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http://www.franceinter.fr/sites/default/files/imagecache/scald_image_max_size/2012/03/02/301715/images/toulousefilms_affiche.jpgLa Cinémathèque de Toulouse présente du 9 au 17 mars la 6e édition du festival Zoom Arrière, dédiée cette année aux films interdits.


Déléguée générale de la Cinémathèque de Toulouse, Natacha Laurent nous éclaire sur la programmation de ces films rendus invisibles, dont une grande majorité interroge la question de la censure.

 

L’Histoire : Pourquoi avoir choisi les films interdits comme thème de la 6e édition du festival Zoom Arrière ?


Natacha Laurent : Les films interdits sont un thème mythique de l’histoire du cinéma, car ils ont eu pour vocation de devenir invisible. Ce sont des films qui rendent compte des formes générales de la censure et des formes de lutte qu’elle engendre. Des films qui ont connu une exploitation clandestine, des problèmes avec l’Etat, la profession, la société ou qui ont subi des pressions, mutilations, interdictions.


Il existe une quantité invraisemblable de films censurés. Zoom Arrière en rassemble et consacre plus de quatre-vingt, toutes nationalités et périodes confondues. Ce festival est d’abord un moyen de plonger au coeur des tabous que les sociétés n’ont pas voulu montrer, d’interroger les limites fixées face à la liberté de création et d’expression. C’est aussi un hommage au travail de l'ombre mené par les cinémathèques pour protéger et conserver les films interdits - que par définition les censeurs auraient préféré ne pas voir exister.


Enfin, la thématique des films interdits s’inscrit dans une démarche d’histoire culturelle et il nous a semblé important d’amener le public à découvrir ce patrimoine de la démarche contestataire, sauvé et préservé grâce au travail des archives et cinémathèques.

 

L’Histoire : Quels sont les films importants projetés à l’occasion du festival ?


Natacha Laurent : L’architecture de la programmation est faite de plusieurs temps. La section "Panorama" met en évidence des films emblématiques de la censure que l’on veut voir ou revoir, tels que L’Age d’Or de Luis Bunuel, Le Corbeau de Henri-Georges Clouzot, La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese ou encore L’Empire des Sens de Nagisa Oshima et Un chant d’amour de Jean Genet.


Deux films méritent cependant d’être mentionnés particulièrement : Nerven de Robert Reinert (1919), considéré aujourd’hui comme le précurseur de l’expressionisme allemand de par sa vision onirique de la misère économique d’après-guerre, reconstitué et restaurée par le Filmmuseum de Munich à partir de fragments retrouvés. Et El Mundo sigue de Fernando Fernan Gomez (1963), restauré par la Filmoteca de Catalunya en 2008. Interdit par le régime franquiste à la morale catholique ultraconservatrice jusqu’en 1965, le film raconte, d’une manière presque psychanalytique, l’histoire de deux soeurs obsédées par la richesse et qui se détestent.


Mutilé - les copies d’époque étaient d'une durée de 80 minutes environ contre 120 pour le négatif original – El Mundo sigue a été très compliqué à restaurer, au même titre que Nerven. Retrouver la copie la plus complète fut le fruit d’une véritable enquête policière.

 

Le festival propose ensuite un "Zoom sur les films lapins", huit films issus de la nouvelle vague est-allemande, réalisés au moment du dégel du bloc de l’Est mais aussitôt interdits par le régime en 1965-1966 et qui dévoilent une jeunesse désoeuvrée, oisive, en contradiction totale avec le communisme. Rares, jamais diffusés en France, ces "films lapins" - l’appellation  vient du premier film interdit, C’est moi le lapin (Das Kaninchen bin ich) de Kurt Laetzig - seront présentés par la cinéaste allemande Helma Sanders-Brahms.

 

L’Histoire : Quel est l’événement à ne pas rater pour les lecteurs de l’Histoire ?


Natacha Laurent : La journée d’études "Un cinéma sous contrôle : images interdites, images autorisées de la Guerre d’Algérie" du 15 mars, organisée en collaboration avec l’Université Toulouse II, croisera les points de vue des historiens (Jean-Pierre Bertin-Maghit, Sébastien Denis, Tangui Perron, Malika Rahal) avec celui des témoins et des cinéastes (Cécile Decugis, Daniel Goldenberg, Raphaël Pillosio).


Un hommage particulier sera également rendu à Yann Le Masson, co-réalisateur avec Olga Poliakoff du court-métrage J’ai huit ans (1961). Abordant la guerre dessinée par des enfants algériens réfugiés en Tunisie, le film fut saisi dix-sept fois et censuré pendant douze ans.


La journée d’étude sera, au même titre que le festival tout entier, l’occasion de rendre hommage à la force de cinéma et à l’engagement de ceux qui le font.

 

Propos recueillis par Camille Barbe

 

"Films interdits, Festival Zoom Arrière" du 9 au 17 mars à Toulouse. (La Grande Illusion de Jean Renoir sera projetée le 17 mars en clôture du festival).

 

Un tarif réduit est réservé aux abonnés de L'Histoire.

 

Rens.: www.lacinemathequedetoulouse.com ou 05 62 30 30 10.

 

Zoom Arrière : Le festival des films interdits

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