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http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRDfL78KNAnPoecXcWB-2XJRxTSd4yc7yTEMJCZHpHXp0ZykKHjIAUn journaliste a réussi a se faire passer pour un gardien de prison pendant huit mois avant de démissionner pour écrire un livre sur les coulisses des prisons françaises. Dans la peau d’un maton sort mercredi 2 mars en librairie, mais plusieurs médias en publient déjà les bonnes feuilles, comme Rue89.


Arthur Frayer a réussi à passer le concours de gardien de prison en mentant sur son véritable métier. Il en ressort un livre “passionnant”, écrit Rue89. “La meilleure manière d’entrer dans cet univers, à moins de se faire condamner, était de se faire embaucher comme maton”, explique l’auteur pour justifier son mensonge.


Tous les jours, je vivais avec un sentiment d’angoisse, je naviguais entre l’écoute et l’autorité, affirme également Arthur Frayer à Ouest-France. En prison, on côtoie ce qu’il y a de pire en l’homme.” Il décrit des conditions de détention déplorables pour les prisonniers et un travail usant pour les gardiens de prison, qui “n’ont souvent pas choisi ce boulot par vocation”.


Dans les bonnes feuilles publiées par Rue89, Arthur Frayer décrit sa première journée derrière les murs, à l’occasion d’un stage d’observation. Une journée terrible pour ces futurs gardiens de prison.


“Richard, le chef des formateurs, nous fait visiter une seconde cellule, qui a brûlé. Les murs sont carbonisés. Les alentours des latrines sont d’un noir charbonneux. Bras croisés, parcourant des yeux le haut des murs, il nous explique que beaucoup de détenus perdent tous leurs repères psychologiques quand ils entrent au quartier disciplinaire.”

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/03/02/gonzo-gardien-de-prison-les-coulisses/


 

 

Document 2011 - Que savons-nous vraiment de la prison ? Uniquement ce que veulent bien nous en dire des détenus ou des membres de l’administration pénitentiaire. Arthur Frayer a voulu aller plus loin.


Pour voir par lui-même ce qui se passe dans ce monde clos, ce jeune journaliste a passé le concours de gardien de prison et est devenu, l’espace de quelques mois, un « infiltré ».En stage à Fleury-Mérogis, puis en poste à Orléans, il raconte ses mois passés en détention. On découvre avec lui, en partageant son inquiétude, son étonnement et souvent sa colère, la réalité des maisons d’arrêt surpeuplées, les humiliations quotidiennes – pour les détenus comme pour les matons –, le désespoir et la folie, la roublardise de tous, le poids de l’enfermement. Au fil des jours, toutes les certitudes du journaliste vacillent : comment rester juste ? Comment œuvrer à la réinsertion quand on doit exercer un métier épuisant dans des conditions si difficiles ? De cette expérience hors du commun est né un récit bouleversant, d’une force rare. Arthur Frayer est diplômé de l’école de journalisme de Strasbourg.

Dans la peau d'un maton

Arthur Frayer

Broché

Paru le : 02/03/2011

Éditeur : Fayard

 

Dans la peau d'un maton

 Arthur Frayer, 28 ans, journaliste pigiste, a écrit Dans la peau d’un maton (*), publié mercredi. Après avoir obtenu le concours de surveillant, il a effectué son premier stage à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), avant d’être affecté au centre de détention de Châteaudun (Eure-et-Loir) puis à la maison d’arrêt d’Orléans (Loiret). Une immersion inédite. Entretien.


Par Nathalie Mazier

2 mars 2011, 08h18

 

 

FRANCE-SOIR Qu’est-ce qui vous a amené à écrire ce livre ?

 

ARTHUR FRAYER Entre ma première et ma deuxième année à l’école de journalisme de Strasbourg, j’ai effectué un stage à la rédaction du quotidien Ouest-France à Fontenay-le-Comte (Vendée). J’ai voulu faire un reportage dans la prison surpeuplée de la commune et on m’a répondu que ce n’était pas possible. J’ai donc étudié, pendant ma seconde année à l’école, la possibilité de faire une immersion en prison et de passer le concours de surveillant.

