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http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/racine/film/une-vie-avec-oradour-2759886/44005766-4-fre-FR/Une-vie-avec-Oradour_fichefilm_imagesfilm.jpgPatrick Séraudie vient de terminer son film retraçant, avec Robert Hébras et Jean-Marcel Darthout, le massacre d'Oradour-sur-Glane. Il s'apprête à le présenter, maintenant, dans toute la France puisqu'il sort dans les cinémas. Un documentaire touchant et éprouvant dans lequel les deux derniers survivants de la grange "Laudy" expliquent minute par minute le déroulement du drame, comment ils ont échappé à la mort et reconstruit, ensuite, leur vie.

"Je me demande encore si j'ai vraiment vécu ça..." Robert Hébras évolue dans les ruines du village martyr d'Oradour-sur-Glane et se remémore précisément les événements qui ont conduit, le 10 juin 1944, 642 personnes à la mort. Patrick Séraudie, le réalisateur de ce film qui sera diffusé dans les cinémas à partir du 21 septembre, après sa diffusion sur France 3 Limousin le 14 septembre (c'est une coproduction France Télévision / Centre de la Mémoire), a choisi de traiter cette partie de l'histoire au plus près de la réalité de l'époque.


C'est ainsi que l'on suit les pas de l'un des deux derniers survivants du massacre pour revivre, à ses côtés, cette tragique journée dont personne ne devait sortir vivant, selon les propres aveux d'un militaire allemand au procès de Bordeaux. "Aussi étonnant que ça puisse paraître" explique le réalisateur, "il n'y a pas de film ou de témoignage du massacre réalisé sur les lieux, la seule chose qui s'en rapproche est un documentaire allemand de 1982, mais ce côté n'était pas très poussé et le jour où tous les témoins auront disparu, il n'y aura plus personne pour raconter comment ça s'est passé exactement."


Voilà ce qui le décide, via sa société de production basée à Eymoutiers, Pyramide Production, à filmer ces survivants qui, eux, peuvent témoigner en détail des actes commis ce jour-là. Pour le film, quatre ont d'ailleurs été interviewés et si deux seulement se retrouvent dans le montage final, les interventions de Jacqueline Pinède et Martial Brissaud figureront dans le DVD qui sortira bientôt. Les maisons, leurs cours et les petites ruelles ont été d'ailleurs recréées en images de synthèses (et de manière très réaliste, ce qui est rare dans les documentaires avec ce procédé) afin que le spectateur puisse vraiment s'imaginer à la place du personnage principal.


"Si j'ai voulu que ce film sorte au cinéma c'est qu'il mérite d'être vu sur grand écran," reprend Patrick Séraudie. "Ça a toujours été défini comme ça. Je voulais qu'il touche les spectateurs aussi en dehors du Limousin, où on ne connaît bien souvent d'Oradour que le nom et on ne se rend pas compte des événements qui s'y sont déroulés. Si on écrivait cette histoire pour une fiction aujourd'hui, on trouverait qu'elle manque de réalisme, qu'il est impossible de survivre à un tel massacre."


Un dossier pédagogique est en préparation (par l'historien Pascal Plas qui a co-écrit "Une vie avec Oradour") afin de pouvoir présenter le film aux collégiens et lycéens. Des conférences sont organisées après les avant-premières (voir par ailleurs) et des projections prestigieuses comme à l'UNESCO ou au mémorial de la Shoah pour les journées européennes du patrimoine. Robert Hébras sera d'ailleurs présent à la plupart de ses avant-premières afin de rencontrer les spectateurs et témoigner, une fois de plus, comme on le voit faire dans ce long-métrage documentaire, que ce soit avec des enfants, très touchés parce qu'il leur montre, ou avec le maire de Sarajevo et l'ambassadeur de Bosnie-Herzégovine. Ces dernières images, inédites, donnent un autre éclairage au drame, lui font prendre place parmi les plus noirs événements de l'histoire et, comme un guide au milieu de ce lieu très cinématographique, Robert Hébras est encore là pour porter cette mémoire. "C'est un devoir", dit-il d'ailleurs lorsqu'on lui demande pourquoi il est aussi actif. Et s'il se fait un devoir de raconter, jour après jour, le drame qui a changé sa vie, il en est un aussi de l'écouter pour que ne soient jamais oubliées les victimes.


