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http://www.espritdulivre-editions.com/WebRoot/ce_fr/Shops/148238/48EE/79A8/7027/3395/EE2D/3EC1/CD19/4F2E/740_0020_Pere_0020_Casta.jpgFrançois Casta, aumônier parachutiste

Homme d'église, il voulait servir son Dieu...
Homme de guerre, il voulait défendre son pays...
Il est devenu aumônier parachutiste.

Corse qui revendique ses origines, François Casta est ordonné prêtre en 1943 et rejoint la 1re armée comme aumônier brancardier volontaire. Sous l'anonymat de la tenue de combat camouflée, il est confronté aux dures réalités de la guerre, des neiges d'Alsace et d'Allemagne aux djebels d'Algérie, en passant par les rizières indochinoises. Ce sont ses aventures dans les rangs d'unités de légende et ses engagements pastoraux après dix-huit années de service que raconte Homme de Dieu, homme de guerre.


Son expérience algérienne le conduit par ailleurs à s'interroger sur le problème du comportement chrétien face à ce qu'on appelait alors «la guerre révolutionnaire» et à dénoncer Le drame spirituel de l'armée. Sa publication, en 1962, a provoqué une levée de boucliers. Cinquante ans plus tard, dans un contexte où la lutte contre le terrorisme s'est substituée aux conflits entre États et où le guerrier destructeur d'hier est devenu un fréquentable soldat de la paix, la réflexion de François Casta sur la torture, qu'il aborde sans faux-fuyants, apparaît d'une extraordinaire modernité. Elle apporte le commencement d'une réponse chrétienne à la violence de notre époque, marquée par la complexité croissante des opérations militaires et le relativisme ambiant qui érode les normes, dénature les références et banalise les repères éthiques et déontologiques.


Des méditations de ce prêtre-centurion, il ressort que les officiers français appelés à des fonctions de commandement sur les théâtres d'opérations extérieurs devront être parfaitement formés à la déontologie du métier de soldat, comme aux règles de la profession des armes, exercée au profit d'un gouvernement démocratique, respectueux du droit international, mais aussi nourri de convictions éthiques fermes et éclairées.

Né en 1919 à Calenzana, en Corse, aumônier parachutiste des plus prestigieuses unités françaises pendant dix-huit ans, docteur en théologie, François Casta a exercé son culte dans le diocèse d'Ajaccio jusqu'à ce qu'il se retire, en 2004, à l'Institution nationale des Invalides (INI) à Paris. Aujourd'hui âgé de 89 ans, grand-croix de la Légion d'honneur, il est titulaire de nombreuses décorations (dont la Croix de guerre 1939-1945, la Croix de guerre des TOE, la Croix de la Valeur militaire, la Croix du Combattant) et de onze citations.

Extrait du livre :
L'ÉVEIL D'UNE VOCATION :
LE GLAIVE ET LA CROIX

http://storage.canalblog.com/10/67/420656/49908515.jpgParis, 15 décembre 1944 - Un bataillon de volontaires passe sous le porche de l'École militaire pour rejoindre la station de métro Champs-Elysées-Clémenceau. Là, le lieutenant-colonel Moillard lit une proclamation qu'il termine ainsi : «Et maintenant, direction la Haute Alsace !» Le 1er bataillon de chasseurs portés (1er BCP) s'engouffre dans le métro pour le terminus, Porte de Vincennes. À la sortie, les chasseurs se hissent comme ils peuvent sur les camions bâchés, réquisitionnés pour le ravitaillement de la capitale. En ordre dispersé, ils prennent la direction de Champigny-sur-Marne où le bataillon passe la nuit. Le lendemain matin, c'est le départ avec des haltes de nuit à Pont-sur-Seine et à Troyes.


Le 19 décembre, le bataillon met pied à terre et se regroupe dans le village alsacien d'Illfurth, à la lisière de la zone des armées. C'est là que s'effectue le transfert dans les GMC du Train de la 1re division blindée (1reDB), direction Uffheim, un village situé à proximité de Sierentz, à mi-chemin entre Bâle et Mulhouse. Pendant la longue route qui, de Paris à l'Alsace, dans l'inconfort de ces camions civils, conduit les volontaires, l'aumônier François Casta récite son chapelet en songeant à la Corse qu'il a laissée loin derrière lui.


Le 22 décembre, en fin d'après-midi, les villageois d'Uffheim regardent défiler les soldats du 1er BCP. Leurs regards sont attirés par l'un d'entre eux qui arbore une croix pectorale sur son blouson américain. Il s'agit de François Casta, prêtre dans le civil, qui a signé, le 15 novembre, devant l'intendant militaire de Paris, un engagement pour la durée de la guerre en qualité de soldat de 2e classe «brancardier détaché pour l'exercice du culte catholique». Se détachant de la foule, le curé du village s'avance vers lui. Avec un très large sourire, il lui tend une poignée de main chaleureuse et, spontanément, lui offre l'hospitalité.

 

Homme de Dieu, homme de guerre

François Casta

Récit (broché). Paru en 02/2009

Éditeur Esprit Du Livre Eds

Collection Histoire Et Memoires Combattants

 

 

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