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Document archives - En 1731, le village champenois de Songy découvre une créature extraordinaire. Depuis Remus et Romulus, élevés par la louve, jusqu'à  la jeune femme retrouvée en janvier dans la jungle cambodgienne, les enfants sauvages ont toujours fasciné.

 

En septembre 1731, une jeune fille " sauvage " est aperçue pour la première fois dans les environs du village de Songy, à  quelques lieues de Châlons-en-Champagne. Des villageois la découvrent grimpée dans un arbre où elle dérobe des pommes : pieds nus, habillée de haillons, le corps tout noir, armée d'une courte massue. Croyant voir le diable en personne, ils envoient un bouledogue pour la déloger. L'animal est tué au sol, d'un unique et précis coup de massue, par la sauvageonne descendue de son arbre, qui s'enfuit en se balançant de branche en branche.

 

Le noble du village, M. d'Epinoy, ordonne qu'elle soit capturée. Appâtée avec une anguille, elle est saisie et emmenée dans sa propriété. Après avoir subi plusieurs bains, sa peau devient blanche. La captive est examinée avec attention. On lui donne environ 18 ans. Tout en elle paraît extraordinaire. Ceux qui l'observent notent des capacités physiques étonnantes : son agilité, la rapidité de sa course, la vigueur de sa nage, sa résistance au froid. Les pouces de ses mains sont remarquables. Très développés par rapport aux autres doigts, ils lui permettent de s'accrocher aux branches. Son comportement face à  la nourriture frappe tous ceux qui l'approchent. Sa manière violente de dépecer et de manger cru, sans mâcher, poulets, grenouilles, poissons, morceaux de boeuf, effraie. Elle dépouille un lapin en un clin d'oeil et l'avale, entrailles comprises.

 

De même, sa facilité à  chasser et pécher à  mains nues fascine. Elle peut rejoindre à  la course lièvres et lapins et les attraper. Un jour qu'elle ne trouve pas ce qu'elle aime sur la table, elle part comme un éclair, court par les fossés et les étangs et rapporte des grenouilles vivantes dans son tablier que, tout heureuse, elle présente aux convives. Mais l'assemblée affolée jette au sol les grenouilles qui sautent partout. Déconcertée, Marie-Angélique ramasse avec soin tous les batraciens et les remet dans les assiettes !

 

On raconte que, pour boire, elle absorbe le liquide comme une vache, à  quatre pattes. Elle manifeste une véritable aversion à  être touchée. Si un individu, notamment de sexe masculin, s'y risque, les témoignages rapportent qu'elle pousse alors de terrifiants cris perçants formés dans la gorge sans mouvements des lèvres, ou même qu'elle le frappe violemment. Un jour, elle étrangle presque un soldat trop empressé. Ses yeux sont décrits comme étant d'une mobilité inconcevable, ce qui lui permet de voir de tous côtés sans tourner la tête.

 

M. d'Epinoy, son hôte, apprécie la compagnie de la jeune femme. Il s'y attache, et elle se laisse apprivoiser. Toutefois, dès octobre 1731, afin d'éviter des fuites répétées qui la mettent en danger, M. d'Epinoy, en accord avec M. de Choiseul, l'évêque de Châlons, et M. de Beaupré, intendant de la province, se résout à  la placer à  l'hôpital municipal de Saint-Maur, près de Châlons.

 

Les symptômes de son " animalité " dérangent la société qui l'observe. Ainsi, son goût pour le sang de lapin et les viandes crues la fait-il passer pour un " vampire ". Les annales historiques de la ville de Châlons font état d'une rencontre - qui faillit mal tourner - entre Marie-Angélique et une jeune femme très grosse venue la voir. Selon les auteurs, " la sauvage " voit la visiteuse en train de dévorer un poulet et la regarde avec des yeux avides. Celle-ci croit qu'elle convoite la bête. Mais le récit rapporte que Marie, se faisant la plus grande violence, avoue que ce n'est pas le gallinacé l'objet de son appétit mais la femme, et qu'" on eut juste le temps de la lui retirer " ! Quelle est la part de l'autosuggestion dans ce récit ?

 

Toujours est-il que la question de son alimentation est un des premiers objectifs de ses éducateurs. La jeune fille carnivore doit devenir un être policé. Désormais, ses nourritures de prédilection, viandes crues, feuilles, racines, lui sont interdites au profit d'aliments cuits, de pain, de sel, de vin. Ce nouveau régime, comme la vie sédentaire, provoque une dégradation de son état de santé. Ses dents et ses ongles tombent (ils sont conservés comme autant de curiosités). Ses forces s'amenuisent, son corps s'affaiblit. Elle se plaint de douleurs insupportables au ventre, à  la gorge. On craint même pour sa vie. On décide de la baptiser au plus vite, comme le mentionnent les registres locaux à  la date du 16 juin 1732. La jeune sauvage reçoit les prénoms de Marie-Angélique Memmie (premier évêque de Châlons) et pour nom Leblanc.

