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Les polices étrangères, les polices politiques des ex « démocraties de l’Est deviennent (enfin !) des objets d’études et de recherches dans l’université française. Après la Stasi étudiée par Emmanuel Ledroit, c’est au tour des services politiques de la sûreté d’état en Tchécoslovaquie… 

HUGUENIN Duane, Les pratiques répressives de la Sûreté de l'Etat tchécoslovaque dans les années 1960", Thèse sous la direction d’Antoine Marès, de l’Université Paris 1, soutenue en octobre 2009 [la thèse est consultable en ligne :

http://perso.bretagne.ens-cachan.fr/~huguenin/these_huguenin.pdf]



« Enquête, observation et administration, France XVIIIe-XXIe siècles  Sources et usages des sources

Première année : préfectorale, police, justice »



Séminaire organisé par Christian Chevandier, Pascale Goestchel et Gilles Morin   Centre d’histoire sociale du XXe siècle (CNRS/Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne)  

La 1ere séance a lieu le lundi 30 novembre

Lundi 17 h 30-19 h30, salle 106 (sous-sol), Centre d’études historiques et juridiques de Paris 1, 9 rue Mahler, 75004 Paris, Métro Saint-Paul

 L’État français, régalien et centralisateur, s’est progressivement doté d’une administration spécialisée dont l’une des principales fonctions a été de l’informer sur ses composantes propres comme sur l’état de la société. Au fil du temps, l’information et l’observation de la société, tout d’abord axées sur des préoccupations politiques et sociales, avant tout dans un but de préservation de l’ordre, ont vu leurs promoteurs élargir leurs centres d’intérêts, s’intéressant à l’économie, à la consommation ou à la santé, pour ne citer que ces exemples.

Or, si les chercheurs utilisent pour leurs propres travaux, depuis longtemps, les sources produites initialement pour les besoins de l’État, ils ne se sont pas toujours interrogés sur les conditions de leur élaboration, les motivations qu’elles supposent et les biais qu’elles introduisent. C’est sur ce processus de production d’enquêtes, dans la continuité de recherches en plein renouvellement, que portera ce séminaire d’histoire contemporaine du Centre d’histoire sociale du XXe siècle (UMR 8058). Il cherchera aussi et surtout, de manière peut-être plus neuve, à analyser les multiples modes d’utilisation de ces enquêtes administratives. En d’autres termes, pour quels acteurs et quels usages celles-ci sont-elles produites ?

La première année sera consacrée à l’administration préfectorale, à la police et à la justice. Les années suivantes verront le champ d’investigation s’élargir, avec la prise en compte d’autres administrations, dans l’espace national et au-delà, au sein de différents pays européens, en une perspective à la fois comparatiste et transnationale.

Les premières séances présenteront les enjeux historiographiques, les méthodes à l’œuvre et les problèmes d’accès aux archives. Les suivantes poseront un regard rétrospectif sur des périodes plus anciennes afin de détecter d’éventuelles filiations entre des pratiques contemporaines et des manières de faire antérieures. Enfin, une dernière série de séances prendra appui sur des terrains plus précis, jouant sur des échelles variées, permettant de faire émerger des institutions, des pratiques et des situations particulières.

Lundi 30 novembre Le monde des polices et ses archives.

Sylvie Le Clech (CAC, Fontainebleau), Archives policières. Autour des renseignements après la Seconde Guerre mondiale.

Jean-Marc Berlière (Université de Dijon), La police « spéciale » et ses archives.

 

Lundi 11 janvier Pratiques et questions 

Pascale Goetschel (CHS du XXe siècle), Jalons historiens

Gilles Morin (CHS du XXe siècle), Les demandes du pouvoir

Christian Chevandier (CHS du XXe siècle), Les moments des archives policières

 Lundi 22 février Informations du pouvoir XVIIIe-début XIXe siècles

Vincent Denis (Centre d’histoire des mondes modernes et des Révolutions), Du gouvernement par enquête à l’observation continue au XVIIIe siècle

Gilles Malandain (sous réserve)

  Lundi 29 mars. Contrôler le territoire La police républicaine. Le temps de la Troisième République

Pierre Karila-Cohen (Centre de recherches historiques de l’Ouest), Administration et contrôle du territoire

Quentin Deluermoz (CRESC), La chaîne d’enquête policière

  Lundi 12 avril. Le régime de Vichy, entre héritage républicain et pratiques autoritaires

Denis Peschanski (CHS du XXe siècle), Les vertus de la bureaucratie

Gilles Vergnon (GREPH), Contrôle et surveillance en milieu rural (département de la Drôme)

 Lundi 10 mai 2009.Sources judiciaires/sources d’information ?

Edouard Lynch (Université Lumière Lyon II, laboratoire d’études rurales), La justice et le pouvoir. Panorama du XXe siècle

Sylvie Thénault (CHS du XXe siècle), Utiliser les sources judiciaires durant la guerre d’Algérie

  Lundi 7 juin. La Préfecture de police

Emmanuel Blanchard (CESDIP), Les archives de la Préfecture de police : archives ordinaires et procédures spécifiques ?

Le service des Archives de la Préfecture de police de Paris a été sollicité.

