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http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/8/9/6/3545020015698.jpgSynopsis : A travers l'histoire de l'industriel Salmon, fondateur des automobilistes , et de sa famille, "A droite toute" propose de suivre la montée de l'extrême droite française de 1935 à 1939, veille de la guerre. Devant la menace que représente pour lui le Front Populaire, Salmon rejoint "La Cagoule", un mouvement d'extrême droite dirigé par Deloncle. Ces hommes, tous anticommunistes et antisémites, s'organisent dans l'ombre pour renverser la République en espérant obtenir le soutien de l'armée. Mais le complot est découvert et, au ministère de l'Intérieur, le directeur de cabinet de Marx Dormoy révèle à la presse l'existence de la conspiration ... Ni Salmon ni sa famille ne sortiront indemnes de l'aventure.

A droite toute

DVD ~ Bernard-Pierre Donnadieu

 

Acteurs : Bernard-Pierre Donnadieu, Samuel Labarthe, Béatrice Agénin

  • Format : Couleur, Dolby, PAL

  • Langue : Français

  • Région : Région 2 (Ce DVD ne pourra probablement pas être visualisé en dehors de l'Europe. Plus d'informations sur les formats DVD.).

  • Nombre de disques : 2

  • Studio : La compagnie des phares & balises

  • Date de sortie du DVD : 9 février 2009

  • Durée : 200 minutes

     

Retour sur « A droite toute » à propos de l'interview de Marcel Bluwal dans le dvd

Le dvd est tout de même une bien belle chose, surtout lorsque son éditeur a compris tout ce qu’il peut tirer de ses possibilités et qu’il n’est pas uniquement obsédé que par le mercantilisme. Comme c’est le cas avec Phares et balises  dont la belle édition d’"A droite toute" en dvd (cet éditeur a aussi à son catalogues deux autres merveilles, "Le cabaret des hommes perdus" et "Bigger splash") donne l’occasion à son réalisateur,  Marcel Bluwal, sous la forme d’une interview fort bien mené, de revenir sur le tournage de son film. Ce qui permettra à beaucoup, surtout parmi les plus jeunes de découvrir un homme libre, animé de fortes convictions, clairement ancrées à gauche mais sans aucun dogmatisme, un esprit libre, comme le prouve cette sortie lors de l’entretien: « Si toute l’intelligence et le sentiment étaient à gauche, il y a longtemps que l’on aurait le pouvoir et qu’on l’aurait gardé ».


Bluwal revendique un regard froid et apaisé sur ses personnages, sans sectarisme. Mais on ne peut pas s’ empêcher de constater que pas un des cagoulards nous apparaît comme sympathique. Ils ne s’humanisent réellement que dans la seconde partie lorsque Lequesne et Salmon prennent conscience de leurs faiblesses. Mais il faut bien admettre que contrairement à bien des réalisateurs chez qui les fascistes arborent systématiquement des mines patibulaires Bluwal a choisi des acteurs dotés de physionomies plutôt avenantes pour les incarner. Le Deloncle réel était beaucoup moins avantagé par la nature que l’est Didier Besace qui l’incarne à l’écran. Comme Bluwal le constate dans l’interview, dans la rue, on ne reconnaît pas un fasciste d’un autre.


Il explique, en toute humilité, sa façon d’écrire, loin des soit disantes recettes fédératrices. Et l’on se dit que peut être que la meilleure manière de fédérer les spectateurs de la télévision est que l’auteur s’engage, prenne conscience qu’il parle de lui par le truchement de ses créatures, qu’il ose la responsabilité d’être partie prenante de sa fiction et ne pas rester frileusement en dehors.


Une des caractéristiques du film que je n’avais pas mentionnées dans mon premier billet sur “A droite toute” et que son réalisateur met en exergue dans l’entretien bonus du dvd est que, je crois pour la première fois à la télévision dans une œuvre de fiction est mis en évidence l’antisémitisme ordinaire des français d’avant 1940.


Marcel Bluwal n’est pas à une audace près lorsqu’il déclare qu’il assume le fait d’avoir fait un film à la fois épique et brechtien ce qui n’est guère à la mode ces dernières saisons.


Toute l’interview est une belle leçon de cinéma dans lequel l’homme laisse parler son cœur. A chaque instant on sent chez lui le désir de transmettre. Il montre qu’à plus de 80 ans on peut se remettre en question et réfléchir sur sa pratique professionnelle. Tout y passe, le travail sur les dialogues avec son compère Grumberg, le casting et le souci que la moindre silhouette est un “physique d’époque” (on est loin en effet des calamiteuses figurations des tournages dans les pays de l’est qui sont fatales à des films comme la pourtant intéressante biopic de Dalida), le problème des inserts des archive, la difficulté pour trouver des décors notamment celui de l’hotel particulier où vit la famille Salmon ...


Il faut bien avoir en tête l’oeuvre de Bluwal et ce qu’on lui doit tous nous les vieux téléspectateur pour qui l’ORTF a été une seconde école qui pour ma part m’a transmis deux choses, l’amour de l’histoire et celui des acteurs. Pour continuer sur ma petite personne, je dois dire que je n’ai pas été peu fier d’avoir mentionné dans mon précédent papier sur “A droite toute”, le mélodrame et Hugo lorsque j’ai entendu Bluwal déclarer: «  Le cinéma est la justification du mélo hugolien, du grand roman français ou russe du XIX ème siècle qui a donné la littérature américaine du XX ème siècle. « A droite toute » est une sorte de mélo brechtien ».


Et puis la meilleure nouvelle de cette interview c’est d’apprendre que Marcel Bluwal prépare un nouveau film sur des femmes qui essayaient de devenir libres à la fin de la guerre et où sera aussi abordé le sujet de la presse issue de la Résistance … 26 février 2009.

Le blog de Bernard Alapetite

http://alapetite.canalblog.com/archives/2009/02/26/12722325.html



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