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« On en revient donc aux faits : je me suis trouvé mêlé à une affaire de meurtre. Par un beau matin de février, un peu froid mais lumineux, je suis descendu dans la rue armé d’un pistolet, et j’ai tué trois personnes. C’étaient apparemment des gens que je ne connaissais pas, et qui ne m’avaient rien demandé. Ils étaient des êtres humains, moi aussi peut-être, et ça ne se passait pas trop mal. Ensuite les cinquante-quatre témoins ont compté sept ou huit coups de feu. Moi j’ai vu les rosaces de cervelle jaillir sur le trottoir. La rue brusquement cathédrale. Les grandes orgues qui se mettaient en marche. » Oscar Waldo Andreas Nexus est condamné à perpétuité, puis transféré à la clinique Bentlam et placé sous la surveillance du docteur Joachim Traumfreund. L’affaire semble classée, sauf pour Samuel Drake, le gouverneur de la région de Regson, dont la maîtresse a trouvé la mort dans la fusillade. Pour lui, Nexus n’a été que l’instrument de gens qui voulaient lui porter un coup, l’affaiblir à un moment décisif et l’empêcher d’être réélu. Convaincu d’un complot politique, il charge Paulus Rilviero d’en apprendre un peu plus. Ce dernier a la discrétion pour seule consigne. Ici, le suspense est permanent, tant Vincent Message s’est forgé une écriture élégante et précise, où se mêlent la force de l’imagination et le poids du réel. Habile à multiplier les points de vue, à alterner les récits et à croiser les différences, l’écrivain électrise, et c’est véritablement du grand art. Les Veilleurs s’impose comme l’un des plus stupéfiants romans de cette rentrée.

 

Vincent Message est né en 1983 à Paris. Les Veilleurs est son premier roman.

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