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De 1961 à 1966, cette exposition retrace la métamorphose de Bob Dylan. En six années et sept albums le folk singer est devenu une légende vivante, le chantre de la "protest song".


Pour la première fois, le musée de la Musique propose une rétrospective consacrée à un artiste encore vivant : Bob Dylan. Mais plutôt que de tenter d'embrasser cinquante ans d'une carrière foisonnante, l'exposition se concentre sur les années 1961 – 1966. Six années de créations exceptionnelles durant lesquelles Bob Dylan a construit une oeuvre puissante qui fit de lui le prophète de toute une génération.


Né en 1941 à Duluth, Minnesota, Robert Zimmerman passe une enfance banale dans une famille de la classe moyenne. Il écoute la radio, apprend la guitare et le piano et se passionne pour les disques de Elvis Presley, Little Richard, Buddy Holly et Bo Diddley dont il adore l'énergie et les sonorités rock'n roll.


Mais la révélation ne vient pas du rock. En effet, c'est le chanteur folk Woody Guthrie qui influence le début de sa carrière. Robert Zimmerman, qui désormais se fait appeler Bob Dylan, troque alors sa guitare électrique contre une guitare acoustique. En 1961, il part pour New York où il fréquente le milieu bohème à Greenwich Village. Il se rend même à l’hôpital au chevet de son idole dont il revendique la filiation en signant sur son premier album, qui sort en 1962, une chanson intitulée Song to Woody.


Mais Dylan comprend que chanter les mélodies d'autrefois ne suffit plus. Et s'il faut garder la musique il est nécessaire d'actualiser les paroles et de s'engager dans l'ère du temps. Puisant son inspiration aussi bien dans la musique populaire américaine que chez les écrivains de la Beat Generation (Jack Kerouac ou Allen Ginsberg), Bob Dylan s'impose rapidement avec des albums servis par son sens de la mélodie et la qualité de son écriture.


Parallèlement, la jeunesse américaine se mobilise pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam. Les chansons de Bob Dylan, Blowin' In The Wind ou The Times They Are a-Changin', deviennent alors des hymnes, reprises lors des marches et des manifestations. En 1963, au Newport Folk Festival, Joan Baez présente Bob Dylan au public : "Voici le Messie de la musique folk." Pour toute une génération, il devient le chantre de la "protest song".


En présentant des photographies de sa jeunesse mais surtout celles de Daniel Kramer qui a suivi Dylan en tournée entre 1964 et 1965, l'exposition ravive l'atmosphère d'une époque où la contestation était autant sur scène que dans les rues. Saisis lors de concerts, d'enregistrements en studio, à Greenwich Village ou en compagnie de Joan Baez, ces clichés illustrent la place occupée par Dylan dans le paysage musical américain des sixties.


Mais ils montrent également la solitude d'un homme qui refusait d'être le prophète que tous attendaient. Car, on l'oublie parfois, Bob Dylan supporte très mal son statut de mythe vivant. Au point de chercher à s'en détourner. En 1965, il revient au Newport Folk Festival avec une guitare électrique, des lunettes noirs et un blouson en cuir ce qui provoque la rage de ses fans. Ce tournant dans sa carrière a été amorcé quelques semaines auparavant lorsqu'il enregistre Like A Rolling Stone. "Il ne s'agit sûrement pas là de musique folk ni de rock conventionnel, explique, Robert Santelli, commissaire de l'exposition et directeur du Grammy Museum de Los Angeles, mais plutôt d'un hybride de folk et de rock avec une sonorité, ne ressemblant à rien de comparable dans le passé. […] Pour Dylan, c'est le point de non-retour. Il n'est plus alors le fils spirituel de Woody Guthrie mais plutôt l'artiste le plus exceptionnel des années 1960, visionnaire de la guitare électrique et poète obsédé par l'expression de la vérité."


Suivent d'autres albums, tous des chefs d'oeuvre : Bringing It All Back Home, Highway 61 Revisited, Blonde On Blonde. Mais après un très grave accident de moto en 1966, Dylan disparaît loin de son public et de ses fans. Pour mieux se réinventer lors de son retour en 1968.

 

"Bob Dylan, l’explosion rock (1961-1966)", jusqu’au 15 juillet au Musée de la musique, du mardi au samedi de 12 heures à 18 heures, le dimanche de 10 heures à 18 heures.Nocturne le vendredi jusqu’à 22 heures. Tarif : 8 euros.


Rens.: www.citedelamusique.fr


Par Olivier Thomas

 

Bob Dylan, les années folk


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