 

F.-S. Après votre admission, vous êtes envoyé en stage à Fleury-Mérogis (Essonne), plus grande prison d’Europe. Quelle fut votre première impression ?

 

A. F. C’était très étrange au départ. J’avais peur qu’on découvre qui j’étais vraiment. J’essayais de longer les murs, de me faire le plus discret possible. J’ai été frappé par le gigantisme de la prison, et à la fois surpris car j’ai été affecté dans un bâtiment rénové qui était très propre, très moderne.

 

F.-S. Vous êtes ensuite affecté au centre de détention de Châteaudun (Eure-et-Loir) puis à la maison d’arrêt d’Orléans (Loiret), où vous passez votre temps à courir de cellule en cellule…

 

A. F. Etre surveillant, c’est gérer le temps, l’espace en permanence ; on est réduit à un fonctionnement d’ouverture des portes. A l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire (Enap), on nous explique notre double mission fondée sur la sécurité et la réinsertion, mais dans les faits ce n’est pas le cas. La réinsertion consiste à dire bonjour et à faire en sorte que les détenus se lèvent. C’est dérisoire. Même avec toute la bonne volonté du monde, on n’arrive pas à faire de la réinsertion, ou bien seulement au cas par cas, c’est l’exception. Il faut du temps pour expliquer les choses aux détenus et, dans les prisons surpeuplées comme à Orléans (105 places et 249 détenus, NDLR), ce n’est pas possible, par manque de temps.

 

F.-S. Vous rapportez cette phrase d’un détenu qui vous parle de l’existence de deux prisons : « Surveillant, je vais vous dire, il y a deux prisons. La prison réelle, celle qui existe parce qu’on a fait des conneries ; on a été condamné et on paye pour ça, c’est normal. Et il y en a une deuxième : la prison dans la prison. » Partagez-vous cette analyse ?

 

A. F. Oui, je l’ai ressenti aussi. Cette seconde prison se construit sur des petits riens qui, mis bout à bout, prennent de l’importance. C’est par exemple le surveillant qui refuse de faire passer un peu de tabac d’une cellule à une autre, des téléviseurs qui ne sont pas réparés, des demandes qui restent sans réponse…

 

F.-S. Quels moments ont été les plus difficiles ?

 

A. F. Les fouilles, la tension générale, la pression psychologique… La prison m’accompagnait dehors. En prison, tout peut basculer d’un moment à l’autre, il suffit d’un rien (une frustration, un parloir fantôme) pour qu’un détenu pète un câble et se mette, par exemple, à insulter un autre détenu.

 

F.-S. On vous déconseille d’ailleurs de faire des promesses qui ne seront pas tenues…

 

A. F. Il faut temporiser en permanence, car donner sa parole, c’est s’engager totalement. Et si ça ne se passe pas comme on l’avait dit, le lien que l’on a créé avec le détenu peut être rompu. Je me souviens d’un jeune surveillant qui était « trop gentil », il faisait passer des petites choses entre les cellules et puis, le lendemain, il disait non et les détenus ne comprenaient plus. Il faut trouver un équilibre entre la sécurité et l’humanité, et c’est très dur à faire.

 

F.-S. On a le sentiment que vous avez décidé d’interrompre subitement votre immersion…

 

A. F. J’ai eu envie d’arrêter très brutalement lorsque j’ai vu mon emploi du temps du mois de janvier (Arthur Frayer interrompt son travail le 30 décembre 2009). Je me suis dit : je vais être à tel endroit, or j’ai le souvenir d’une journée horrible ; un autre jour, c’était la fouille parloir… Je me suis dit : est-ce que ça vaut le coup de continuer ? J’avais suffisamment vu de choses pour me mettre à écrire.

 

F.-S. Avez-vous gardé contact avec les surveillants ?

