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« Moreau, chevalier de l'humanité ». Telle est l'épitaphe que le tsar Alexandre Ier fit graver sur la tombe où repose le vainqueur de Hohenlinden (1800) dans la crypte de l'église Sainte-Catherine des Français à Saint-Petersbourg.


Républicain libéral et patriote convaincu, Jean-Victor Moreau, ancien général en chef de l'armée du Rhin, n'a jamais trahi la France, contrairement à ce que s'efforcèrent d'accréditer Napoléon et les inconditionnels de sa gloire.

Injustement exilé aux Etats-Unis après un procès inique, Moreau ne songea qu'à servir son pays et cela, jusqu'à son dernier souffle. Il obtint même du tsar Alexandre, dont il devint le conseiller militaire, l'engagement formel que la France conserverait, quoiqu'il arrive, ses frontières naturelles.


Napoléon, le considérant comme un rival dangereux, beaucoup trop populaire et indépendant, puisqu'il refusait de cautionner son pouvoir personnel, le poursuivit sans cesse de sa vindicte. Il s'acharna même, au-delà de la mort de Moreau, intervenue à la bataille de Dresde en 1813, à ternir l'image de ce dernier et à persécuter sa famille.


Frédéric Hulot, rétablissant la vérité historique, brosse ici le portrait d'un soldat d'exception n'éprouvant aucun goût pour l'intrigue, dénué de toute ambi
tion politique. Disparu trop tôt, il n'est pas interdit de penser que le destin lui aurait réservé, dans les années difficiles qui suivirent l'effondrement de l'Empire, un rôle de premier plan. Louis XVIII fit remettre à sa veuve le bâton de maréchal de France.

 

Le général Moreau, adversaire et victime de Napoléon 

Auteur : Frédéric Hulot

Editeur : Pygmalion

Collection : Grands Visages Histoire

Date de parution : octobre 2001

EAN13 : 9782857047223

Genre : Guerres napoléoniennes (1800-1815)

 


27 août 1813: Le général Moreau à Dresde ou la fin d'un traître

 

 

 

Ecoutons les paroles du Colonel d'artillerie Noël, alors major, engagé à la bataille de Dresde: "... Le lendemain c'est à notre tour de prendre l'offensive. L'ennemi, sous le coup de son échec, se tient sur la défensive. Connaissant son adversaire, il s'attend bien à être attaqué. La tâche pour nous n'est pas facile. L'ennemi, outre qu'il nous est bien supérieur en nombre, occupe sur les hauteurs d'excellentes positions, ses deux ailes appuyée à l'Elbe, à gauche et à droite. Il nous faut le débusquer des hauteurs et le rejeter sur les montagnes de la Bohême d'où il est sorti, sa seule ligne de retraite, et dont le général Vandamme doit lui fermer l'accès. Il fait un temps affreux, il a plu toute la nuit. Nous sommes mouillés jusqu'aux os et un épais brouillard couvre par moment tout le pays. Comme nous sommes les assaillants, ce brouillard nous est favorable, en ce qu'il dérobe à l'ennemi nos dispositions d'attaque. L'Empereur porte ses principales forces sur ses ailes, et, pour tromper l'ennemi, commence l'action, vers six heures du matin, par une violente canonnade au centre. Il surveille en personne le feu, et pour en activer encore la violence, il fait avancer l'artillerie de la garde. Une de ces batteries tire sur un groupe de généraux et d'officiers supérieurs qu'on aperçoit par intervalles, sur la hauteur, et un de ses boulets coupe les jambes du général Moreau, qui se trouve parmi eux. Triste fin pour un officier français, si glorieux, et qui, après avoir rendu de grands services à son pays, s'est laissé entraîner, par une jalousie et une haine personnelles, jusqu'à porter les armes contre lui et contre ses anciens frères d'armes, qui lui avaient pourtant conservé une vive sympathie. Le général Moreau, excellent général, ne peut pourtant pas, pour le génie militaire, être comparé à Napoléon. On n'a, pour en juger, qu'à comparer la campagne de l'armée du Rhin à celle de l'armée d'Italie. En dehors des choses de la guerre, c'était un caractère incertain, et il s'est laissé entraîner par les mauvais conseils de Bernadotte. A son tour, il a entraîné son ancien aide de camp Rapatel, qui, lui, fut tué d'une balle française à La Fère-Champenoise. Un boulet pour le général, une balle pour l'aide de camp, c'était la récompense de leur honteuse conduite. Lorsque, quelques jours après, on connut à l'armée la mort de Moreau, elle y causa plus de satisfaction que de regrets, malgré les bons souvenirs qu'il y avait laissés. On ne lui pardonnait pas de s'être joint à nos ennemis et de les avoir aidés de ses conseils. Si Moreau n'eût été tué à Dresde, il aurait continué à se battre contre nous ; il serait entré à Paris à la droite d'Alexandre, serait devenu un des hauts dignitaires des Bourbons, et son nom serait flétri comme celui du traître Marmont. Sa mort lui a fait pardonner sa conduite, et aujourd'hui on ne compte plus se souvenir que des services rendus."

Souvenirs d'un officier du Premier Empire (1795-1832). Colonel NOEL, Editions "A la Librairie des Deux Empires

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