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http://www.decitre.fr/gi/11/9782856168011FS.gifGrâce à une documentation riche et inédite, Louis Muron nous fait découvrir la vie méconnue de ce chanoine au nom pourtant si célèbre. De la séparation de l'Église et de l'État à la naissance de la Ve République, nous parcourons près d'un siècle d'histoire à travers le regard de ce prêtre hors du commun, qui fut un résistant exemplaire avant d'entamer une carrière politique mouvementée. Élu maire de Dijon à l'âge de soixante-neuf ans, puis député du Mouvement républicain populaire, Félix Kir fit beaucoup pour sa ville et son rayonnement international. En tant que président de la Fédération mondiale des villes jumelées, il n'hésitait d'ailleurs pas à agir à l'encontre des pactes d'entente. Françoise Giroud imagina même dans Le Monde une rencontre fictive entre Khrouchtchev et lui. Arborant fièrement l'écharpe tricolore sur une soutane trop courte, le chanoine s'illustra particulièrement en Bourgogne, à tel point qu'en 1952, pour lancer une nouvelle marque d'apéritif, une société rebaptisa " kir " l'ancien " rince-cochon " ...


Le chanoine Kir

de Louis Muron (Auteur)

Broché: 235 pages

  • Éditeur : Presses de la Renaissance (23 décembre 2003)

  • Collection : Hors Collection

Biographie de l'auteur

Journaliste et critique littéraire, Louis Muron est également producteur et réalisateur démissions de radio d'histoire, de société et de littérature. Il est aussi l'auteur de plusieurs biographies et d'un roman, Le chant des Canuts (Presses de la Cité, 2002)




http://byfiles.storage.live.com/y1pqTnK1IV-5xU-KIaMDY7v1HmKTSGO2V_nfIvG_yPYLVCA2gKsQ1p-phlIg6jQ0wC4E4k3GIVSdokUn député en soutane qui aimait la vie au point de donner son nom à un apéritif populaire : le fameux blanc-cassis

Issu d'une modeste famille alsacienne, Félix Kir naît le 22 janvier 1876 à Alise-Sainte-Reine en Côte-d'Or. Elève au petit séminaire de Plombières-lès-Dijon, il décide très tôt d'être prêtre. L'abbé Kir est d'abord vicaire à Auxonne puis à Notre-Dame de Dijon avant de devenir le curé de Bèze puis de Nolay. Au cours de ses ministères, Félix Kir se révèle, à l'heure du conflit entre l'Église et la République, un orateur puissant. Après la Grande Guerre, qu'il accomplit comme infirmier et où s'affirme son patriotisme intransigeant, l'abbé Kir montre bientôt des talents de journaliste. Si bien que son évêque lui ouvre les colonnes du Bien du peuple, hebdomadaire qui lutte pour le catholicisme social tel que l'a prôné le pape Léon XIII dans son encyclique Rerum novarum en 1891. Voilà bientôt l'abbé Kir rédacteur en chef, imposant ses idées sans détour aux habitants de la Côte-d'Or (« Ni communisme ni hitlérisme, telle est la consigne recommandée par Rome. Nous la suivrons comme hier », écrit-il en 1937). En juin 1940, celui qui est devenu le chanoine Kir, déplore la fuite des élus dijonnais à l'approche des Allemands et prend en main la destinée de la ville avec une poignée d'hommes décidés. Dans un style qui n'appartient qu'à lui, il rassure ainsi ses concitoyens terrorisés par les bombes nazies : « Ne vous en faites pas. C'est comme des billets de loterie. Ça ne tombe pas sur tout le monde ! » Nommé délégué municipal de Dijon, il ne cesse de fustiger l'occupant tout en organisant un réseau d'évasion pour les prisonniers de guerre du camp de Longvic. Ceci lui vaut d'être arrêté le 10 octobre 1940 et de n'échapper que de justesse au peloton d'exécution. Il est arrêté de nouveau le 22 octobre 1943 puis blessé de trois balles en janvier 1944 par un milicien vichyste avant de passer à la clandestinité. Après être rentré dans Dijon le 11 septembre 1944 avec la 1re armée française, c'est tout naturellement que le chanoine Kir est élu maire de la ville avec ces trois mots d'ordre : « Nourrir, vêtir, loger. » Il entre désormais en politique : conseiller général, élu aux deux assemblées constituantes de 1945 et 1946, député à la première Assemblée nationale en 1946. Sur les bancs de cette même Assemblée, un autre prêtre, Henri Grouès, est appelé à faire aussi parler de lui : on l'appellera bientôt l'abbé Pierre. Député de la Côte-d'Or de 1945 à 1967, le chanoine Kir se distingue par son indépendance. Jacques Chaban-Delmas, président de l'Assemblée nationale pendant six législatures, l'a bien connu. Il évoque dans ses mémoires la boisson qui va l'immortaliser : « Sa dignité ecclésiastique ne l'empêchait pas d'aimer la vie au point qu'il a laissé son nom à l'apéritif démocratique que, naguère, on se contentait d'appeler blanc-cassis. Mais le cassis, c'était Dijon, et Dijon, c'était Kir. Si bien que, par une figure de style audacieuse mais après tout légitime, son nom métaphorisait la liqueur emblématique de la ville. » C'est la maison Lejay-Lagoutte qui la première dépose la marque en 1952. Mais le chanoine Kir, mettant un terme à ce qui aurait bien pu devenir une bataille commerciale, écrit au concurrent L'Héritier-Guyot en 1955 qu'il n'a donné de monopole à personne et que tous les fabricants de cassis sans exception ont droit à la protection de la municipalité. « C'est pourquoi vous avez toute latitude pour user de mon nom selon vos désirs. »