 

On retrouve ensuite la jeune femme pensionnaire dans des couvents à  Châlons et à  Paris. Dès lors, son " humanisation " se fait, son éducation peut commencer. Elle subit l'apprentissage des tâches domestiques et de la couture selon le modèle ordinaire réservé aux femmes. Le tout dans le silence, l'immobilité, la soumission du corps. On peut aisément évaluer la dureté d'une telle initiation pour un être dont l'ordinaire est d'exercer la souplesse de ses muscles et l'excellence de ses capacités physiques. On entreprend aussi de lui enseigner le français et de l'instruire dans la religion catholique. Ses progrès rapides en matière de langage - qui s'expliquent sans doute par le fait qu'elle avait dix ans quand elle s'est enfuie et qu'elle n'était pas seule - permettent de reconstituer partiellement son passé. Elle raconte avoir vagabondé en compagnie d'une autre jeune fille, se construisant des abris dans les arbres, s'exprimant par des gestes, des grognements, des sifflements. Après une dispute, elle aurait blessé sa compagne avec sa massue ; certains récits ultérieurs affirment même qu'elle l'a tuée ; d'autres, dévorée ! Toujours est-il qu'effrayée par son geste, elle se serait sauvée avant d'être retrouvée à  Songy. Tout cela se révélera totalement faux, au fil des enquêtes menées ultérieurement.

 

Grâce aux deux articles parus dès décembre 1731 dans le Mercure de France, l'histoire de la jeune fille sauvage de Champagne se répand dans la capitale puis dans toute l'Europe. Elle devient une attraction, à  l'image des monstruosités naturelles montrées dans les foires. Nombreux et variés sont les esprits curieux qui prennent le chemin de Châlons. En 1737, la reine de Pologne, mère de la reine de France, Marie Leszczynska, écrit à  sa fille en faveur de Marie-Angélique. Le duc d'Orléans, le fils du Régent, homme d'une grande curiosité, la visite de retour de Metz. En 1744, il prend la jeune femme sous sa protection et lui accorde une pension de 600 livres par an. A la même époque, une domestique en gagne environ 200. Marie-Angélique se rend ensuite dans la capitale pour, semble-t-il, y prendre le voile.

 

En 1750, on la trouve mentionnée dans le Journal des nouvelles catholiques comme une pensionnaire née " sauvage ", appartenant aux Nouvelles Catholiques de la rue Saint-Anne à  Paris. En 1751, elle entre au couvent de Sainte-Perrine à  Chaillot, qu'elle quitte en 1752, quand la mort de son illustre bienfaiteur la prive de tout revenu financier. Elle est alors en très mauvais état de santé, mais confiante et portée, selon ses dires, par la foi en Dieu.

 

La curiosité qu'elle continue de susciter lui permet de conserver des relations dans la haute société parisienne. En septembre 1755, dans la maison de Mme de Luynes, elle rencontre la reine de France pour une audience d'une heure. Cette dernière lui fait cadeau de quelques louis d'or. Par la suite, elle se retrouve à  nouveau sur la liste de ceux qui reçoivent une pension royale. Elle meurt le 15 décembre 1775. L'inventaire après décès prouve qu'elle est alors relativement aisée et apprécie vêtements de soie noire et velours. Les vingt chaises présentes dans son appartement témoignent aussi des visites régulières dont elle n'a cessé d'être l'objet jusqu'à  la fin de sa vie. Mlle Leblanc ne s'est jamais mariée mais est parvenue à  s'insérer dans la société parisienne de son temps. Les articles du Mercure de France constituent les premiers récits sur la découverte de cette jeune fille.

 

Un nouvel ouvrage, L'Histoire d'une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à  l'âge de dix ans, dont l'auteur est Mme Hecquet, paraît en 1761. Il semble bien que ce nom soit le pseudonyme emprunté par le scientifique Charles-Marie de La Condamine. Le naturaliste la rencontre en septembre 1747, alors que la langue française est relativement familière à  la jeune femme, et converse avec elle. A la fin du récit, la question de ses origines est développée. Marie-Angélique dit ne conserver aucune mémoire de ses parents. De son pays, elle évoque des huttes couvertes de neige où l'on se tient à  quatre pattes : elle parle de l'habitude de monter aux arbres pour se protéger des bêtes féroces et repérer les proies. Elle se rappelle aussi avoir vu dans l'eau une grosse bête avec une tête ronde et de grands yeux étincelants qui nageait avec deux pattes comme un chien. La couleur de son poil court et gris noirâtre, fait penser au loup marin, expression qui désigne alors le phoque commun de ces régions.

