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Documents archives du 01/03/2001 - D'un père à  éclipse, elle fit un aventurier. D'un surplus de jersey pour hommes, elle tira des vétements féminins. D'un simple flacon de parfum, elle fit un succès mondial. Portrait d'une enfant de la fin du XIXe siècle, qui imposa son style au milieu du XXe et demeure une référence en ce début de XXIe siècle ...

« On s'en fout, on n'est pas d'ici, on s'en va demain ! »   Cette devise, Albert Chasnel aurait, sans mal, pu l'adopter. Epouse soumise, Jeanne Devolle (1862-1895) l'apprendra à  ses dépens. Entichée de ce camelot hâbleur, volage et bourru qu'elle s'obstine à  suivre sur les routes du Puy-de-Dôme et de l'Ardèche ou sur les rives de la Loire, elle se résigne, très vite, au voyage, au dénuement, à  la souffrance. Albert, lamentablement, courtise fortune. De tournées en champs de foire, pour toute certitude, une carriole toujours préte pour les chemins inexplorés. Et, dans la tête, les incontournables chimères de l'éternel itinérant. Les phantasmes de richesse d'Albert le conduisent, ainsi, à  Saumur. C'est dans cette ville que Gabrielle Chasnel voit le jour le 19 août 1883, dans une bâtisse trapue à  fronton triangulaire tenue par les soeurs de la Providence. Au hasard d'une errance, un présage ? Les jours diront. Pour l'heure, Albert est loin. Trois employés de l'Assistance se chargent donc de déclarer la naissance de l'enfant à  la mairie de Saumur. Et, deux jours plus tard, dans la chapelle de l'hospice, Gabrielle est portée sur les fonts baptismaux par une marraine et un parrain... inconnus de ses parents !

Albert, par intervalles capricieux, regagne le foyer mais, las de Saumur, il décide de s'installer avec Jeanne et ses deux filles, Julia-Berthe et Gabrielle, à  Courpière, berceau des Devolle, à  quelques lieues de Thiers. Vite exaspéré par la proximité de sa belle-famille, il s'éloigne de cette cité qui domine la vallée de la Dore. Attiré par Issoire, où naîtront Alphonse (1885) et Antoinette (1887), il revient, pourtant, à  Courpière où Gabrielle, finalement, passe sa prime enfance. Si Julia-Berthe et Alphonse promènent une douce insouciance, Gabrielle, murée dans sa solitude, affirme déjà  sa différence. Aux plaisirs du jardinage et de la péche, elle préfère la magie désolée d'un cimetière. Perdue dans ses pensées, elle serpente entre les dalles de granit moussues et balafrées d'herbes folles. Elle y a, du reste, ses stèles d'élection. " J'y avais adopté deux morts. Je composais sur leur tombeau des jardins de fleurs, d'herbes et de brindilles, et je jouais auprès d'eux avec les petites poupées de chiffon que je fabriquais à  mon goût, c'est-à -dire au goût de mon coeur... ", confie-t-elle à  Louise de Vilmorin. En fait, elle s'y réfugie surtout pour enterrer les cadeaux que son père lui a offerts et que personne, ainsi, ne peut lui subtiliser. " Elle l'adore, son père, quels que soient ses défauts. Mais personne, à  commencer par elle, ne comprend la signification hautement symbolique de son geste : elle s'approprie ses trésors les plus chers qu'elle enfouit dans son jardin secret avec, pour témoins, les morts dont elle fait sa compagnie ", écrit Henry Gidel.

Les absences d'Albert, il est vrai, sont interminables. Quelques apparitions de temps à  autre, plus frustrantes encore, dans leur brièveté, que la séparation. Au point que, déterminée à  accompagner son mari à  la foire de Guéret (Creuse), Jeanne donne naissance à  un cinquième enfant, Lucien... dans une auberge de la ville, en 1889. En 1893, contre l'avis des siens, elle rejoint Brive-la-Gaillarde où, pour finir, Albert " lui fait miroiter la perspective d'une existence enfin stable, exempte de soucis d'argent ", grâce à  l'auberge qu'il aurait ouverte avec son demi-frère Hippolyte. La réalité est tout autre. Pour faire face à  une situation matérielle désespérée, Jeanne s'abîme dans le labeur. Usée par les grossesses successives, minée par la tuberculose, elle s'éteint le 10 février 1895, à  l'âge de 33 ans. Ce matin-là , encore, Albert reste introuvable. " J'ai connu ça à  12 ans. On m'a tout arraché, et je suis morte ! " soupirera, un jour, la grande prétresse de la mode.

