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http://amicale-police-patrimoine.fr/Medias/catalogue%20Uniformes/019%20Uniforme%20Brigadier%20Police%20SG%201966-1984.jpgDocument du 01/05/2009 - Sa mission au service de l'ordre public se précise au XVIIe siècle. Mais le professionnel au statut bien défini n'apparaît qu'en 1830. Agent, vos papiers!


Les premiers hommes, premiers clans, premières tribus n'ont pas connu de policiers. Ce sont les chefs, les conseils, les individus eux-mêmes qui ont régulé durant des millénaires la bonne organisation interne à leur groupe. Il semble bien qu'une police digne de ce nom n'apparaisse nécessaire que dans un État largement constitué. Dans le monde occidental, elle naît en Égypte comme partie prenante d'une administration soigneusement organisée. Il faut en effet protéger le pays contre les intrus, étrangers, pilleurs ou détrousseurs de tout poil. Rapidement, elle se spécialise. Aux confins du pays, des unités mobiles, accompagnées de chiens, arpentent les voies de communication. Ce sont de véritables chasseurs semi-nomades, préposés à la sécurisation des caravanes aux portes du désert, et à la chasse aux repris de justice, aussi bien qu'au gibier dont ils sont tenus de fournir les tables des nobles alentour. D'autres sont plus spécialement chargés de retrouver les esclaves en fuite ou de percevoir les impôts des contribuables récalcitrants. Il s'agit dans ce dernier cas d'une sorte de maréchaussée, armée de triques propres à faire rentrer les finances dans les caisses royales à coups d'arguments massue. Un bel exemple figure sur l'une des peintures murales du mastaba de Ti, à Saqqarah, datant d'environ 2500 avant notre ère. Un gendarme y matraque un boulanger chez qui l'intendant et les scribes du maître ont manifestement relevé une fraude dans la pesée de ses pains. Dans le tombeau de Menna, au sein de la nécropole thébaine, de onze siècles plus récent, une autre représentation montre un paysan bastonné. À l'époque de la XVIIIe dynastie, on recrute par ailleurs des Nubiens en un corps très structuré chargé plus spécialement de maintenir l'ordre au sein des peuplades du désert. Les corrections musclées comme principal châtiment semblent la norme tout au long de l'histoire égyptienne, notamment dans le monde rural.


Les Grecs ne reprennent à leur compte ni ce type de sanction, ni la sophistication de cette police. Principalement parce qu'il n'existe pas de ministère public. Ce sont les citoyens eux-mêmes qui dénoncent les faits répréhensibles et se constituent partie civile, agissant de la sorte tant dans le domaine privé que le domaine public.


La police qui existe à Athènes au temps de Périclès (Ve siècle avant J.-C.) est dirigée par les Onze, des magistrats qui se doivent d'arrêter tout criminel recherché. Si ce dernier avoue son crime, ils peuvent le faire exécuter immédiatement, sans autre forme de procès. Si ce n'est pas le cas, ils le renvoient devant un des trois tribunaux compétents chargés de juger des homicides, selon qu'ils sont considérés avoir été commis avec préméditation, de façon involontaire, voire dans certains cas reconnus être parfaitement légitimes. Les Onze sont chargés de l'exécution des sentences, ce sont eux qui présentent à Socrate la coupe de ciguë en -399. Ils ont également la garde des prisons.


La République romaine s'intéresse peu à une police en tant que telle. Il faut attendre le règne d'Auguste pour la voir apparaître à Rome. La ville est alors découpée en quatorze districts - en 7 av. J.-C. -, chacun étant dirigé par un magistrat tiré au sort parmi les édiles, les prêteurs et les tribuns de la plèbe. À partir de 6 apr. J.-C., ils ont à leur service sept cohortes - une pour deux districts - de vigiles, recrutés parmi les affranchis et commandés par un préfet des vigiles. Elles sont chargées d'assurer la police des rues, plus particulièrement la nuit durant laquelle, munies de torches, elles effectuent des rondes pour veiller à la sécurité des citoyens dans une ville entièrement plongée dans l'obscurité. Et si peu sûre que Juvénal écrit, au tournant du IIe siècle, qu'aller dîner sans avoir fait son testament est faire preuve d'une impardonnable négligence ! Ces cohortes de vigiles sont aussi chargées de lutter contre les incendies. Elles renforcent ainsi un corps, déjà existant, de six cents esclaves exclusivement destiné à combattre le feu.


Tout ce qui concerne ce que nous appelons aujourd'hui les conflits sociaux relève alors de l'armée. C'est le cas par exemple de la révolte des esclaves conduite par Spartacus, matée en 71 av. J.-C. par des mercenaires aux ordres de Crassus.


