Partager l'article ! Deux hôpitaux militaires dans la France en guerre (1915-1919): Michel Litalien, historien militaire frais émoulu de l’Université d’ ...
Michel Litalien, historien militaire
frais émoulu de l’Université d’Ottawa, travaille actuellement à la Direction de l’histoire et du patrimoine. Il a fort bien remanié son mémoire de maîtrise pour en faire un livre intéressant qui
retrace l’histoire de deux hôpitaux militaires mobilisés au Québec au début de la Première Guerre mondiale : l’hôpital militaire fixe n° 4 (canadien-français) et l’hôpital général n° 6
(Laval).
L’auteur jette un regard nouveau sur l’ardent patriotisme d’Arthur Mignault, un éminent médecin montréalais qui était l’un des piliers du recrutement au Québec. Après avoir recruté deux bataillons d’infanterie canadiens-français pour le Corps expéditionnaire canadien (le célèbre 22e bataillon et le tristement célèbre 41e), Mignault a recruté le personnel de l’hôpital n° 4 en 1915. Ce nouvel hôpital militaire, dont le personnel provenait des hôpitaux du centre de Montréal, devait constituer la preuve tangible de la solidarité des Canadiens français avec leurs compatriotes. Mignault réalisait aussi son rêve de partir à la guerre à la tête d’une unité canadienne-française.
Le recrutement de Canadiens français ne s’est pas arrêté là. Pour ne pas se laisser distancer par l’Université McGill, qui avait fondé un hôpital militaire pour le service outre-mer au début de 1915, la faculté de médecine de l’Université Laval a mis sur pied un second hôpital canadien-français peu après. Ces deux hôpitaux ont recruté la fine fleur du milieu médical montréalais, notamment plusieurs vétérans de la Rébellion du Nord-Ouest.
Les hôpitaux ont été déployés outre-mer en 1915 et, après un bref intermède en Angleterre, ils se sont établis en France où, jusqu’à la fin de la guerre, ils accueillirent les soldats et civils français ainsi que les membres des forces alliées. Selon l’auteur, la décision d’envoyer ces hôpitaux en France avait été prise pour rassurer les autorités canadiennes. Celles-ci craignaient que les blessés anglophones aient du mal à se faire comprendre du personnel francophone, qui était généralement bilingue d’après l’auteur. Une autre raison invoquée était évidemment que ces établissements pourraient conserver le français comme langue de travail. En outre, ils symbolisaient l’engagement du Canada envers la France, ce qui a justifié la décision sur le plan politique. Il aurait été intéressant d’en apprendre davantage sur les raisons de cette décision.
Le livre est bien structuré, et les illustrations rendent bien l’atmosphère de l’époque. Pour éviter de surcharger le texte, l’auteur présente deux douzaines d’annexes et de tableaux couvrant des sujets très divers : biographie des commandants responsables des hôpitaux, détails des opérations chirurgicales, origine sociale du personnel médical. Écrire un livre intéressant sur les armes et les services de soutien est souvent une gageure, car le sujet est loin d’exercer autant de fascination que les manœuvres de combat et la puissance de feu. Or Litalien a su allier les techniques de l’histoire opérationnelle et sociale et rédiger un récit captivant. Ce genre n’est pas monnaie courante au Canada.
Espérons que l’auteur s’appuiera sur ce premier succès pour faire une étude approfondie des femmes et des hommes courageux qui ont soigné les Canadiens malades et blessés dans les tranchées. Le besoin d’un tel ouvrage se fait sentir depuis longtemps ...
www.journal.dnd.ca/vo5/no2/book-livre-05-fra.asp
Le major Michael Boire enseigne au Collège militaire royal et termine sa thèse de doctorat sur la 1ère brigade blindée
canadienne.
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