Les obsèques de Jeanne expédiées, Albert réapparaît. Le premier affolement passé, délibérément vagabond, sa décision est prise : il abandonnera ses cinq enfants. Les garçons, Alphonse et Lucien, âgés respectivement de 10 et 6 ans, sont confiés à  l'Assistance publique qui les place comme garçons des hospices " dans des familles de cultivateurs honnêtes qui reçoivent, à  cet effet, une subvention mensuelle ". Ils constituent, plus exactement, une main-d'oeuvre gratuite que l'on exploite de façon éhontée... Les filles, pour leur part, intègrent l'abbaye cistercienne d'Obazine (ancienne orthographe d'Aubazine) que dirige la congrégation du Saint-Coeur-de-Marie. Dans le bureau de la mère supérieure, figée dans un mutisme déboussolé, Gabrielle accroche le regard de son père. Mi-naufragée, mi-suppliante, elle attend de lui une ultime preuve d'amour, un geste rédempteur. Pour toute réponse : " Je reviendrai te chercher... " Les portes de l'orphelinat se referment sur cette promesse qui, jamais, ne sera tenue. Les gamines ne finiront pas d'attendre. Julia-Berthe et Antoinette, plus tard, seront rattrapées par les brûlures souvenues au point de vouloir en finir irrévocablement avec la mémoire. Gabrielle, à  la diable, décidera de poursuivre la route, sublimant la beauté du corps pour mieux farder les plaies de l'âme. Et, pour parfaire son éducation de l'oubli, elle trouve refuge dans le mensonge, arme illusoire du désenchantement. Ses camarades de pensionnat s'étonnent-elles de l'absence de visites de son père ? La belle affaire. La fillette chante ses louanges, excuse (" Il est parti s'installer en Amérique ! ") et, imperturbable, elle improvise... L'invention d'une enfance, pour Coco Chanel, procède de la survie. " J'ai inventé ma vie en supposant que tout ce que je n'aimais pas avait un contraire que, fatalement, j'aimerais. Mon ambition s'y porta. Je compris vite que mon enfance était établie à  l'envers de cette sorte de bonnes choses où l'âme se complaît : la douceur, l'allégresse, l'art, le luxe et l'amour se trouvant, assurément, du côté o๠je n'étais pas ", reconnaît-elle.

En 1901, Gabrielle quitte l'orphelinat d'Obazine pour l'institut Notre-Dame de Moulins. Là , elle retrouve Adrienne, la plus jeune soeur d'Albert, et toutes deux se familiarisent avec le métier de couseuses. Soucieuses de ne pas abandonner leurs pensionnaires, les dames chanoinesses les placent, en 1902, à  la Maison Grampayre, spécialisée en trousseaux et layettes. Mais Gabrielle ne peut se satisfaire d'un destin d'arpette rendue aux exigences d'une clientèle huppée. Du coup, " tout engagée dans la guerre de plaire ", le soir, elle monte sur les planches. Poseuse au beuglant La Rotonde, que fréquentent les officiers du 10e régiment des chasseurs à  cheval, il lui arrive de pousser la chansonnette. Devant les militaires fascinés par son aura sombre, elle y va d'une Complainte canine : " J'ai perdu mon pauvre Coco,/Coco, mon chien que j'adore,/Tout près du Trocadéro,/Il est loin s'il court encore ! " Conquis, le parterre rappelle Coco... bien avant que le monde ne la plébiscite. Le temps d'une saison, Coco séjourne à  Vichy mais, fatiguée de remplir la timbale des curistes, elle regagne Moulins... dont Etienne Balsan, qui vient de rendre ses galons d'officier pour se livrer à  sa passion des chevaux, la coupe définitivement.

