Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Au cœur de la vieille ville de Beaune, en Côte d'Or, se trouve ce que chaque beaunois nomme " la Charité ". Il s'agit d'un ensemble architectural du 17ème  siècle où vivaient des religieuses de l’ordre éponyme. Aujourd’hui, les bâtiments abritent une maison de retraite et un centre de guidance infantile. Installé dans les lieux depuis 20 ans, ce dernier remplit la fonction d'hôpital de jour pour des enfants qui souffrent de troubles divers.

Ce documentaire suit le travail des thérapeutes au quotidien, dans les ateliers avec les enfants, et se fait le témoin des espoirs, des souffrances, des moments tendres ou plus difficiles.

Questions à Rémy Batteault

Question : D’où vient l’idée de ce documentaire ?

Maryse Ginet, cadre de santé au CGI, m’a proposé ce sujet après avoir vu Charcuterie Fine. Lorsque j’ai visité pour la première fois cet établissement, rencontré les thérapeutes, les enfants, j’ai tout de suite trouvé matière à un documentaire de création. En effet, comme beaucoup j’avais des idées toutes faites sur la psychiatrie infantile. Fréquenter le centre durant la longue préparation du film m’a montré à quel point la prise en charge précoce des petits, qui peuvent souffrir de troubles plus ou moins importants, est importante. Les thérapies, qui passent beaucoup par le jeu mais aussi par une véritable rencontre à travers la parole, m’ont également beaucoup impressionné. L’équipe du CGI est essentiellement féminine, et l’implication des thérapeutes, des infirmières en pédopsychiatre, valait la peine d’être montrée dans un documentaire.

Question : Quels obstacles avez-vous rencontré ?

Il a fallu plus d’un an avant de pouvoir filmer. Bien entendu, avec un sujet sensible comme celui-là, il était hors de question de forcer les choses. Rencontrer les familles, convaincre l’administration hospitalière, le corps médical ainsi que l’équipe soignante du CGI, tout cela a pris du temps. Un temps qui a nourri le film. L’implication de Frédéric Tyrode, le producteur, ainsi que celle de Marie-Thérèse Montalto de France 3 Bourgogne et au soutien important de la région via l’aide à la production, tous ces éléments ont permis à cette aventure compliquée de voir le jour. Sur le tournage j’avais décidé de limiter l’équipe à deux personnes : un preneur de son et moi-même au cadre. Il fallait se faire accepter des enfants et des thérapeutes, entrer doucement dans les séances de soin, être là comme une présence attentive et discrète. Par ailleurs, le montage fut une partie délicate dans la fabrication. Avec Laurence Hennion, ma monteuse, nous avons beaucoup réfléchi pour donner au film une structure particulière, pour faire ressentir le temps qui passe, l’évolution des enfants, la difficulté de la thérapie. Le mot d’un parent, témoin de la confiance qu’il m’accorde, m’a particulièrement touché et m’a guidé durant toutes les étapes du documentaire : « j’accepte que vous filmiez mon enfant car je veux que, dans plusieurs années, il soit fier de lui lorsqu’il verra le documentaire en mesurant tout le chemin parcouru ».

Question : Qu’est-ce que ce documentaire peut apporter ?

Tout d’abord faire découvrir une facette de la thérapie liée à l’enfance. Ce n’est en aucun cas un documentaire médical, plutôt un film qui donne à ressentir. Dans l’idéal, j’aimerais que ce film agisse comme un « décomplexant » auprès de familles qui, peut-être, se trouvent dans des situations compliquées avec un enfant et qui ne savent pas trop comment faire. Si ce documentaire permet à ces personnes de franchir le seuil d’un établissement comme le CGI, le pari sera gagné.

Voir un extrait


Vivre et grandir de Rémy Batteault

0h10 sur France 3 le lundi 05 octobre 2009

http://bourgogne-franche-comte.france3.fr/emissions/36796813-fr.php

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article