 

A. F. J’ai gardé des contacts avec quelques-unes des personnes avec lesquelles j’ai été formé. Je leur ai appris que j’avais écrit ce livre très récemment, il y a une ou deux semaines. Ils ont bien reçu la chose, ils étaient contents qu’on parle de ce qu’est vraiment leur boulot.

 

 

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S1031647.jpgLe personnel pénitentiaire, ceux qu'on appelle, dans le langage courant, les gardiens ou gardiens de prison sont appelés de façon plus officielle des surveillants. Mais le champ est large, du littéraire archaïque à l'argot contemporain, pour désigner ces piliers mal-aimés de l'édifice social.

 

Le Gardien : Le terme de « gardien » est rarement utilisé sous l’Ancien régime. Il désigne, à partir de la Révolution, les hommes chargés d’assurer la discipline au sein des maisons d’arrêt et des maisons centrales. La discipline, mais pas la sécurité périphérique, confiée, jusqu’à la Première Guerre mondiale, à des militaires. Les « gardiens » ont été rebaptisés « surveillants » en 1919.

 

Le Geôlier : Le geôlier dirige, sous l’Ancien Régime, une prison ordinaire de petit ou moyen effectif... Cachés dans la poussière des ruines, qui se souvient des « ergastulaires », athlètes musclés, fouetteurs d'esclaves ? Littéraire encore, mais encore compris, le « geôlier », qui garde la geôle, évoque parfois une belle geôlière (genre Chartreuse de Parme ou Jeanne d’Arc énapienne). On est visiblement en plein roman. La destinée du mot suit d'ailleurs des détours imprévisibles puisqu'il est à l'origine d'enjôler : emprisonner d’abord, puis abuser par de belles paroles.

 

L'Argousin : Sous-officier chargé de la sécurité à bord d’une galère (assisté par un sous argousin), auquel obéissaient les pertuisaniers.

 

Le « gaffe » est un argot devenu littéraire parce qu'il évoque le romantique Jean Genet (même origine que l'expression argotique « faire gaffe » : faire attention ; le gaffe est celui qui a l'œil).

 

Le « maton », encore tout à fait actuel, et dont l'usage argotique est sorti du monde des prisons pour être compris du plus grand nombre, est construit sur une image un peu similaire : mater, c'est regarder et en particulier, regarder sans être vu, comme on peut le faire par le judas d'une porte de cellule.

 

Le « garde-chiourme », qui date sous cette forme du début XIXe siècle, a une longue, belle et tragique histoire qui remonte également aux galères. La chiourme remonte au génois « ciusma » et au bas-latin « celeusma », mots qui désignent le chant cadencé qui rythme l'effort des rameurs. Par extension, la chiourme est devenue l'équipage lui-même, et le garde-chiourme, celui qui surveille les galériens, puis le gardien de prison, et même aujourd'hui, de façon péjorative, n'importe quelle personne brutale et bornée qui surveille une collectivité.

http://philippepoisson.unblog.fr/2008/10/31/gardiens-de-prison/

 

Poisson (Philippe)

http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article323.html


 

Quelques vidéos utiles

 

 

Dailymotion - Le Nouveau Journal 22/03/2011- Invité : Arthur Frayer ...

www.dailymotion.com/video/xhrkwt_le-nouveau-journal-22-03-2011-in...6 mn - 22 mars 2011
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Dailymotion - "Dans la peau d'un maton" par Karim Mokhtari - une ...

www.dailymotion.com/video/xho0n6_dans-la-peau-d-un-maton-par-kari...2 mn - 17 mars 2011
Arthur Frayer, 28 ans, journaliste pigiste, a écrit Dans la peau d'un maton ... http:// www.francesoir.fr/actualite/justice/dans-peau-d-un-maton ...
 

Pascal, surveillant de l'administration pénitentiaire - une vidéo ...

www.youtube.com/watch?v=-e88eIsw0Vk2 mn - 26 mai 2010 - Ajouté par Poleemploi
Loin de passer ses journées à ouvrir et fermer des portes, Pascal a un rôle de garde, de sécurité et de réinsertion. - les offres d'emploi ...
 

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