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http://blog.passion-histoire.net/wp-content/uploads/2009/12/histpauvret%C3%A9.jpgAu XVIIe siècle, perçus comme un danger pour l'ordre social, les mendiants sont internés dans des hôpitaux. La réalité est-elle pour autant celle du « grand renfermement » décrit par Michel Foucault dans les années 1960 ?


En ce « sombre XVIIe siècle », qui voit se succéder mauvaises récoltes et crises de subsistances, des centaines de milliers de pauvres, en quête de nourriture, de protection ou de travail, affluent dans les villes, et notamment à Paris. Vagabonds, mendiants mais aussi paysans chassés de leur terre, soldats licenciés ou déserteurs, artisans sans travail parcourent la campagne et nourrissent la défiance des autorités et la peur des « gens de bien ». Le tout est aggravé par la surfiscalité provoquée à partir de 1635 par la guerre contre les Habsbourg de Madrid puis de Vienne. L'Église, fidèle à sa mission de charité* (cf. Jacques Le Goff, p. 60) , multiplie les oeuvres d'assistance : distribution de vivres, dons de vêtements, visites de malades, créations hospitalières... Vincent de Paul fonde à partir de 1618 les premières confréries de la charité, bientôt présentes dans toutes les paroisses. Mais, face à l'option évangélique du traitement de la pauvreté*, d'autres solutions sont envisagées. Pour beaucoup, la pression des indigents* est devenue trop forte, voire inquiétante, et la simple assistance insuffisante. En 1611 et en 1612, la régente, Marie de Médicis, ordonne l'enfermement des pauvres dans les hôpitaux* à Paris, mesure qu'elle espère voir appliquer dans les principales villes du royaume. Le règlement stipule que les hommes valides brasseraient de la bière, scieraient du bois, « battraient » du ciment, tandis que les femmes feraient des bas de laine et des boutons. En été le travail devait durer de 5 heures du matin à 7...

Cachez ce pauvre !

Par Joël Cornette
publié dans L'Histoire n° 349 - 01/2010  Acheter L'Histoire n° 349  + Cachez ce pauvre !

Par Joël Cornette

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