Châtelain disert, jovial et bambocheur, Etienne Balsan est séduit par la réserve de sa protégée. Grâce à  lui, Coco Chanel déserte les quartiers populaires de Moulins pour... un monastère du XIVe siècle qui, selon la tradition, étouffait les prières de Philippe le Bel, offrant ainsi à  la propriété l'éclat d'un nom, Royallieu. Après le cloître, la vie de château. A Royallieu, Coco fréquente les amis de Balsan qui vivent à  demeure ou ne font que passer : des aristocrates et leurs " irrégulières " (le comte Léon de Laborde ou le baron Foy), des artistes (Gabrielle Dorziat) et des courtisanes (Emilienne d'Alençon). Les jours s'écoulent dans une nonchalante bohème. Le programme des courses rythme les déplacements : Compiègne, Chantilly, Longchamp, Vincennes... Et c'est dans une chemise d'homme à  col glacé que, cravatée et bottée, Coco Chanel court les hippodromes... sous un canotier cerclé d'étoffe. Résolument étrangère aux canons de la mode, volontiers androgyne, elle se fabrique des chapeaux " si secs, si sévères " qu'ils suscitent, dans leur singularité, l'engouement et la convoitise de son entourage. A Royallieu, sans le savoir, perce déjà  le " paupérisme rageur " de l'" ange exterminateur d'un style XIXe siècle ". Coco Chanel, c'est décidé, sera modiste.

L'éblouissement passé, Coco Chanel est happée par une nostalgie diffuse. Installée dans une dépendance oisive, elle appréhende l'avenir avec la crainte fiévreuse d'une " condamnée à  plaire ". Balsan a beau étre généreux, il n'encourage guère ses talents artistiques. Coco refuse de vivre plus longtemps en parasite de luxe et songe, maintenant, à  quitter Royallieu. Pour quelle pénitence ? Le sort, une nouvelle fois, va secourir ses doutes. Lors d'une chasse à  courre dans les Basses-Pyrénées, elle fait la connaissance d'un ami d'Etienne Balsan, Arthur Capel, qui a assis sa fortune dans les frets charbonniers. Regard pers, teint hâlé, ce séducteur d'outre-Manche parle peu de ses origines. On le dit tantôt fils du banquier Pereire, tantôt bâtard d'Edouard VII. Qu'importe la filiation, Boy - c'est ainsi que ses proches le nomment - a de la branche, et Coco tombe sous le charme de ce sportif indolent. " Nous n'avons pas échangé une parole, juste un regard ", se souviendra-t-elle. Chacun, dans son intranquille fierté, se sait compris de l'autre et, libérée de ses phobies d'abandon, Coco Chanel, pour la première fois, court le risque d'aimer. Boy ravive les ambitions de Coco qui décide de monter à  Paris. Elle s'installe, en 1909, comme modiste dans la garçonnière qu'en bon prince, Etienne Balsan a mise à  sa disposition, au 160 du boulevard Malesherbes. Les amies de Royallieu, qu'imitent bientôt une foule d'élégantes, se pressent dans son atelier. La clientèle afflue, la demande croît. Coco, mine de rien, impose son style, se taille un franc succès auprès de la jeunesse. Elle quitte, alors, son atelier confidentiel du boulevard Malesherbes pour... la Concorde. En 1910, Boy finance, en effet, l'ouverture de sa première boutique de modiste au 21 de cette rue Cambon dont, bien plus qu'un fief, elle fera le berceau d'un empire : Chanel Modes.