Au Moyen Âge, justice et police sont exercées par le seigneur, laïque ou ecclésiastique, exerçant son droit de ban. Les habitants des cités sont progressivement associés aux décisions qui en relèvent. La force publique est alors exercée par des bourgeois, dans toutes les grandes villes. C'est le guet, une obligation pour nombre d'entre eux mais qu'ils exercent bénévolement. Seuls certains corps de métiers en sont dispensés, tels les mesureurs de blé, les jaugeurs, les orfèvres, les cristalliers. Mais il est obligatoire tant pour les cervoisiers que pour les marchands de chanvre, pour les serruriers que pour les meuniers, les cordiers, les couteliers, les tréfileurs, les maçons, les cordonniers, les tapissiers... Des contraintes officielles puisqu'elles figurent dans les statuts de chaque corporation, et, pour Paris, dûment répertoriées dans le Livre des métiers d'Étienne Boileau, qui fut prévôt de la ville de 1261 à 1270. Par ailleurs, la capitale du royaume bénéficie dès 1254 d'un guet à cheval chargé de surveiller la ville intra-muros durant la nuit. Néanmoins, les délits et les crimes relèvent toujours de la haute justice, royale à Paris, seigneuriale dans le reste du royaume. Au cours de ce même XIIIe siècle, le roi prend des ordonnances visant à fixer des normes en matière de police, et deux siècles plus tard, Louis XI notamment s'efforce de prendre le contrôle de la police des cités.


Toutefois, le terme lui-même n'apparaît pour la première fois que dans un texte de 1250 et ne se répand vraiment qu'entre le XIVe et le XVIe siècle. Au XVIIIe siècle, Jean-Jacques Rousseau parle d'ailleurs de politie . Ce mot a le sens d'administration, d'organisation politique. Il est emprunté au latin politia, au sens du grec politeia, issu de polis , la cité. C'est bien ce dont il s'agit puisqu'à l'origine, cette police est créée pour assurer la propreté des villes et la santé publique, l'examen des marchandises et notamment des grains, la répression des fraudes, l'organisation de la voirie, le contrôle des corporations de métier et l'apprentissage, la surveillance des foires et des marchés, la vérification des poids et mesures et des prix des denrées... C'est elle qui dresse les contraventions relevant du non-respect des règles en vigueur, les crimes et délits continuant de dépendre de la haute justice.


Son sens actuel de corps assurant le maintien de l'ordre public n'apparaît qu'à la fin du XVIIe siècle. À l'initiative de Colbert, naît véritablement une police moderne, tout au moins dans la capitale. Néanmoins le policier lui-même ne date que de 1830, quand son statut se définit enfin clairement. L'édit du 15 mars 1667 crée une lieutenance générale de la police à Paris, confiée à Nicolas de La Reynie. Outre la police des mœurs, la surveillance de l'hygiène et du ravitaillement de la capitale, il est chargé du maintien de l'ordre. Secondé par des officiers, commissaires et inspecteurs de police, il met rapidement sur pied le nettoyage et l'éclairage des rues, la distribution de l'eau en créant de nouvelles fontaines et des pompes élévatrices, la réglementation des activités des tanneurs, des mégissiers et des bouchers pour éviter les pollutions, le contrôle de l'entrée dans la ville... Ses successeurs approfondiront son œuvre. D'Argenson notamment organisera le fichage des personnalités, la mise en place d'indicateurs, les « mouches », et généralisera l'ouverture des correspondances privées initiée sous Richelieu et qui perdurera jusqu'au Second Empire. C'est le fameux « cabinet noir » que les cahiers de doléances n'auront de cesse de fustiger. Et qui atteindra l'apogée de son impopularité sous le ministère Fouché, durant le Premier Empire. La sûreté publique est créée au milieu du XVIIIe siècle, avec le contrôle des étrangers, particulièrement ressortissant des puissances ennemies, et, partant, des hôtels et auberges. Le renseignement est né !


Curieusement, la police en place ne prend aucune part à la Révolution. Cette dernière toutefois supprime la lieutenance générale et institue une police dont les commissaires sont élus par les citoyens. Et une milice, la garde nationale, sous l'autorité des municipalités, qui ne sera supprimée qu'après la Commune, en 1872. Dans les campagnes, la maréchaussée fait place à la gendarmerie, placée sous le contrôle de l'armée. À cette époque, toutes les villes de plus de cinq mille habitants sont dotées d'un commissariat. C'est la fin des charges achetées et le tout début d'une police rémunérée, un peu moins encline à la corruption. Par la suite, Napoléon Bonaparte crée la préfecture de police de Paris tandis que son ministre de la Police générale, Fouché, développe une police politique à sa botte.


La fin du XIXe siècle voit la mise en œuvre de polices spécialisées et, à Paris, de la création par le préfet de police Lépine d'un corps de sergents de ville chargés de la circulation urbaine, reconnaissables, à partir de 1896, à leurs bâtons blancs.


Il faut attendre la Seconde Guerre mondiale pour que la police passe sous la juridiction de l'État. Jusqu'alors, sauf dans quelques grandes villes, les policiers ne relèvent que de l'autorité du maire. C'est en effet une loi de 1941 qui étatise les polices communales et fait des policiers des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur.


Dernière grande évolution, sinon révolution dans la police, datant de 1935, le recrutement de deux femmes, sous la pression des mouvements féministes. Elles sont affectées à la brigade des mineurs. Il faudra toutefois attendre 1968 pour qu'on leur ouvre le concours d'officiers de police, 1975 celui de commissaire et 1978 celui de gardien de la paix. Elles représentent aujourd'hui environ 17 % des effectifs et se rencontrent dans tous les services ...

Le policier

http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=25691



Crédit photographique de l'Amicale de Police – Tenue de brigadier – Police nationale - 1968

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