 Lundi 21 juin. Etat et usages du droit

Marc-Olivier Baruch (EHESS-AHMOC)

Pierre Tournier (CHS du XXe siècle)



Journée d’étude

« Normes professionnelles et définition de la violence légitime »

Ehess, Paris, 9 avril 2010

On répète à l’envi, souvent en la déformant, la définition  weberienne de l’Etat comme « une entreprise politique de  caractère institutionnel lorsque et tant que sa direction  administrative revendique avec succès, dans l'application des  règlements, le monopole de la contrainte physique légitime ». Or  si l’État est effectivement souvent concerné lorsqu’est  évoquée la notion de violence légitime – pensons à la police,  la justice, l’armée, la prison – de nombreuses configurations  professionnelles impliquent aussi un recours récurrent, plus ou moins appris et contrôlé, à la « violence », la « contrainte » ou la « force » dont la légitimité fait l’objet de controverses et de tentatives de délimitation. On peut penser aux activités de certains travailleurs sociaux ou de praticiens de la  santé (par exemple en psychiatrie, mais aussi en gériatrie, face à des personnes souffrant de démence, ou aux urgences…), à  certaines pratiques sportives, aux conditions d’exercice des métiers de l’intervention humanitaire et sociale, etc. Au cœur de la qualification de « violence » se pose alors la question des limites du tolérable et du légitime en matière d’usage de la force.

A ce titre, nous souhaitons, dans le cadre d’une journée  d’étude, nous intéresser aux manières dont se gère et se  légitime la « violence », à condition que l’on donne ici à la  notion de légitimation sa pleine et entière consistance, sans la  réduire à un pur exercice de dissimulation de domination. Poser la question : « comment se légitime une violence ? » ne suppose donc pas uniquement d’étudier les définitions concurrentes de ce qu’est une « violence légitime », mais aussi de repérer les conditions – politiques, situationnelles, professionnelles – nécessaires à ce que l’emploi de la force physique puisse être qualifié de légitime dans les arènes au sein desquelles se déploient les interrogations sur sa nature.

L’un des enjeux de cette journée d’étude sera notamment de  réfléchir aux sources de ces qualifications et d’interroger les circulations des définitions opérées par les chercheurs d’une part et par les acteurs d’autre part. On se demandera notamment comment cette caractérisation s’articule à ses modes de légitimation : les propositions soumises devront ainsi toujours s’interroger explicitement sur ces enjeux de qualification. Les pratiques professionnelles caractérisées comme violentes sont-elles décrites comme telles par les professionnels ? Une fois cette qualification opérée, que se passe-t-il afin que ces pratiques  puissent être légitimées ? Cette violence est-elle une catégorie d’analyse, auquel cas comment s’opère la catégorisation ? Ou encore cette violence fait-elle l’objet d’une dénonciation, la  force ou la contrainte impliquée par ces pratiques faisant alors l’objet d’un travail de délégitimation ? Dans ce cas, les controverses et mobilisations autour des activités contestées  méritent attention : comment sont-elles décrites et justifiées, et  par qui et selon quelles modalités sont-elles remises en cause ?

La notion de violence fonctionne trop souvent comme une boîte noire et tient lieu d’outil analytique sans être plus avant questionnée. Dans le cadre de cette journée, nous souhaiterions remettre au cœur de l’activité de recherche ce qui compose la violence légitime, ce qui l’habilite et ce qu’elle permet en  retour dans situations de routine professionnelle. On pourra ainsi explorer à la fois des situations de mises en présence avec des violences physiques, la manière dont se fabriquent des représentations quant au caractère légitime ou, à l’inverse, illégitime, de l’usage de la force et la confrontation à des formes de violence symbolique, en scrutant la manière dont les limites d’emplois acceptables de la force, d’une contrainte justifiée, apparaissent comme étant professionnellement  structurées. Nous nous intéresserons à la production de ces dispositifs réglés de cadrage de « violences » – quelquefois codifiés en termes juridiques –, à la manière dont ils sont transmis et appris voire intériorisés par les professionnels, ainsi qu’à la façon dont ils sont mobilisés, contournés,  réinventés dans le cadre de configurations empiriques variées.:

Une variété d’approches disciplinaires de sciences sociales sont  attendues, relevant aussi bien de la sociologie (politique, des  professions, etc.), que de la science politique, de l’histoire, de  la philosophie, de l’anthropologie...

Modalités de participation :

Les propositions de communication, accompagnées d’une courte notice biographique sur le/s auteur/s, sont à envoyer par courrier électronique à Cédric de Bellaing (cdebellaing@free.fr) et Delphine Moreau (delphmoreau@free.fr)

le 8 décembre 2009 au plus tard. Elles seront rédigées en langue française ou anglaise, enregistrées au format Word (.doc ou .rtf) et ne devront pas excéder 5 000 signes. Les auteurs développeront leur objet de recherche et leur questionnement vis-à-vis des thèmes de la journée d’étude et préciseront la méthode adoptée (type de données recueillies, description détaillée du matériau analysé et/ou ancrage théorique appuyé sur une bibliographie).

Les auteurs recevront une réponse le 20 décembre au plus tard. 

Ceux dont la proposition aura été retenue devront envoyer avant le 9 mars 2010 un texte développé...

 

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