En 1914, Coco Chanel se replie à  Deauville où, pour elle, Boy a ouvert une boutique de luxe. Mademoiselle coiffe les dames esseulées que la guerre a drainées sur la côte normande. Et, non contente de cela, elle considère d'un oeil nouveau les vêtements de travail des pécheurs du cru ou la casaque des jockeys pour les réinventer à  sa guise. Elle arbore, ainsi, jaquette ou gabardine d'étudiante, enfile des tricots de lad, étrenne une veste trois-quarts à  poches plaquées inspirée de la marinière à  larges bavolets des hommes d'équipage... Intuitive, Coco Chanel s'insinue dans le " vestiaire des humbles " pour délier le corps, émanciper la taille, libérer la silhouette que Paul Poiret se plaisait encore à  entraver. Elle imprime sa griffe en rendant à  la femme sa liberté. Elle inaugure le chic décontracté que Poiret, précisément, apparente à  un " misérabilisme de luxe " : l'histoire n'a pas fini de lui donner tort. " Un monde finissait, un autre allait naître. Je me trouvais là . J'avais l'âge de ce siècle nouveau, c'est donc à  moi qu'il s'adressa pour son expression vestimentaire. Les vraies réussites sont fatales ", lance-t-elle à  Paul Morand.

En 1915, toujours sur les conseils de Boy, Coco Chanel ouvre une maison de couture à  Biarritz. Plus qu'une réussite, c'est la consécration. Bourgeoises espagnoles, aristocrates de la cour d'Alphonse XIII et vacancières promenant leur folle esbroufe sur la Côte basque, accourent à  la villa de Larralde. Le chiffre d'affaires s'envole. Mademoiselle Chanel emploie plus de trois cents ouvrières. Elle est à  même de rembourser à  Boy, les avances qu'il lui avait consenties. " Je croyais t'avoir donné un jouet, je t'ai donné la liberté ! " résume-t-il.

En 1916, Coco Chanel rachète à  l'industriel Rodier, le stock de jersey que celui-ci redoutait de ne pouvoir écouler. Comme elle déteste les tissus lourds et les assemblages corsetés qui engoncent la femme, elle choisit de promouvoir cette matière, jusque-là  utilisée dans la seule confection des... sous-vétements masculins ! Ce qui, d'ailleurs, lui fera dire : " Le jersey ne servait alors qu'aux dessous, je lui fis les honneurs de la surface ! " Affranchi de " cette maudite taille ", l'ensemble qu'elle crée dans cette étoffe, frappe par sa simplicité monacale inspirée, peut-étre, des rigueurs d'Obazine. Les fanfreluches qui alourdissent la silhouette sont bannies : pour Chanel, l'important c'est la pureté de la ligne et la mobilité du corps. Son premier modèle est publié dans le Harper's Bazaar . Paul Poiret, décemment, ne peut partager l'enthousiasme : " Jusque-là , les femmes étaient belles comme des proues de navire. Maintenant, elles ressemblent à  de petits télégraphistes sous-alimentés ! " maugrée-t-il.

Le succès, néanmoins, cède le pas aux déconvenues. Coco apprend le mariage de Boy avec la fille d'un baron anglais, lady Diana Ribblesdale-Lister, quelques mois après sa célébration. Dans un accès de désespoir, elle porte une lame rageuse sur sa longue natte noire. La cantatrice Marthe Davelli, madame Le Tellier et Cécile Sorel s'empressent de l'imiter. " Toutes s'y mettent ", abrège Paul Morand. Mais, nonobstant l'amertume, Coco et Boy continuent de s'aimer à  distance. C'est lui qui, à  l'automne 1919, l'aide à  franchir le seuil du 31 de la rue Cambon, siège actuel de la maison Chanel. Et, lorsque Léon de Laborde fonce vers la villa La Milanaise, à  Rueil, pour lui annoncer que Boy s'est tué au volant de sa Torpédo, quelque part sur la Riviera, Coco est littéralement prostrée. " Il fut la plus grande chance de ma vie : j'avais rencontré un étre qui [...] a su développer en moi ce qui était unique aux dépens du reste ", soupirait-elle hier encore.

