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http://histoire.presse.fr/sites/default/files/imagecache/article_web_image_portrait_block_alone/content/image/portrait/aigles.jpgLe bicentenaire de la campagne de Russie offre l’occasion au Service historique de la Défense de rappeler, au-delà de l’aura de prestige qui ne l’a pas quittée depuis deux siècles, ce que fut l’Armée de Napoléon.


Au cours des dix années qui séparent Austerlitz de Waterloo, la Grande Armée est au coeur de la société du Premier Empire. D’ailleurs, il n’y eut pas une, mais deux "Grande Armée". La première est créée au camp de Boulogne par l’ordre du jour du 29 août 1805, en remplacement de "l’armée des Côtes de l’Océan". On y prépare l’invasion de l’Angleterre et la campagne d’Allemagne qui conduira jusqu’à Austerlitz (2 décembre 1805). La Grande Armée regroupe alors sept corps d’armée, qui seront dix en 1807. Elle perd son titre au moment de l’entrevue entre Napoléon et le tsar, à Erfurt en octobre 1808. Elle est recréée à la fin de l’année 1811, à la demande de l’Empereur qui prépare la campagne de Russie. Vingt nations forment ses 600 000 hommes, dont seulement une moitié de Français, ce qui fait sa singularité.


L’exposition s’ouvre sur un plan du camp de Boulogne, formidable machine de guerre destinée à envahir et à faire plier la Grande-Bretagne. On sait que Napoléon changera ses plans et surprendra à Ulm et à Austerlitz ses adversaires coalisés : sa mémorable proclamation  "J’y étais" est l’une des pièces maîtresses de l’exposition.


Les "braves" des campagnes napoléoniennes obéissent à un règlement sur l’habillement, la coiffure, les marques distinctives, le grand et le petit équipement mis en ordre et rédigé par le colonel Bardin. Les peintres et dessinateurs du temps ont immortalisé les uniformes rutilants qui ont contribué au renom de la Grande Armée, telle cette pelisse et ce gilet de hussard parfaitement conservés. La vie au campement est évoquée par des gravures et dessins, dont ceux, particulièrement évocateurs, de Carle Vernet. Les soldats - et les marins - sont parfois faits prisonniers. Un dessin contemporain représente le sort atroce que leur réservaient les pontons britanniques, une spécialité qui remonte au XVIIe siècle et qui causa la mort - quasi-organisée - d’hommes jeunes et pourtant en bonne santé, principalement des sous-officiers et de simples soldats.


Puisque la campagne de 1812 est celle qui marqua le plus profondément la courte histoire de la Grande Armée, l’exposition s’y attarde. Rien ne permettra d’imaginer ce que fut le calvaire des hommes qui firent à pied, par un hiver rigoureux, la route de retour Moscou-Paris. Une carte animée de la campagne de Russie raconte cette gigantesque et surprenante opération militaire. L’importance accordée aux communications, l’évolution des fortifications, la place du renseignement militaire témoignent de la formidable organisation matérielle et humaine qu’il fallut mettre en place.


La légende pouvait s’installer. Le Dépôt de la Guerre, ancêtre du SHD, oeuvra au long des XIXe et XXe siècles à la diffusion de la mémoire des campagnes la Grande Armée, grâce à l’impressionnant fonds documentaire qu’il possède. Pour l’occasion, la Fondation Napoléon et le musée Carnavalet ont aussi prêté leur concours et leurs collections, telle cette bénédiction quasi-crépusculaire des drapeaux devant Notre-Dame, une toile peu connue de Carnavalet.

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"Des aigles et des hommes. Sur les traces de la Grande Armée", jusqu'au 24 février 2013 au Château de Vincennes, Service historique de la Défense, pavillon du Roi.  

 

Entrée libre.

 

Pour en savoir plus sur le sujet :


Qu'allait-il faire en Russie ?, par Thierry Lentz, L'Histoire n°373, mars 2012, p. 42.

 

Pourquoi les Russes ont gagné, par Marie-Pierre Rey, L'Histoire n°373, mars 2012, p. 52.

 

À lire également :


La Grande Armée, portfolio édité par le Service historique de la Défense, 2012.

 

Par Bruno Calvès
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