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http://www.willyrizzo.com/userfiles/image/diaporama/Photo/grands%20reportages/GeneralBigeard,Indochine1951.jpgLe général Bigeard relevait de cette schizophrénie militaire bien française, entre guerres propres et sales. Avec lui, meurt une certaine idée de l'armée.

Ce fut le général de toutes les guerres. Les "nobles", s'il en est, comme le Second conflit mondial; les dramatiques, comme celle d'Indochine, où son sacrifice à Dien Bien Phu ne manqua ni de courage ni de panache, et participa au sauvetage de l'honneur français; les "sales", comme l'Algérie, où il prit sa part d'ombre dans l'encadrement de la guérilla urbaine, des opérations spéciales et autres "corvées de bois". Jusqu'au bout, il participa sans relâche à la polémique sur la torture, au seul service de l'honneur militaire, son combat permanent sur le champ de bataille civil. On ne put jamais lui reprocher de ne pas assumer.

Aventuré en politique, député et bref secrétaire d'Etat, Bigeard y était aux militaires ce que l'Abbé Pierre y fut aux religieux: un empêcheur de penser en rond et de technocratiser en carré, un pavé de bon sens dans la marre des idéologies. Grande gueule et idées courtes, Bigeard nous renvoyait sans cesse à la schizophrénie française du kaki. La France est une nation de soldats, et surtout de soldats populaires issus de la conscription, soldats de l'an II et grognards de la Garde impériale. Le rêve de gloire guerrière est pérenne en notre pays: le succès du défilé annuel du 14 juillet et l'émotion quand un soldat est tué en Afghanistan le prouvent. Et, en même temps, la France rejette le mal nécessaire qu'est la guerre, ne sait pas se pencher sur ses années noires ni soigner sa mémoire avec des piqûres de vérité. Ainsi, la guerre d'Algérie n'a que fort peu été l'objet de films ou de livres mettant à nu tout ce qu'il faut en savoir.

Bigeard participait de cette culture, où l'on ne veut pas remuer la boue, où il faut taire les mauvaises actions. Il assumait, mais il n'avouait jamais.

Ses coups de hache verbaux manqueront dans un débat qui oscille du politiquement correct au populisme déchaîné sans jamais trouver le bon dosage de passion et de raison. Mais le général Bigeard était aussi le parangon d'une forme d'armée et d'une manière d'affronter l'ennemi qu'on ne veut plus voir dans nos démocraties matures.

Les deux faces de la médaille Bigeard

Par Christophe Barbier, publié le 18/06/2010 à 22:01

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/les-deux-faces-de-la-medaille-bigeard_900444.html

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