des inventions littéraires et de la nécessité d'en mettre plein la vue au lecteur.

 

J'ai essayé d'exploiter ces mensonges qui sont - parfois - des demi-aveux ! Vidocq se dit royaliste ; il pourchasse les anciens forçats s'approchant du trône : lui-même n'aurait-il pas été au service de la Vendée ? Plus tard, il se défend d'avoir trempé dans la police politique : c'est un mensonge évident ! Qu'est-ce que cela cache ? J'estime donc que François Vidocq a été détenteur de secrets d'Etat, du type de ceux qui ne laissent pas d'archives...


Par Catherine Decouan


Vidocq un peu affabulateur

01/09/2001Historia

http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=8425

 

 


Quatrième de couverture

 

Vidocq n'a pas vécu une vie mais cent !

 

Né en 1775 à Arras, le jeune François-Eugène est d'abord promis à mener l'existence de son père, maître boulanger. Préférant dérober le pécule familial que pétrir la pâte, il commet le premier d'une innombrable série de larcins, menant une vie de débauche et de filouterie. Avant seize ans, son tempérament querelleur, mais aussi l'audace et l'ingéniosité de ses crapuleries, font sa réputation dans toute la région.

 

Cela ne peut durer. En 1794, il est emprisonné. Auparavant, Vidocq aura eu le temps d'être colporteur, marin, contrebandier, officier instructeur, soldat de l'an II, palefrenier, faussaire, hussard, maître d'armes, et sans doute de prendre part aux activités des redoutables « chauffeurs du Nord »... Il ne lui reste plus qu'à devenir le forçat et l'évadé récidiviste le plus célèbre de France.

 

Et soudain, le malfrat décide de se « ranger ». Fort de sa connaissance du « milieu », il offre sa collaboration à la police en échange de son amnistie. Le « mouchard » se distingue si bien qu'en 1811 il est nommé chef de la Brigade de sûreté. Génie du crime et génie de l'enquête, Vidocq en fera la meilleure police de France. Les régimes successifs ne s'y tromperont pas, qui sans scrupule auront recours à ses services - même si, depuis 1827, Vidocq s'est mis à son propre compte, inventant le métier de détective privé.

 

Il ne lui reste, pour entrer dans la légende, qu'à rédiger ses Mémoires, saisissant tableau de la pègre sous l'Empire et la Restauration. Hugo, Balzac, Sue, Nodier, Dumas y puiseront allégrement, sans craindre de tarir cette source extraordinaire... et parfois extravagante, sur laquelle reposent pourtant la plupart des « vies de Vidocq ».

 

Menant un travail de contre-enquête, interrogeant les archives et les témoignages d'époque, Bruno Roy-Henry restitue le Vidocq véritable, aventurier visionnaire, miraculé du bagne et premier « flic » de France.

 

    * Broché: 400 pages

    * Editeur : L'archipel (5 septembre 2001)

 

 

Vidocq : Le Napoléon de la police

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-27490666.html

 

Les ruses de Vidocq

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-29009034.html

 

L'argot des voleurs

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-26352439.html

 

Naissance de la police privée

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-26451773.html

 

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