 

Selon La Condamine, le goût de Marie-Angélique pour la nage dans les eaux froides, son habileté à  pécher le poisson à  mains nues, son appétit pour le poisson cru, sa peau blanche laissent à  penser qu'elle serait née Sioux dans la région du Wisconsin. De là, elle aurait été amenée par une femme française au Labrador, puis en France. Elle se serait ensuite enfuie et aurait survécu dans les bois des Ardennes avant d'être aperçue en Champagne. Pour certains, l'appétence et les cris de joie qu'elle manifeste à  la vue d'une racine de manioc confortent l'idée selon laquelle elle aurait transité par les Antilles avant d'arriver en Europe. Cette hypothèse se trouve corroborée par le fait qu'elle assure elle-même " avoir passé deux fois la mer " à  bord d'un vaisseau.

 

Aujourd'hui, après plusieurs années d'enquête au Canada, à  Marseille et à  Châlons, un chercheur anonyme a reconstitué l'histoire de Marie-Angélique. Elle naît en 1712 dans la tribu indienne des Renards entre le lac Michigan et le Mississippi. En 1718, elle est offerte comme butin de guerre à  une riche Française du Canada, Mme de Courtemanches, qui vit au Labrador. Le 12 septembre 1720, la famille embarque, avec une petite Noire, sur un morutier, l'Aventurier, pour la France. Pris dans la tempête, attaqué par les Barbarbaresques, le navire accoste à  Marseille le 20 octobre, en pleine épidémie de peste. En novembre 1721, pour une raison mal connue (peut-être un viol) Marie-Angélique et la petite Noire s'enfuient. Dix ans plus tard, on les retrouve à  Songy. Un chasseur les découvrant tire sur elles, tuant la jeune Noire. La survivante est capturée

 

Par Françoise Labalette

 

 

Repères

 

- 1724

 

Peter, l'enfant sauvage de Hameln (Allemagne).

 

- 1767

 

Une fille-ours apparaît en Hongrie.

 

- 1800

 

Victor de l'Aveyron, dépeint dans le film de François Truffaut, L'Enfant sauvage.

 

- 1828

 

Kaspar Hauser en Allemagne, héros du film éponyme de Werner Herzog.

 

- 1920

 

Amala et Kamala, deux fillettes-louves, sont découvertes en Inde.

 

- 2003

 

Deux garçons de 16 et 22 ans, William et Thomas Green, découverts dans l'Ouest canadien.

 

- 2004

 

Andrei, un garçon de 7 ans, élevé par un chien dans l'Altaï (Sibérie).

 

- 2007

 

Rochom P'ngieng, 27 ans, disparue pendant 19 ans dans la jungle cambodgienne.

 

 

En complément

 

Les Enfants-Loups. Tome 2. Marie-Angélique, de Serge Arolès (Terre-Editions, 2004).

L'âme est-elle soluble dans la nature ?

 

Le cas de la fille de Champagne donne matière à  réflexion aux philosophes et aux scientifiques du siècle des Lumières. On sait combien les penseurs interrogent le rapport au bon sauvage et à  l'homme de la nature. Carl Von Linné fournit la première recension des hommes ensauvagés. Marie-Angélique y est désignée comme la Puella campanica. Louis Racine, septième fils de Jean Racine, poète de sensibilité janséniste, consacre de longues réflexions au cas de l'adolescente, dans son Epître II sur l'homme. On sait qu'il l'a rencontrée. Il voit dans " cette étonnante fille... un triste exemple de ce que nous serions sans l'éducation et la société ". Il interprète son passé brutal, ses moeurs d'alimentation bestiales, voire cannibales, la rumeur du meurtre de sa compagne, comme un vestige du péché originel. Selon lui, la preuve est faite que seules des pratiques éducatives répressives peuvent juguler, contraindre et éradiquer la violence primitive. Le philosophe Julien Offray de La Mettrie, qui appartient au courant de pensée des matérialistes, déclare qu'il faut tout accepter de la nature et qu'il n'y a pas de supériorité de l'humain sur l'animal. Des animaux connaissent des " sentiments humains " et des humains commettent des cruautés dépassant les horreurs du monde animal. Avec L'Homme-Machine, La Mettrie place Marie-Angélique dans cette dernière catégorie. Il la présente comme une meurtrière qui tua et dévora sa soeur, aux côtés d'autres criminelles tout aussi monstrueuses. Pour Rousseau et ses disciples, l'homme se caractérise et se distingue de l'animal par sa perfectibilité. Ce sont ses propres efforts qui le civilisent au sein de ses semblables. Sans conditions propices au développement de ses facultés naturelles, l'homme ne progresse pas. L'auteur du Discours sur l'origine de l'inégalité loue la résistance d'un corps habitué à  toutes les rigueurs de la vie agreste, capable de vaincre les maladies et les animaux les plus féroces, résistance perdue, selon lui, par le corps civilisé. De ce point de vue, il est clair que Marie-Angélique a prouvé la capacité perfectible de l'homme dans le même temps où elle a subi une détérioration physique du fait de son humanisation. La société pensante du XVIIIe siècle éprouve une véritable horreur face au débordement de l'humain par le bestial. Cette ambivalence perdure au siècle suivant. Le scandale que provoque la publication de De la descendance de l'homme par Charles Darwin en 1871, mettant en évidence notre filiation commune avec les grands singes, le prouve.

