Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSmt8mOLuHIut1an72og-MoPlleBukqRyy_O052kuvODowPpI3pUO55q20bIgDocument 21/06/2012- De 1983 à 1991, travaillant pour la direction nationale du Renseignement et des enquêtes douanières de Lyon (DNRED), Jean-Pierre Cazé s'est infiltré sous couverture au sein des plus grands réseaux internationaux de trafic de drogue. Appliquant les méthodes de services secrets comme le FBI américain, jusqu'ici inconnues en France, il a remonté avec ses équipes la filière des trafiquants, notamment au Maroc.

Nous le suivons dans ses manoeuvres d'approche, découvrons avec lui le fonctionnement très sophistiqué des transferts clandestins par bateau ou par la route (les fameux go fast), les protections haut placées de ces réseaux... jusqu'au sein de la famille royale marocaine. Chaque nouvelle mission est plus dangereuse que la précédente. Les douaniers infiltrés n'ont pas droit à l'erreur : au moindre doute sur leur identité réelle, ils peuvent être abattus.

La méthode d'infiltration pose aussi des problèmes inédits : pour démanteler un réseau, il faut arrêter tout le monde en flagrant délit. Que faire lorsque, pour tester la fiabilité de l'infiltré, on lui demande avant toute transaction de goûter lui-même à la drogue ou d'en vendre lui-même une petite quantité ? Accepter, c'est se mettre hors la loi, refuser c'est prendre le risque d'être tué. Pourtant, à force d'astuce et de sang-froid, les résultats s'accumulent, impressionnants.

Et ils ne sont pas du goût de tout le monde. En 1991, les hommes de Jean-Pierre Cazé sont arrêtés par la police lyonnaise, mis en examen pour trafic illicite. Ce nouvel épisode de la guerre des polices (dans lequel s'illustre un certain commissaire Neyret, aujourd'hui sous les projecteurs) va mettre un coup d'arrêt à l'activité peu orthodoxe de l'équipe. Après trois ans d'instruction, Jean-Pierre Cazé bénéficie pourtant d'un non-lieu.

Et la loi est adaptée pour tenir compte des contraintes de l'infiltration.

Aujourd'hui à la retraite, le douanier Jean-Pierre Cazé prend la parole afin de raconter sa vérité sur une affaire très médiatisée.


  • Les courts extraits de livres : 21/06/2012

 

Extrait de l'avant-propos - Le 6 mars 1991, j'ai été arrêté et mis en détention pendant quinze jours pour avoir exécuté, sur ordre, des opérations spéciales d'infiltration de réseaux de trafic de drogue, commandées par l'administration des Douanes. Quelques jours plus tard, trois autres de mes collègues devaient à leur tour affronter la même situation. Au terme d'une instruction qui dura trois ans et au cours de laquelle tous les détails du dossier furent traités à fond, nous avons été jugés par un tribunal correctionnel et avons fait l'objet d'un non-lieu.


Entre-temps, dès la fin de l'année 1991, une loi d'amnistie votée par l'ensemble des groupes parlementaires promulguait l'extinction de nos chefs d'inculpation. Elle autorisait en outre, sous certaines conditions d'encadrement judiciaire, l'utilisation des nouvelles méthodes d'investigation que nous avions pratiquées, consistant à infiltrer des réseaux d'importation de stupéfiants et à contrôler la livraison des produits jusqu'à leurs destinataires.


