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http://mapage.noos.fr/moulinhg01/Histoire/france.19.39/images.france.1930/lepop.jpgLes effets de la crise économique, la désillusion des anciens combattants, l’instabilité ministérielle chronique provoquent le mécontentement de toutes les couches de la société et un regain de l’antiparlementarisme latent. Cet antiparlementarisme trouve un aliment dans la dénonciation des scandales financiers dont le plus important, l’« affaire Stavisky », se traduit par la chute, le 27 janvier 1934, du gouvernement Chautemps.


L’exaspération d’une partie de l’opinion est exploitée par les ligues qui s’affirment patriotes, anticommunistes et traduisent une aspiration en faveur d’un pouvoir fort. Une mesure prise par le nouveau cabinet Daladier va être à l’origine de l’explosion : la révocation du préfet de police Chiappe, honni par la gauche en raison de ses sympathies supposées à l’égard des ligues. Des milliers de manifestants répondent, le 6 février, à l’appel des ligues et se rassemblent aux Champs-Élysées, à la Concorde, autour de l’Opéra, avec l’intention de marcher sur le Palais-Bourbon, à l’heure où le gouvernement Daladier se présente devant la Chambre. À la tombée de la nuit, des heurts très durs opposent les manifestants à la garde municipale à cheval. Les forces de police sont rejetées sur le pont de la Concorde. Menacés d’être submergés, les gardes mobiles ouvrent le feu. Un deuxième assaut se solde par une nouvelle réaction sanglante et, pendant toute la nuit, des affrontements d’une extrême violence opposent les manifestants aux policiers. À l’aube, on compte 17 morts.

Le cabinet Daladier démissionne. Le président Lebrun fait appel à Doumergue, qui constitue un gouvernement de « concentration nationale ». Les conséquences du 6-Février n’en sont pas moins considérables. Pour la gauche, la journée s’identifie à une tentative de putsch, même si les ligues n’ont à aucun moment envisagé une prise du pouvoir. Tout au long de février, radicaux, socialistes, communistes organisent des manifestations contre la « menace fasciste ». Le clivage entre la droite et la gauche se renforce et va jeter les bases du Front populaire.

http://www.historia.fr/content/evenements/article?id=29226

 

 

 

 

http://www.ladiffusiondulore.fr/55-105-large/6-fevrier-1934.jpgDocument 2000 - 6 février 1934 ...La colère de Paris n'aurait jamais dû prendre le gouvernement au dépourvu. Il y a un long mois, déjà, que les mouvements de - Croix-de-Feu, Jeunesses Patriotes, Camelots du Roi- manifestent contre le monde politique, soupçonné de protéger les complices de l'escroc Stavisky. Déjà le gouvernement de Camille Chautemps est tombé sous la pression de la rue. Edouard Daladier, successeur de Chautemps, entend agir " vite et fort ". Si vite qu'il décide un mouvement administratif, d'une ampleur exceptionnelle, sans attendre le vote de confiance du Parlement. Si fort que la colère des Parisiens en est décuplée : ils ne veulent pas que parte leur préfet de police Jean Chiappe ! L'enchaînement est dramatique : manifestations, répression, émeute ... Lorsque les manifestants achèvent de compter leurs morts, il apparaît bien des questions : Qui a ouvert le feu ? Qui a donné l'ordre de tirer ? Avec quelles armes ? Pourquoi tous les morts -sauf un- sont-ils des manifestants ? Etait-ce un complot ? Et si complot il y avait, les conjurés étaient-ils de la droite extrême, ou ne se cachaient-ils pas au sein du gouvernement ?


Pour répondre à ces questions, Pierre Pellissier a exploré toutes les archives accessibles, consulté tous les récits de l'époque, recherché les derniers témoins de cette journée sanglante. Ce qui lui a permis de rédiger le premier récit complet de cette tragédie, aux conséquences politiques multiples, qui solde le drame de 14-18 et marque la première étape vers l'effondrement de 1940.

6 février 1934

by Pierre Pellissier 1 edition - first published in 2000

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