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http://gers-en-gascogne.web-tresor.com/images/32.00/32.25/mousqu.jpgDocument 2002 - L'année Alexandre Dumas a offert l'occasion de redécouvrir les héros des Trois Mousquetaires. Mais, au fait, d'Artagnan, Athos, Aramis ou encore Milady ont-ils réellement existé ? Enquête sur un fabuleux roman de cape et d'épée.

« Quelle impudence de donner pour des Mémoires de M. d'Artagnan trois volumes dont il n'y a pas une ligne faite par M. d'Artagnan... » En publiant, en 1700, les Mémoires de M. d'Artagnan, Gatien Courtilz de Sandras ne déclencha pas seulement un scandale, dénoncé par un rapport adressé au lieutenant général de police d'Argenson(1). Il donna aussi naissance à une légende : celle du plus célèbre des mousquetaires du roi. Gatien Courtilz de Sandras n'en était pas à sa première provocation. Il avait déjà passé six ans à la prison de la Bastille pour quelques libelles qui avaient déplu à Louis XIV et à ses ministres. Cette fois-ci, c'étaient les Mémoires apocryphes de d'Artagnan, capitaine-lieutenant de la première compagnie des mousquetaires du roi à partir de 1667, tué au siège de Maastricht en 1673, que le publiciste avait rédigés. Or sa reconstitution des tribulations d'un ambitieux cadet de Gascogne plongé dans les intrigues politiques des règnes de Louis XIII et de Louis XIV ne montrait pas toujours à leur avantage les rois et leur entourage. Cette trame tissée par Gatien Courtilz de Sandras et les piquantes anecdotes qui la parsèment allaient, un siècle et demi plus tard, en 1844, permettre à Alexandre Dumas de forger, avec ses Trois Mousquetaires , l'un des mythes les plus populaires de la littérature : celui du gentilhomme gascon, loyal et courageux, expert dans l'art combiné du point d'honneur et de l'estocade. Il serait aisé de dénoncer, comme le firent les censeurs de 1701, l'« impudence » des romanciers ...

Moi, d'Artagnan, mousquetaire du roi

Par Hervé Drévillon
publié dans L'Histoire n° 269 - 10/2002  Acheter L'Histoire n° 269  +



http://ihrf.univ-paris1.fr/local/cache-vignettes/L150xH231/croiser-d88d1.jpgBayard, d'Artagnan, le chevalier d'Eon ; ces figures de bretteurs racontent des histoires différentes, mais néanmoins reliées entre elles par le fil d'une lame. Le chevalier, le duelliste et l'escrimeur sont autant d'archétypes qui révèlent qu'à l'époque moderne l'épée est une culture que ce livre entreprend d'explorer dans tous ses aspects : du geste de l'escrimeur aux valeurs qui lui sont associées. C'est en effet à partir de la Renaissance que les techniques de l'escrime deviennent un art guidé par des principes savants et moraux. L'analyse des valeurs impliquées dans cet art permet aussi de suivre l'évolution des idéaux de la noblesse qui fait de l'épée le vecteur de son identité. Il ne faudrait, toutefois, pas oublier que l'art de vivre l'épée à la main reste, de part en part, un art de tuer. A une époque où le port d'une arme blanche est une pratique courante, l'escrime civile et civilisée ne saurait occulter les cadavres abandonnés par les innombrables duellistes. C'est pourquoi l'histoire de l'épée est aussi une histoire de la violence et de l'inaltérable fascination qu'elle exerce. Pour le découvrir, il faut alors plonger dans les archives d'une justice souvent prompte à occulter ce crime qui trouble l'image d'un roi absolument maître de ses sujets. Une autre vision du rapport entre violence et civilisation se dessine de cette façon. S'il est souvent admis que la violence est le contraire de la civilisation, on découvre que l'escrime et ses pratiques meurtrières alimentent une véritable civilisation de la violence, c'est-à-dire une culture, un art, un savoir mis au service de l'homicide. Oublions un instant le roman de cape et d'épée et ses duellistes aimables et bavards pour considérer la brutalité de ceux qui, dans le silence des petits matins, règlent leur compte l'arme à la main. L'époque moderne se révèle alors sous un autre jour, grâce à l'archéologie du geste de l'escrimeur, restitué dans toute sa technicité, dans toute sa férocité. C'est ainsi que l'épée peut faire l'objet d'une véritable histoire totale, attentive aux objets, aux gestes, aux pratiques sociales et aux courants intellectuels de la Renaissance aux Lumières.

Croiser le fer : Violence et culture de l'épée dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècle)

Pascal Brioist (Auteur), Hervé Drévillon (Auteur), Pierre Serna

Broché: 429 pages

Éditeur : Éditions Champ Vallon (21 mars 2008)

Collection : Les classiques

Langue : Français


Biographie de l'auteur


Pascal Brioist est maître de conférences à l'Université de Tours. Hervé Drévillon est professeur à l'Université de Poitiers. Pierre Serna est maître de conférences habilité à la direction de recherches à l'Université de Paris I.



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