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http://www.alternatives-economiques.fr/pics_bdd/article_options_visuel/1229685746_276%20travail%20dimanche.jpgDocument historia du 24/09/2009 - Dieu déclara qu'il se reposerait le septième jour de la semaine. Aussi, depuis l'avènement du christianisme, c'est jour de repos : FAUX

Au tout début du XXe siècle, la loi du 13 juillet 1906 institue le dimanche en jour de repos obligatoire. L'origine de ce choix est religieuse et se trouve dans la Bible. On y lit effectivement qu'« au septième jour, Dieu conclut l'ouvrage qu'il avait fait et, au septième jour, il chôma » (Genèse, II, 2). L'étymologie même du mot dimanche l'exprime : dies dominicus , « jour du seigneur ». Les premiers chrétiens, tout en observant le sabbat juif, célèbrent rapidement le dimanche, considéré comme le jour de la résurrection du Christ. Dès lors, l'Église ne va pas cesser de proclamer l'obligation d'adorer Dieu et d'assister ce jour-là à la messe. Sans reconnaissance légale cependant jusqu'à un édit de l'empereur Constantin en 321 qui fixe le jour du seigneur comme jour férié dans l'Empire romain. Dans les faits, l'obligation d'assister à l'office religieux, plus que l'obligation de repos hebdomadaire, s'impose au fil du temps.

Au XVIIIe siècle, des philosophes développent tout un argumentaire économique en faveur du travail le dimanche. L'article qui lui est consacré dans l 'Encyclopédie y vante l'activité, qui ne doit pas s'arrêter, pour l'enrichissement de tous. Pendant la Révolution française, le calendrier grégorien est supprimé et remplacé par un calendrier révolutionnaire qui institue des semaines de dix jours faisant disparaître le dimanche. La politique de déchristianisation menée vise à éradiquer toute référence religieuse. Le calendrier grégorien et le dimanche sont finalement rétablis par Napoléon en 1806.

Sous la Restauration, les Bourbons tentent d'imposer le repos dominical. Une « loi pour la sanctification du dimanche » est même promulguée en 1814 prévoyant des sanctions en cas de manquement, mais sans grand succès. Avec l'avènement de la monarchie bourgeoise de Louis-Philippe Ier en 1830, les sanctions ne sont même plus appliquées. La pratique du repos le dimanche recule particulièrement dans les régions industrialisées. Les ouvriers y voient un manque à gagner tandis que les républicains anticléricaux le perçoivent comme un élément de l'ordre moral.

En 1880, les lois de 1814 sont abolies. Un mouvement social, notamment des employés de grands magasins, conduit le législateur à adopter une loi dont les principes sont toujours en vigueur aujourd'hui, instaurant un repos de vingt-quatre heures le dimanche après six jours de travail. Toutefois, le dimanche peut être travaillé comme tout autre jour, l'employeur étant libre d'accorder ou non un jour de repos hebdomadaire et de le fixer à sa convenance. Les catholiques sociaux défendent le caractère familial du dimanche et sont rejoints par certains députés de gauche. La loi est assouplie en faveur des femmes et des mineurs. Enfin, le 13 juillet 1906, une loi est votée, qui concède un jour de repos hebdomadaire. Le dimanche n'est accepté que parce que c'est le jour le plus communément accordé pour les femmes et les mineurs par les entreprises. Il perd de plus en plus son caractère religieux et la loi ne sera vraiment appliquée qu'après la Première Guerre mondiale. Le dimanche est désormais un acquis... jusqu'à quand ?

Par Olivier Tosseri

Le dimanche a toujours été chômé

http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=26599

 

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