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4. Parcours d'un condamné définitif au bagne colonial - « Au dépôt de Saint-Martin-de-Ré, comme les règlements le prévoient quinze jours avant le départ, les forçats sont mis au repos, les ateliers fermés, les promenades plus longues, et la nourriture est améliorée. Au jour fixé, les condamnés se rassemblent dans la cour en rangs par quatre. L'appel se déroule interminablement. Les fortes têtes sont extirpés de leurs cachots au dernier moment. Tous les gardiens du dépôts, les surveillants militaires qui font le voyage, une compagnie de soldats et les gendarmes encadrent le convoi. Les journaux annoncent toujours le départ. La route jusqu'au port est souvent pleine de monde : des habitants de la petite île, des curieux, des journalistes, des parents. Dans la foule, des femmes en pleurs font des adieux de la main. Sur le port, les fenêtres des maisons attenantes au débarcadère doivent être fermés et les volets clos sous peine d'amendes. »1

 

1 Michel Pierre, Bagnards, La Terre de la grande punition – Cayenne 1852-1953, Les Éditions Autrement, 2000.

 

ctadelle-1.jpg

Les paquetages ayant été vérifiés une dernière fois, un matin à l'aube,

comme un jour de guillotine, par rangs de quatre,

les condamnés se rassemblent dans la cour du fort.  PP 

 

ctadelle-2.jpgL'appel se déroule, interminable; chacun est conscient

qu'il s'agit d'un voyage sans retour. Souvent, sous des airs bravaches,

les yeux brillent de larmes difficilement contenues. PP

 

ctadelle3.jpgTous les surveillants du dépôt, les surveillants militaires qui font le voyage,

une compagnie de marsouins de Rochefort et des gendarmes encadrent

le convoi. PP

 

ctadelle4.jpgctadelle5.jpg

 

Sources



 

http://www.decitre.fr/gi/37/9782756400037FS.gifNapoléon III voulut purger la France de ses mauvais garçons et des délinquants qui l'encombraient.


Deux grandes colonies pénitentiaires destinées au peuplement se développèrent alors rapidement : la Nouvelle-Calédonie et la Guyane. En un siècle, près de 100 000 hommes et femmes furent transportés dans ces contrées éloignées et hostiles. Nombre de ces forçats, qui étaient loin d'être des criminels chevronnés, n'avaient pas mérité de vivre un tel calvaire pour peupler la " terre de la grande punition ".

Beaucoup furent éliminés par la violence, par les travaux forcés dont témoigna Albert Londres, par le vice et la maladie. Et, parmi ceux qui purgèrent leur peine, peu revirent la France. C'est l'histoire de ces êtres, hauts en couleur, en turpitudes et en misère, que Pierre Dufour nous raconte ici. Aujourd'hui, les vestiges de ces bagnes, dans les îles du Salut ou à Saint-Laurent-du-Maroni, continuent à parler au visiteur : y subsistent encore quelques témoins qui entretiennent la mémoire orale de ces lieux de douleur, dans les bistrots de Cayenne, de Kourou ou de Saint-Laurent ...


http://ecx.images-amazon.com/images/I/51ST46XHMPL._SS500_.jpgLes premiers condamnés arrivèrent en 1852, les derniers en 1938. Transportés, relégués ou déportés, ils furent près de 70000 à subir leur peine en Guyane, relevant tous d'une loi différente. Leur univers pénitentiaire une étendue de terre du Maroni à l'Oyapock, non loin de l'équateur, en bordure de la forêt amazonienne, entre Surinam et Brésil. Leurs bagnes s'appelaient Cayenne, les îles du Salut, Kourou, Saint-Laurent, Saint-Jean, Charvein...

Commencé dans l'utopie du rachat par le travail forcé, le siècle des bagnards se poursuit par la seule volonté d'exclure, d'exiler, d'éliminer, et s'achève dans un bilan tragique. Dossiers, témoignages, archives, récits racontent la vie et la mort d'hommes et de femmes dont la justice française se débarrassa loin de ses côtes.

Certains noms appartiennent déjà à la mémoire collective Dieudonné de la bande à Bonnot, le capitaine Dreyfus, Seznec, Papillon et combien d'autres relevant de l'expression "tu finiras au bagne".

À l'heure où la France s'interroge sur la punition, la prison et le système pénal, cet ouvrage fouille l'histoire des bagnes de Guyane, en éclaire la genèse, en restitue la vie quotidienne et en décrit les vestiges.

 

1Collection privée de cartes postale de Philippe POISSON - La Rochelle - Saint-Martin-de- Ré - Embarquement de forçats - navires de transport, etc. 

Poisson (Philippe) | Criminocorpus. Le portail sur l'histoire de la ...

4. Parcours d'un condamné définitif au bagne colonial - Document à usage pédagogique uniquement. PP.


3. Parcours d'un condamné définitif au bagne colonial

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2. Parcours d'un condamné définitif au bagne colonial

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