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http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/5/2/9/9782752906700FS.gifDocument 24/08/2012 - Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l'Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration. C'est après une éprouvante traversée de l'Océan pacifique qu'elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé.


Celui qui va tant les décevoir. A la façon d'un choeur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d'exilées... leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l'humiliation des Blancs... Une véritable clameur jusqu'au silence de la guerre et l'internement dans les camps de concentration - l'État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître.


Bientôt, l'oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n'avaient jamais existé.

Julie Otsuka est née en 1962 en Californie. Diplômée en art, elle abandonne une carrière de peintre (elle a étudié cette discipline à l'université de Yale) pour l'écriture. Elle publie son premier roman en 2002, Quand l'empereur était un dieu (Phébus, 2004 ; 10/18, 2008) largement inspiré de la vie de ses grands-parents. Son deuxième roman, Certaines n'avaient jamais vu la mer (Phébus, 2012) a été considéré aux États-Unis, dès sa sortie, comme un chef-d'oeuvre. Julie Otsuka vit à New York.

 

 

 

Un texte lumineux et puissant sur un sujet peu connu de l'histoire des États-Unis. Au début des années 1900, les côtes américaines virent débarquer des milliers de japonais venus travailler dans les plantations. Une dizaine d'années plus tard, c'est au tour de leurs femmes, japonaises elles aussi et mariées sur photo, de les rejoindre.


Inévitablement, s'ensuivent des mouvements anti-japonais, une certaine idée du «péril jaune» qui vont amener les autorités à tuer, arrêter, déplacer des familles entières dans des camps de «relocalisation»... L'American Dream, vous connaissez ?


 

Au début du XXème, un groupe de jeunes Japonaises de 12 à 37 ans venant de toutes les régions du pays part en bateau à destination des États-Unis pour se marier. Elles ont en main une photo du futur époux qu'elles n'ont pas choisi, des portraits ressemblant à ceux de leurs pères et frères. Confiantes, pleines de rêves, elles débarquent à San Francisco et la déception sera à la hauteur de leurs espoirs. Les voix sont multiples, et rendent compte des différents instants de vie de ces femmes. Rien ne correspondra à ce qui était annoncé, l'accueil, la vie de couple, les enfants, le travail... Le déclenchement de la seconde guerre et Pearl Harbour éprouvera considérablement le quotidien de la communauté japonaise... Un récit choral puissant qui revient avec précision et humanité sur un exil tourmenté, décevant et amer.


 

C'est le roman le plus bouleversant de la rentrée, une chanson pour des femmes meurtries dans leur chair et dans leur âme. Un fait, hélas, réel et méconnu de l'Amérique. "Nous", c'est toutes ces femmes, qui grâce à la beauté et à la finesse d'écriture de Julie Otsuka, retrouveront leur place dans l'Histoire. Pour ne pas les oublier...


 

«Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n'étions pas très grandes. Certaines d'entre nous n'avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n'avaient que quatorze ans et c'étaient encore des petites filles.» Le ton est donné : aucune voix particulière, aucun personnage de «roman», au sens classique du terme, aucune figure à laquelle s'identifier, mais un choeur de femmes sidérant. Qu'elles viennent de Tokyo, de Nara ou du fin fond de la campagne japonaise, ces femmes parties se marier aux États-Unis, au début du XXe siècle, à des hommes dont elles n'ont reçu qu'une photographie et quelques lettres ? qui, pour la plupart, se révéleront fausses ?, connaîtront l'éprouvante traversée, le traumatisme de la nuit de noces, la désillusion, le racisme, le labeur, la vie aussi qui surgit malgré tout, comme une herbe d'entre les pierres, puis le choc de Pearl Harbor, la guerre, la suspicion, les rumeurs, les arrestations, les disparitions, les déportations...


Par ce « nous » de majesté, Julie Otsuka nous restitue magistralement la geste méconnue de celles qui « sont comme n'ayant jamais été, Et de même leurs enfants après eux ».


 

Dans ce court roman, Julie Otsuka, américaine d'origine japonaise, nous raconte le destin de jeunes japonaises envoyées aux États-Unis au début du 20ème siècle pour y épouser des compatriotes, émigrés de longue date.


Après une éprouvante traversée du Pacifique, elles vont aller de désillusion en désillusion en découvrant leur époux et leur nouvelle vie. Elles devront endurer des maris souvent rustres, travailler dans les champs, faire face au racisme.
Tout le récit est écrit à la 1ère personne du pluriel, un "nous" collectif puissant qui rassemble tous les destins brisés de ces demoiselles japonaises qui ne reverront jamais leur terre natale.


 

 

Dans ce nouveau roman, Julie Otsuka choisit de raconter le destin de ces femmes japonaises, dans les années 20, envoyées aux États-Unis pour épouser des japonais émigrés des années plus tôt. Elles ne connaissaient pas leur futur époux et n'avaient aucune idée du réel destin qui les attendait : labeur difficile, humiliations, moqueries, racisme, prostitution,...


Ce roman est le prélude à son précédent livre : «Qand l'empereur était un dieu». En effet celui-ci s'arrête où l'autre débute c'est-à-dire la seconde guerre mondiale et l'envoi des japonais dans des camps de concentration aux États-Unis.

Julie Otsuka signe ici un roman bouleversant, saisissant de réalisme. En ne désignant aucun personnage principal elle donne un caractère polyphonique et universel à son récit. Les échos de ces centaines de voix de femmes résonnent avec force dans notre tête. Elles nous hantent longtemps encore après avoir refermé ce livre magistral, peut-être le plus beau de cette rentrée littéraire étrangère.

 

Certaines n'avaient jamais vu la mer

Auteur : Julie Otsuka

Traducteur : Carine Chichereau

Date de saisie : 30/11/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Phébus, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

 

 

 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/34/Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpg/220px-Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpgLe choixdeslibraires.com a été créé par Jean Morzadec et son équipe, afin de rendre hommage à la compétence des libraires, qui sont les ambassadeurs du livre.


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Jean Morzadec a travaillé plus de trente ans à France Inter, dont il fut directeur des programmes de 1999 à 2005, sous la présidence de Jean-Marie Cavada. Il se consacre aujourd’hui, avec passion, au développement de sites culturels dédiés particulièrement à l’amour des livres.

 

Julie Otsuka - Certaines n'avaient jamais vu la mer - YouTube

► 3:27► 3:27
www.youtube.com/watch?v=m6-G59jgVHg15 oct. 2012 - 3 min - Ajouté par LibrairieMollat
À l'occasion du Festival América 2012 qui s'est déroulé du 20 au 23 septembre à Vincennes, Julie Otsuka vous ...

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