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http://pmcdn.priceminister.com/photo/bordeaux-vintimille-de-joseph-harand-927060659_ML.jpghttp://www.starzik.com/magazine/wp-content/uploads/2013/01/jean-baptiste-harang-720-184x184.jpgC'est court. Et terrible. Et foudroyant. Sans s'appesantir jamais, sans jamais glisser dans le pathos, Jean-Baptiste Harang rappelle, reconstruit, remet en scène — ou plutôt en sang —, remet en lumières — ou plutôt en sons, fracas de coups et sourds gémissements —, ce qui fut dans la nuit du 13 au 14 novembre 1983, dans le train 343, entre Agen et Montauban, un atroce fait divers. Le romancier a repris les archives du correspondant régional de Libération à Toulouse qu'il était à l'époque, pour retracer quelques heures insoutenables. Dans leur horreur. Dans leur mystère aussi. Rachid Abdou, Algérien de 26 ans, est venu découvrir à Bordeaux la correspondante française à qui il écrit depuis le lycée sans l'avoir jamais rencontrée. Il en est même devenu secrètement amoureux, s'imaginant peut-être l'épouser et s'installer en France avec elle. Mais la jeune femme lui témoigne juste de l'amitié. Alors Rachid écourte son séjour, décide de rentrer à Oran, s'achète un billet pour Marseille d'où il prendra un bateau. Le voilà dans le Bordeaux-Vintimille, voiture 113. Harang suggère entre les mots, avec une pudeur, une sensibilité extrêmes, la déception amoureuse du garçon. Sa résignation. Comment il prend place sans bruit dans le train de la tragédie, victime presque désignée, bouc émissaire exemplaire. Dans le 343, s'engouffrent avec tapage trois jeunes brutes pas mal éméchées, sous la houlette d'un sous-officier au képi blanc, censé les amener à Aubagne pour qu'ils s'engagent dans la Légion étrangère. Pourquoi les trois recrues vont-elles attaquer sauvagement Rachid ; d'abord sauvé, caché par un contrôleur... Comment vont-elles chercher à le débusquer comme du gibier, puis le massacrer dans l'indifférence générale, avant de le balancer vivant sur la voie, à pleine vitesse ? Pour bouffer de l'Arabe ? Pendant l'épouvante, on n'aura entendu que les pleurs de Rachid. Pendant l'épouvante, les témoins se taisaient, ou ne voyaient pas. Avaient trop peur. Crime raciste ? Pas seulement. A travers cette histoire vraie où seuls les noms ont été changés, Jean-Baptiste Harang interroge tous nos démons. La cruauté certes, la fureur et la brutalité. Mais surtout l'indifférence, la sécheresse. Le manque absolu d'amour. Le 12/01/2013 - Mise à jour le 07/01/2013 à 18h20 - Fabienne Pascaud - Telerama n° 3287

 

Né en 1949 dans la Nièvre, Jean-Baptiste Harang a été longtemps journaliste à Libération et collabore régulièrement au Magazine littéraire. Il est l’auteur chez Grasset de Le Contraire du coton (1993), Les Spaghettis d’Hitler(1994), Gros  chagrin(1996), Théodore disparaît (1998), La Chambre de la Stella (2006, Prix du Livre Inter). Suivront Prenez un coq : Trente-cinq façons de passer du coq à l'âne à lire au jour le jour, (2008) Olivier Estoppey : L'Homme des lisières : Du dessin à l'installation monumentale, avec Nicolas Raboud, et Pierre Starobinski, (2009) et Nos cœurs vaillants, (2010, Prix du jury Jean Giono)

 


Affaires criminelles - Criminalité - Terrorisme (156)

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aissat 30/04/2013 23:02

Merci a vous pour ce temoiniageet de mémoire sur rachid ABdou sauvagement assasiner par des monstre. sauret pu marivais . j'ai fait mon service militaire février 1985 de la classe 85/02 ce fait divaire a marque tous les esprie je pence que cette ange repose en paie et que dieu le garde et merci pour lui. Hocine