Ces missions qui sortaient du cadre juridique de la loi française de l'époque ont fait l'objet, dans les années 1990, d'articles et même de livres qui ont parfois travesti la réalité des faits et ignoré le contexte opérationnel dans lequel elles furent exécutées. C'est pourquoi, sans manquer à mon obligation de réserve ni au secret professionnel, j'ai décidé de rétablir la vérité et de relater dans cet ouvrage un certain nombre de missions caractéristiques que j'ai réalisées avec mon équipe d'agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED). Je raconterai la recherche initiale de méthodes de travail inédites aux frontières de la légalité, parfois même hors la loi, les risques encourus, les succès obtenus, les dérapages dans lesquels nous avons été impliqués, jusqu'à la catastrophe finale. Les noms, les lieux, et tous les détails trop précis susceptibles de permettre l'identification des personnes impliquées dans ces affaires ont été volontairement changés, mais l'essentiel des faits rapportés est authentique. J'ai simplement parfois simplifié le récit pour ne pas dévoiler les ficelles du métier, sans doute utilisées encore aujourd'hui et qui sont nécessaires à la réussite de certaines missions. Je précise également que j'ai choisi de convertir tacitement en euros les sommes d'argent en francs qui concernaient des événements remontant aux années 1980 et 1990 et d'arrondir les sommes pour simplifier la compréhension du récit.


Cet engagement de plusieurs années dans la lutte contre la grande délinquance et plus particulièrement contre le trafic international de la drogue fut le point culminant d'une carrière mouvementée marquée par une dizaine d'affectations successives. Entré dans l'administration à l'âge de 18 ans par la «petite porte» en réussissant le concours d'agent de constatation des brigades, j'ai été amené, au fil du temps, à découvrir presque toutes les facettes de cette administration : gardes fixes à la barrière dans un poste de douane des plus classiques, patrouilles à pied le long de la frontière, brigade de surveillance de skieurs en montagne, barrages et contrôles routiers, tâches de secrétariat, brigades d'intervention et de recherche, contrôle douanier d'un aéroport d'outre-mer, travail d'enquête en matière de contributions indirectes, etc. Ces diverses expériences me permirent d'être initié au contrôle, à l'intervention, au renseignement, ainsi qu'au commandement. Au terme de cette trajectoire, en juin 2004, j'ai pris ma retraite en tant que receveur principal (correspondant au grade de lieutenant-colonel) des Douanes.

 

Au coeur du trafic : mémoires d'un douanier infiltré

Auteur : Jean-Pierre Cazé

Date de saisie : 05/06/2012

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Nouveau Monde éditions, Paris, France

 

 

  • Le courrier des auteurs : 21/06/2012

 

1) Qui êtes-vous ? !
Jean pierre Cazé, retraité des Douanes françaises, ex- agent infiltré au sein d'organisations et de bandes organisées du trafic international des stupéfiants.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Un fonctionnaire français du renseignement douanier qui travaillait "sous couverture" en France et en Afrique du Nord et qui a contribué à élaborer des stratégies relatives aux "livraisons surveillées" de drogues ainsi qu'à l'infiltration des réseaux.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Avec toutes les missions périlleuses que j'ai accomplies, et après réflexion, je me dis que j'ai certainement eu beaucoup de chance de m'en sortir physiquement indemne.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Ce serait plutôt un style musical : Rock n'Roll

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ma passion qui n'animait ainsi que mon tempérament de baroudeur. Ils m'ont permis de m'investir entièrement dans la recherche du renseignement et le démantèlement des trafics illicites de stupéfiants.

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/34/Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpg/220px-Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpgLechoixdeslibraires.com a été créé par Jean Morzadec et son équipe, afin de rendre hommage à la compétence des libraires, qui sont les ambassadeurs du livre.

De nombreux libraires ont ensuite demandé à ce que le site devienne le grand portail de l’actualité du livre.

Lechoixdeslibraires.com a donc deux vocations principales : valoriser les choix, les recommandations des libraires, et permettre aux éditeurs et auteurs de mieux communiquer avec les libraires.

C’est une mission exaltante.

Jean Morzadec a travaillé plus de trente ans à France Inter, dont il fut directeur des programmes de 1999 à 2005, sous la présidence de Jean-Marie Cavada. Il se consacre aujourd’hui, avec passion, au développement de sites culturels dédiés particulièrement à l’amour des livres.

 

Douanes françaises (2)

Commenter cet article