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france5

20h35 – 22h05

Lundi 08 février 2010

Ce jour-là tout a changé

Type : téléfilm historique



http://1.bp.blogspot.com/_AmLpfev7xy0/SaRwJ0CnNYI/AAAAAAAAAyo/N_2O1ekadVo/s400/Louis+XVI+%286%29.jpgCe « jour-là », le roi de France s’est enfui. Le 21 juin 1791, par une nuit sans lune, Louis XVI et la famille royale, s'enfuient incognito du palais des Tuileries, à Paris, où ils sont retenus prisonniers, dans l’intention de rejoindre Montmédy, une place forte ardennaise située aux frontières de l’Est. Un peu plus tard, le fils du maître de poste de Sainte-Menehould reconnaît Louis XVI, qui a tenté, sans succès, de se faire passer pour l'intendant d'une baronne. Le jeune homme rejoint alors la berline à Varennes, où il fait arrêter les fugitifs. Le lendemain, l'équipage est contraint de rebrousser chemin vers Paris, quitté l’avant-veille...Un interminable voyage de retour de trois jours, épilogue de la calamiteuse « fuite à Varennes » qui marque la véritable fin de la monarchie française ...


 

http://www.lexpress.fr/images/jaquettes/91/9782070771691.gifCritique - Le fatidique Varennes-Paris

Par Marc Riglet (Lire), publié le 01/10/2005

Archives de presse - Pouvait-on mieux choisir que Varennes et Mona Ozouf pour relancer l'exploration de ces Journées qui ont fait la France? Deux des principales intentions qui président à cette entreprise sont, en tout cas, d'emblée satisfaites. L'historienne qui sait écrire et la journée qui en est une. Certes, celle-ci compte trente-six heures et voit la pauvre équipée de la famille royale qui, après avoir quitté subrepticement les Tuileries au soir du 20 juin 1791 et échoué à Varennes la nuit suivante, a à peu près tout raté de l' «exfiltration» prévue. Mais, comme il se doit, ces moments, cette séquence, doivent cristalliser un ensemble de telles significations qu'on puisse, sans artifice, les désigner comme une « journée » qui a fait la France.

http://www.lalibertedelesprit.org/IMG/jpg/322513_4948045-0104ozoufb-j120i.jpgCe que montre alors Mona Ozouf, en surplombant avec une incomparable élégance l'énorme massif historiographique qui sédimente le sujet, c'est moins ce qui ce jour-là fait une nouvelle France que ce qui défait, irréversiblement, la royauté. Aussi bien, si la « fuite à Varennes », comme l'histoire républicaine nommera l'événement, affecte ce qui pouvait rester d'attachement à la figure du roi, c'est plus sûrement le retour sur Paris qui consomme ce qui lui restait de sacralité. Ce ne sont plus des sujets qui l'escortent, souvent agressivement, ce sont des citoyens. Avant Varennes, le processus de disqualification de la personne du roi est certes engagé, depuis que, le 17 juillet 1789, on a accroché à son chapeau la cocarde, mais la royauté reste, pour l'immense majorité de la population, comme un horizon indépassable. Après Varennes, la grande fiction des deux corps du roi, l'homme et le souverain, se défait. Louis XVI, dans l'arrière-boutique de l'épicier Sauce, devra consentir à être reconnu comme le roi mais quelques heures plus tard, il constate de lui-même, placidement: «Il n'y a plus de roi en France.» Ainsi la royauté meurt-elle avant le roi, et Joseph de Maistre peut-il désigner Varennes comme «la première marche vers l'échafaud».

En librairie le 6 octobre 2005.


Lien utile sur le blog :

La fuite à varennes de louis xvi : "ce jour là tout a changé"


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