C'est Misia Sert qui, pour aider Coco à  surmonter son chagrin, l'entraîne à  Venise avec toute sa bande de viveurs. De retour à  Paris, Misia l'introduit dans le " monde " (les Beaumont...), la présente aux écrivains et artistes dont elle est la confidente ou l'égérie (Morand, Cocteau, Radiguet, Nijinski, Picasso, Ravel ou Lifar...) Fille d'un sculpteur polonais, épouse du peintre catalan José-Maria Sert, muse de Diaghilev et de Stravinsky, Misia a prété ses rondeurs à  la palette de Bonnard, Redon, Vuillard et Renoir. Attirée par le charme rebelle de Coco, Misia n'a de cesse que d'en faire sa complice. Peu avant sa mort, Coco dira d'elle : " Je n'ai eu qu'une amie... "

Dans le cercle de Misia, le " moineau abandonné " reprend goût à  la vie et fait souvent office de mécène. Pendant près de deux ans, elle héberge, en effet, les Stravinsky à  Bel Respiro, la villa nichée sur les collines de Garches où elle s'est installée depuis le décès de Boy. Elle finance également la nouvelle version du Sacre du printemps que, faute de moyens, Serge de Diaghilev désespérait de monter. Le reste du temps, elle s'étourdit dans le travail et n'en finit pas d'innover : lasse d'égarer sa pochette, elle invente le sac en bandoulière ; elle lance une ligne de parfums (le N° 5, bien sûr, mais aussi Gardénia, Bain des Iles...) et, en 1926, sa " petite robe noire " ; elle agrémente ses créations de bijoux fantaisie ; elle produit, enfin, pour le théâtre et le cinéma ( Antigone , de Cocteau, Le Train bleu , des Ballets russes, La Règle du jeu , de Renoir). Coco Chanel puise son inspiration dans le tourbillon de ses rencontres. De sa relation avec le grand-duc Dimitri Pavlovitch, cousin de Nicolas II, elle conserve la mémoire d'un exil, le raffinement doré de la misère, la fragrance d'un parfum (Cuir de Russie) et le faste réappris des zibelines de Sibérie. Sa liaison avec le duc de Westminster qui, selon elle, a le " naturel d'un clochard ", détermine à  jamais son penchant pour les vestes en tweed fatigué. Les premiers tailleurs qu'elle crayonne sont, du reste, découpés dans des tweeds spécialement tissés pour la maison Chanel, en Ecosse.

Au début des années 1930, Coco Chanel est au faîte de sa renommée. Mais cette réussite se double, sur le plan intime, d'un sentiment de solitude exacerbé. Paul Iribe, son dernier amour, est terrassé par une crise cardiaque pendant une partie de tennis. Sous les yeux de Coco.

La Maison subit, par ailleurs, le contrecoup de la montée d'Elsa Schiaparelli qui cultive une excentricité tapageuse. Entre les deux grandes couturières, la rivalité est ouverte, et Coco lutte tenacement pour affirmer sa prééminence sur " l'Italienne qui fait des robes "...

Au début de la Seconde Guerre mondiale, elle licencie tout son personnel et ferme sa maison de couture jusqu'en... 1953 ! Le 5 février 1954, à  71 ans, elle présente une collection qui ne remporte pas le succès escompté. Trois ans plus tard, elle reçoit, néanmoins, l'oscar de la Mode - le " Neiman Marcus Award " - qui récompense " la créatrice la plus influente du XXe siècle ". Dans la foulée, elle donne à  aimer le fameux " tailleur Chanel " qui, au-delà  d'un vêtement, constitue un symbole. Le symbole d'un élitisme dilettante dont Jackie Kennedy sera, dans une rue de Dallas, l'archétype brisé.

La hauteur est le revers blessé de l'humiliation. Et la vie de Gabrielle Chanel, au fond, s'inscrit dans la méme dualité que ces lettres qui, dans leur enlacement contrarié, estampillent depuis toujours ses créations. Le 10 janvier 1971, " en femme fatale à  elle-même ", Mademoiselle s'éteint dans son appartement du Ritz, fière d'avoir su rester de celles qu'on approche mais " qu'on n'épouse pas ! " (François Nourissier).

Par Pascal Marchetti-Leca

Coco Chanel : les revers d'une vie d'élégance

http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=2260

01/03/2001 -Historia


Crédit photographique : Gabrielle Chanel, dit Coco Chanel

europeorient.wordpress.com/.../


Pour en savoir plus :

2009 : l'année Coco Chanel

Coco Chanel, un parfum pour l'éternité





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