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http://a31.idata.over-blog.com/300x300/2/45/42/71/philippe-4/22-copie-45.jpgLouis Darquier de Pellepoix, commissaire général aux Questions juives de 1942 à 1944, occupe dans les mémoires une place peu enviable : " personnage le plus hideux du Paris de l'Occupation " (Patrick Modiano), incarnation du collaborateur et de l'antisémite sans scrupules, il s'exile en Espagne à la Libération avant d'être condamné à mort par contumace en 1947. En 1978, il suscite une intense polémique en déclarant à un journaliste de L'Express : " Je vais vous dire, moi, ce qui s'est exactement passé à Auschwitz. On a gazé. Oui, c'est vrai. Mais on a gazé les poux. " Conseiller municipal de Paris proche de l'Action française, Darquier de Pellepoix se lance dans la carrière antisémite après la victoire du Front populaire aux élections de 1936. Agitateur opportuniste et violent, il crée le premier groupement (le Rassemblement anti-juif de France) exclusivement antisémite depuis l'affaire Dreyfus. Imposé par les Allemands à la tête du commissariat général aux Questions juives, il intensifie la propagande antisémite, prend part à l'organisation de la rafle du Vel'd'Hiv' et tente de radicaliser la législation contre les juifs. Il est finalement démis de ses fonctions en février 1944 dans une atmosphère de scandale et de corruption. Darquier de Pellepoix est moins connu pour son action que pour ce qu'il symbolise : la haine du juif, le collaborationnisme, le négationnisme. Laurent Joly lui redonne sa dimension historique et s'interroge, au fil de son enquête, sur la notion de fascisme français.


Sommaire : • L'affaire Darquier de Pellpoix et l'antisémitisme français • L'activisme antisémite en France des années 1880 au milieu des années 1930 • Fabrication d'un activiste antisémite • Darquier de Pellpoix activiste antisémite (1937-1939) • Les tribulations d'une " vedette de l'antisémitisme " (1940-1944)


Darquier de Pellepoix et l'antisémitisme français (2002) 200 p

Laurent Joly

Centre de Recherche d'Histoire Quantitative (CRHQ)

CNRS : UMR6583 – Université de Caen


Serviteur du régime nazi

Par Daniel Bermond (Lire), publié le 01/02/2003

http://a33.idata.over-blog.com/219x356/2/21/35/41/ANTI-NEGATIONNISME/Louis-Darquier-de-Pellepoix-b.jpgComment devient-on un Darquier de Pellepoix, cette figure caricaturale de la haine portée en 1942 aux responsabilités criminelles du commissariat général aux questions juives (CGQJ) par la brigue et par beaucoup d'argent? C'est tout le sens du livre de Laurent Joly consacré en grande partie aux années d'apprentissage de Darquier dit de Pellepoix - Darquoi de Quelpied, Darquier de Pelle Pouah, voire Cartier de Petitpois pour des adversaires que sa fausse noblesse irritait autant que sa logorrhée bruyante au conseil de Paris ou à la tribune des meetings nationalistes d'avant-guerre. Darquier avant Darquier, en somme.

Sa carrière démarre par une blessure reçue le soir du 6 février 1934 et qui lui vaut dans le martyrologe de l'Action française la place qui revient de droit aux victimes de la cause. Élu dès l'année suivante conseiller municipal des Ternes, il se fait remarquer par ses outrances ordurières, ses apostrophes à l'emporte-pièce, et se taille une réputation d'antisémite violent, d' «hitlérien» et de «malfaiteur politique». Présent lors de l'agression de Léon Blum par des Camelots du roi, en février 1936, il éructe au Congrès national anti-juif ou dans les colonnes de La France enchaînée, une feuille qu'il a fondée avec des fonds allemands.

Est-il un agent nazi en France? L'auteur en est à peu près sûr. Au lendemain de la Nuit de Cristal, en tout cas, il applaudit Hitler qui «a arraché, écrit-il, son pays (comme nous le ferons demain) aux griffes immondes de la juiverie». La Sûreté nationale l'a fiché comme l'un de ceux qu'il faudrait appréhender en priorité en cas de conflit avec l'Allemagne. Trop tard... A l'heure de l'Occupation, il est en terrain de connaissance. Et quand il succède à Xavier Vallat à la tête du CGQJ, Darquier, qui a fait ses preuves par la plume et la parole, est l'homme de la situation. Il va incarner le crime d'État pour les deux années suivantes, promenant sa silhouette d'aristocrate de pacotille dans les soirées grises du Paris collabo. A la Libération, il passera en Espagne où il se fera oublier jusqu'à ce que L'Express le retrouve en 1978, deux ans avant sa mort. Entre deux jets de fiel, le vieillard n'avait rien perdu de sa morgue.

http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=807375&k=14

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