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http://www.lcdpu.fr/Resources/titles/27000100086520/Images/27000100086520L.gifLa Maison d'éducation de Vennes, dans les hauts de Lausanne, était l'institution officielle vaudoise réservée aux garçons adolescents placés par les autorités judiciaires ou civiles. Fondée au XIXe siècle, elle est transformée au milieu du XXe siècle et devient une institution reconnue et dynamique.

Mais elle subit une crise majeure à l'époque de la publication de L'antichambre de la taule, en 1978, et une restructuration est mise en place; celle-ci échoue partiellement, l'Internat est supprimé, mais la formation professionnelle en externat se développe et l'institution devient le Centre d'orientation et de formation professionnelles (COFOP) en 1987.

L'histoire de ce lieu d'enfermement est empreinte d'inertie ; elle est pourtant jalonnée de réformes, inspirées par l'évolution des conceptions pédagogiques et judiciaires; mais elle est aussi tumultueuse, avec des drames individuels, des scandales publics, des campagnes de presse qui la noircissent.

Geneviève Heller est historienne à la Haute école de travail social et de la santé - ÉÉSP - Lausanne (HESSO).


  • Les courts extraits de livres : 12/04/2012

 

Extrait de l'introduction - Centre de détention pour mineurs, Centre pour adolescents, Maison d'éducation, École de réforme, Maison de Discipline, autant de termes actuels ou anciens chargés de connotations généralement négatives pour désigner des établissements, dénoncés dans les années 1930 surtout comme des bagnes d'enfants. Depuis bientôt deux siècles que l'on envisage de séparer les catégories de populations inadaptées ou délinquantes, on na cessé de proposer des modèles de prise en charge qui tâtonnent entre protection de la société et soutien à l'individu, entre répression et éducation, entre mise à l'écart et souci d'intégration. Le sujet de la délinquance juvénile est récurrent. Les débats et les récentes réformes législatives relatives au droit pénal des mineurs, ainsi qu'aux droits de l'enfant et de l'adolescent, font apparaître des tensions imprégnées d'un héritage complexe dont l'histoire de la Maison d'éducation de Vennes est un exemple caractéristique.


La Maison d'éducation de Vennes, dans les hauts de Lausanne (canton de Vaud), était l'établissement public réservé aux garçons placés par les autorités judiciaires ou civiles. Son origine remonte au tout début du XIXe siècle. La Discipline des filles et des garçons était dès 1805 située dans le bâtiment de l'Hôpital à côté de la cathédrale, où se trouvaient réunis des adultes et des mineurs prisonniers, aliénés, malades. Installée dès 1846 de manière autonome aux abords de la ville, la Discipline des garçons, dite aussi Discipline des Croisettes, a été renommée successivement École de réforme (1901), Maison d'éducation de Vennes (MEV, 1941), enfin Centre cantonal de Vennes (CCV, 1981). L'internat a été fermé en 1983 ; seuls les ateliers en externat, ouverts aux filles et aux garçons, ont été maintenus, dénommés depuis 1987 Centre d'orientation et de formation professionnelles (COFOP).


Cette institution, importante pour le canton de Vaud par sa vocation spécifique et par son caractère officiel, utilisée par les autorités des cantons voisins, a un long passé. En portant l'attention sur une telle institution, on se situe au niveau de la microhistoire ou de l'histoire locale, et cela permet d'observer, de manière concrète, la problématique du placement institutionnel en général et, plus particulièrement, de la prise en charge des mineurs délinquants.


Si la MEV est méconnue des jeunes générations, elle véhicule pour d'autres une double image, celle d'une institution rétrograde et répressive de la fin des années 1970 (stigmatisée notamment par la publication de L'antichambre de la taule), et celle, antérieure, d'une institution dynamique et progressiste dans les années 1950-1960. Dans la longue durée, soit depuis le XIXe siècle, l'institution n'a cessé de chercher à se démarquer à la fois de son passé et d'une parenté avec la prison. En abordant la construction de son histoire, il importe de ne pas tomber dans le piège des préjugés, qu'ils soient négatifs ou positifs, et de décrypter aussi bien les pesanteurs que les innovations. On aurait pu être tenté de radicaliser le discours dans le sens des idées préconçues sur cette institution, mais à l'observer minutieusement, il apparaît que la réalité, à chaque période, est moins sombre ou moins lumineuse qu'on ne le pensait de prime abord.


Ceci n'est pas une prison : La Maison d'éducation de Vennes. Histoire d'une institution pour garçons délinquants en Suisse romande (1805-1846-1987)

Auteur : Geneviève Heller

Date de saisie : 12/04/2012

Genre : Histoire

Editeur : Antipodes, Lausanne, Suisse


 

 

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