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Jusqu'au 26 février 2012 – Paris.


http://www.tout-paris.org/wp-content/uploads/2011/06/expo_cezanne_paris.jpgNous sommes au début des années 1860, lorsque l’empereur Napoléon III confie au préfet Haussmann la tâche de moderniser Paris. Deux jeunes Aixois « montent » alors dans la capitale, des amis de lycée, l’un s’appelle Emile Zola, l’autre, qui vient à la demande expresse de son condisciple, Paul Cézanne. Le premier s’y installe définitivement, le second ne cessera, sa vie durant, de se partager entre la Provence dont il aime la lumière et Paris. L’exposition aujourd’hui présentée au Luxembourg se focalise sur les œuvres consacrées à Paris, une vision originale et riche qui met en valeur des tableaux moins connus que la Montagne Sainte Victoire mais tous très évocateurs.


Paris sous le Second Empire est une ville en pleine expansion. Cézanne aime les rues pentues de Montmartre (La Rue des Saules, 1867-68), commune rattachée en 1860 seulement à la capitale. Et les quais de Bercy, d’où pinardiers et tonneliers approvisionnent Parisiens et guinguettes qu’affectionnent les impressionnistes (La Halle aux vins, 1872). Il peint en 1882 L’église Saint-Sulpice dont la tour Nord, enfin achevée en 1870 après 130 ans de travaux, a été bombardée par les Prussiens en 1871. Il ne se lasse pas des toits de zinc qui, longtemps, restent la marque de Paris (les Toits de Paris, 1881-82). La promenade à laquelle Cézanne nous invite manifeste, dans le choix des quartiers et la précision des détails, une attention soutenue aux transformations de la ville.


Il se lie aux jeunes impressionnistes comme lui régulièrement exclus des salons officiels, Pissarro, Monet, Renoir, Sisley, ne dédaignant pas à l’occasion de les « imiter », tel Armand Guillaumin dont il reprend fidèlement en 1876 un Quai de Bercy (réalisé en 1874) – tout comme il s’inspire des maîtres anciens, Véronèse pour d’inattendues Noces de Cana, une Bethsabée aux accents de Rembrandt ou encore un Milon de Crotone issu de celui de Puget. Il passe, il est vrai, des journées entières au Louvre, « le livre où nous apprenons à lire » dit-il, alors que Pissarro rêve de le détruire – un vœu presque réalisé lors de l’incendie de 1871…


De la vie parisienne, Cézanne peint les intérieurs bourgeois, celui de Victor Chocquet, fonctionnaire des Douanes amateur d’art, qui lui commande plusieurs tableaux. Sur l’un, il est assis chez lui, rue de Rivoli, entouré de meubles du XVIIIe siècle et de tableaux reflétant ses goûts. On retrouve aussi Ambroise Vollard, célèbre marchand de tableaux – après 112 séances de pose, l’artiste, toujours insatisfait, laisse la toile inachevée, concédant seulement n’être « pas mécontent du devant de la chemise », un triangle blanc savamment irisé… Car Cézanne reste toujours un chercheur, exigeant vis-à-vis de lui-même : il lacère au couteau le portrait d’Alfred Hauge qu’il juge insuffisant – et qu’un conservateur zélé fait si bien restaurer qu’on ne distingue plus aujourd’hui sa mutilation… Il réinvente le décor de la nature morte, en utilisant pour fond le papier peint de son modeste meublé, faute d’avoir les moyens de louer un atelier.


Mais, au moins autant que la ville, Cézanne aime les extérieurs et il profite du chemin de fer qui se développe après 1860 pour poser son chevalet à Fontainebleau dont il peint les rochers et la forêt, les bords de l’Oise ou de la Marne, Melun, Auvers-sur-Oise, Issy-les-Moulineaux, Pontoise, Marlotte… Ses villages sont coquets, sereins et presque toujours déserts. Il est vrai qu’il n’aime guère la foule. A la fin de sa vie, quoique célèbre et riche, Cézanne, lors de ses fréquents séjours à Paris, fuit les mondanités pour trouver l’inspiration à la campagne, les « voies du silence ».


L’exposition fait la part belle à ses représentations féminines dont celles, sages, de Madame Cézanne. De tempérament impétueux, Cézanne peint la femme non dans la veine érotique de Courbet ou audacieuse de Manet, ni même orientalisante de Delacroix mais comme tentatrice (avec saint Antoine) ou fausse déesse, L’Eternel féminin sous les traits d’une femme nue offerte au regard d’hommes aux visages durs, sœur de la Nana de Zola. Finalement, c’est le thème des baigneuses qui permet à Cézanne de ne pas tomber dans la vulgarité : sont ici présentées les Trois baigneuses que Matisse conserva 37 ans, voyant en elles une œuvre majeure de l’art contemporain.


En 1902, Emile Zola meurt, dans des circonstances restées obscures. Cézanne en est très affecté, malgré leur brouille – il avait été l’un des modèles du « peintre raté », Claude Lantier, dans le roman L’œuvre. Il meurt lui-même en octobre 1906. En 1907, le Salon d’automne consacre une rétrospective à Cézanne, l’année suivante, les cendres de Zola entrent au Panthéon : les amis d’enfance obtiennent tous les deux la reconnaissance du Paris qu’ils étaient venus conquérir un demi-siècle plus tôt.

 

Huguette Meunier-Chuvin.

Le Paris de Cézanne

 

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  1. actualités : vidéo exposition : le paris de cézanne

    www.m6bonus.fr/.../video-exposition_le_paris_de_cezanne-91...12 oct. 2011 - 2 mn
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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 16/11/2011 18:12


Blog(fermaton.over-blog.com).No.2- THÉORÈME CÉZANNE.
LA GÉOMÉTRIE DE L'ART.


20/11/2011 09:39



Laissé par : fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) il y a 4 jours à 18h12



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