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BD | Le dessinateur s’est éteint à l’âge de 88 ans. Son œuvre va perdurer.


PHILIPPE MURI | 22.01.2010 | 00:01

C’était le pape de la bande dessinée historique franco-belge. Disparu hier à l’âge de 88 ans, Jacques Martin (en photo ci-contre, DR) avait pratiquement créé le genre avec Alix, envoyant son personnage bourlinguer dans la Rome de César, en Gaule, en Mésopotamie, en Afrique et en Asie Mineure.


Comme si cela ne suffisait pas, il avait abordé d’autres époques avec d’autres héros: la guerre de Cent Ans en compagnie de Jhen, l’épopée napoléonienne via Arno ou la Grèce antique avec Orion. Jacques Martin, c’était aussi Lefranc, un journaliste aventureux, double contemporain d’Alix. Au final, une œuvre de poids, incontournable, plus de 15 millions d’albums vendus à travers le monde et des traductions en plus de dix langues.


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Créateur infatigable en dépit d’une maladie des yeux qui l’empêchait de dessiner depuis plusieurs années, ce géant du neuvième art, établi à Pully (VD) voilà plus d’un quart de siècle, se présentait volontiers comme un raconteur d’histoires. «Je suis né ainsi et mourrai comme ça, confiait-il en 2003 au fanzine Auracan. Déjà, quand j’avais 12 ans, à la récréation, mes camarades m’entouraient pour écouter mes récits.»


Marqué à vie par des images de Tintin projetées sur grand écran durant sa jeunesse, Martin n’aura de cesse de proposer ses services à Hergé. Plutôt critique à la vue de ses premières planches, le créateur de Tintin finira par l’engager dans ses studios, aux côtés notamment de Bob de Moor. Personnalité affirmée, Martin y fera son trou, créant notamment le fameux gag du sparadrap, avec lequel se démène le capitaine Haddock dans L’affaire Tournesol.


Pendant dix-neuf ans, il participera ainsi activement à l’élaboration des albums du petit reporter ainsi qu’à leurs dérivés. Un rôle de pilier qu’il finira d’ailleurs par exagérer au cours du temps. A l’entendre récemment, on pouvait presque se demander qui de lui ou de Hergé menait la barque Tintin


Le passage dans les studios Hergé lui laissera en tout cas le goût du travail en équipe. Contrairement à son mentor, Martin a toujours manifesté le souhait que ses personnages lui survivent. Depuis belle lurette, il avait confié le dessin de ses personnages à d’autres auteurs. Son œuvre aujourd’hui constitue un patrimoine développé par une quarantaine de personnes, scénaristes, dessinateurs, décoristes et coloristes. Alix, Lefranc et consorts n’ont pas fini de faire rêver leurs lecteurs. (Tribune de Genève).

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