 

L'enfant sauvage de Champagne

01/08/2007 Historia

http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=19097

 

Crédit photographique : la couverture du livre de Serge Aroles

 

 


 

 

L'Enigme des Enfants-Loups (Relié)

de Serge Aroles (Auteur)

Relié: 306 pages

Editeur : Publibook (15 novembre 2007)

 

 

Présentation de l'éditeur

 

L’un des mythes qui accompagnent les civilisations humaines depuis ses balbutiements est celui de l’enfant sauvage élevé par des animaux. Les variations de ce paradigme sont nombreuses, allant de l’enfant-singe à l’enfant-loup, en passant par l’enfant-gazelle. Ce qui ne cesse donc de frapper, c’est la formidable pérennité de cette figure et l’intense prolifération de ces cas de par le monde jusqu’à la première moitié du XXe siècle. Des récits mythologiques à la découverte de Ramu en 1954, l’enfant sauvage hante nos imaginaires, émerge dans nos légendes, traverse nos récits littéraires, journalistiques et même filmiques. Tout simplement, il nous fascine, peut-être parce qu’il fonctionne comme autant de miroirs inverses et archaïques d’une humanité en perpétuel progrès. Toutefois, ces cas d’enfants sauvages, et plus précisément d’enfants-loups, résistent-ils à une minutieuse enquête scientifique ? Le fait qu’une louve prenne en charge les soins d’un petit d’homme est-il seulement envisageable ? Par-delà les siècles et les distances, Serge Aroles entreprend donc, avec méthode et patience, de lever le voile sur ces enfants troublants.

 

L'auteur vu par l'éditeur

 

L'auteur, chirurgien, qui a mené ces enquêtes entre 1995 et 1998 sur quatre continents, présente la toute première explication scientifique relative aux enfants-loups, nourrissons recueillis par une louve. Ses recherches portent désormais sur les antiques manuscrits éthiopiens, thème à haute controverse politique, l'Ethiopie se présentant comme l'unique pays d'Afrique, continent dit de ""tradition orale"", qui eût créé et perpétué une écriture - celle de l'Egypte pharaonique étant éteinte."

 

 


 

Enfants sauvages : Approches anthropologiques

Lucienne Strivay

Broché: 445 pages

Editeur : Editions Gallimard (23 février 2006)

Collection : Bibliothèque des Sciences Humaines

 

Présentation de l'éditeur

 

Pourquoi les enfants que l'on dit avoir été adoptés par des animaux, qui ont connu le traumatisme d'un isolement total dans la nature ou une claustration prolongée suscitent-ils tant de fascination ? D'où vient, par exemple, que la presse d'aujourd'hui ait trop rapidement tendance à parler d'enfant sauvage à propos de cas de maltraitance ou de marginalisation d'un jeune, quand l'anthropologie ne semble plus s'en préoccuper ? On n'a pas toujours ni partout parlé d'enfant sauvage. C'est surtout en Occident, pendant deux ou trois siècles (du XVIe au XVIIIe), qu'il est au cœur d'une recherche sur la nature de l'homme, sa sensorialité, sa stature, sa subsistance, la nécessité ou non de sa vie sociale, son esprit ou son langage. Qu'est-ce donc qui a pu faire émerger comme un modèle, impliquant l'ensemble des connaissances - philosophie, science politique, droit, histoire naturelle, médecine et psychologie -, ce qui n'était resté longtemps qu'une curiosité assez anecdotique et qui a fini par redevenir un fait divers se demande l'anthropologue Lucienne Strivay. ?  Sans refaire une histoire critique des témoignages, ni trancher l'alternative sommaire entre sauvagerie et déficience mentale, elle entreprend ici l'archéologie conceptuelle de cette figure essentielle. Comment est-on passé de la fable, des mythes, des contes, des textes sacrés ou des hagiographies, ou encore des curiosités naturelles, au questionnement sur les origines : celles des langues, des sociétés, de la culture, de l'homme ? Comment les enfants sauvages ont-ils été utilisés par la pensée occidentale comme un instrument de projection jusqu'à représenter la faille ou la caution des valeurs de la culture ?

Détails sur le produit

 

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