Mais si le film s'attache de manière très précise à retracer la destruction du village, on y découvre aussi cette "vie avec", comme le titre l'annonce. Parce que tout ne s'arrête pas quand on réchappe des flammes. Il faut continuer à vivre, sans les siens, sans ses terres. "Jean-Marc Darthout et moi-même avons tout perdu ce jour-là. D'autres survivants ont pu rentrer chez eux le soir, retrouver leur famille mais nous n'avions plus rien..." Et c'est certainement ça qui a décidé de la vie que mènerait Robert Hébras, une vie dans laquelle il met un point d'honneur à ce que personne n'oublie les martyrs d'Oradour. Il peut maintenant le faire sur grand écran grâce à ce remarquable documentaire. L'image du survivant arpentant les rues détruites du village martyr est presque aussi forte, violente, que celles, d'époques, que l'on nous présente souvent quand on traite de la guerre. Il faut vraiment apprendre à vivre "avec" Oradour et non "après".

"Une vie avec Oradour" en avant-première dans les cinémas limousins.


Limoges : le jeudi 8 septembre à 19 h 30 au Lido en présence de Robert Hébras.
Eymoutiers  : mardi 13 septembre. Saint-Junien le mercredi 14 à 20 h 30. Brive : le jeudi 15. Guéret (ou La Souterraine) le vendredi 16. Tulle le samedi 17 et Paris au Mémorial de la Shoah le dimanche 18. Sortie nationale le 21 septembre à 20 h au "Reflet Médicis" à Paris. Renseignements sur le film et ses diffusions sur http://www.oradour-lefilm.com.

Avec encore deux films en préparation rien que pour lui (l'un sur les vitaux de Chagall et l'autre sur "l'étrange histoire du livre d'or d'Oradour") les idées de Patrick Séraudie ne s'épuisent pas même si sa société de production est maintenant active depuis plus de 20 ans. Créée le 10 octobre 1988 à Eymoutiers, Pyramide Production possède un catalogue d'une cinquantaine de films (la majorité de 52 minutes) auxquels ont participé plus de 25 auteurs-réalisateurs. La sortie en salle de "Une vie avec Oradour" n'est pas la première expérience sur grand écran puisque, en 2007, le documentaire "Chabada, la vie des hommes" avait déjà connu cet honneur et que la première fiction, co-produite pour la télévision, "Tous les hommes sont des romans", avait aussi été diffusée dans les salles obscures deux ans après sa sortie t.v. Actuellement, Pyramide Production a 8 films documentaires de 52 minutes en développement.


Pyramide Productions, 4 avenue de la Paix à Eymoutiers. Contact : 05 55 69 24 47 ou pyramideproduction@wanadoo.fr

 

"Une vie avec Oradour" : la mémoire sur grand écran

http://www.lenouvelliste.fr/actualite/Une-vie-avec-Oradour%E2%80%89:-la-memoire-sur-grand-ecran-673.html


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Une vie avec Oradour, le "drame" d'Oradour-sur-Glane raconté par ...

www.paperblog.fr/.../une-vie-avec-oradour-le-drame-d-oradour-sur-glan...il y a 6 jours
"Une vie avec Oradour" retrace son histoire, avec le récit minutieux de cette journée, filmé dans les ruines du village-martyr. ... Le ...
 

ORADOUR SUR GLANE - Ina.fr - A la une

www.ina.fr/histoire-et-conflits/seconde.../oradour-sur-glane.fr.html7 mai 2009 - 2 mn
Après un long panoramique sur les ruines,chaque plan témoigne du martyre d' Oradour-sur-Glane le 10 Juin 1944:ruines des maisons,de la ...
 
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