Dans les années 1960, le chanoine Kir, à 80 ans passés, est devenu le doyen d'âge de l'Assemblée. Il est aussi le dernier ecclésiastique à exercer un mandat législatif. Il s'est rendu internationalement célèbre en refusant de rencontrer Khrouchtchev à Dijon en 1960. C'est encore Chaban-Delmas qui raconte qu'en tant que doyen, le chanoine assurait l'intérim de la présidence de l'Assemblée. « Pour lui faire plaisir, nous lui laissions l'entière disposition de l'hôtel de Lassay. Il en profitait pour y organiser de solides gueuletons [...]. Avec sa couronne de cheveux blancs, sa mine vermeille, son air rieur et sa soutane qui s'arrêtait aux genoux - une soutane de course, disait-il -, c'était une figure. »

C'est un jeune homme de 86 ans qui meurt le 26 avril 1968 à la suite d'une chute dans son escalier, soulevant une grande émotion à Dijon dont il était toujours maire.

Par Claude Quétel

Le chanoine Kir

01/04/2007 – Historia

http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=18654

 

Commenter cet article

jacquesfradin50@gmail.com 21/11/2016 00:49

Ah le chanoine KIR, député siégeant toujours en soutane et sur la question d'un député communiste à l'Assemblée: Et toi le curé, tu nous dis que le bon Dieu existe, mais on ne l'a jamais vu
REPONSE du chanoine: Et mon cul, il existe, mais tu ne l'as jamais vu.

jacquesfradin50@gmail.com 21/11/2016 00:46

Un être exceptionnel qui avait répondu à un député communiste qui l'interpellait à l'avait interpellé à l'Assemblée Nationale , en lui disant: eh toi, le curé, tu nous dis que le Bon Dieu existe mais on ne l'a jamais vu
REPONSE du chanoine: Et mon cul, il existe, mais tu ne l'as jamais vu
Jacques FRADIN dit JAFAK

Gustave C. 23/08/2010 14:26


S'il est mort en 1968 (et il est décédé en 1968), il avait donc 92 ans.